LES SORCIèRES D’EASTWICK
The Witches of Eastwick - Etats-Unis - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : George Miller
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, espagnol, grec…
Durée : 118 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 24 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
A Eastwick, 3 femmes belles, jeunes, seules, s'ennuient à dépérir : Alexandra, Jane et Sukie rêvent de l'homme idéal qui viendra combler leurs nuits. Comme pour répondre à leurs souhaits débarque Darryl Van Horme : il est très riche, pas vraiment beau, mystérieux et va séduire les trois jeunes femmes avec une aisance diabolique. Dans la bourgade au passé chargé en faits de sorcellerie, la vie prend alors une tournure très particulière.
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Les trois grâces

George Miller débarque dans une Amérique pudibonde un Jack Nicholson en démon de ses dames. Ses victimes ? Ni plus ni moins que les affriolantes Michelle Pfeiffer, Susan Sarandon et Cher au plus bel âge. Déjà un gage de qualité, qui donne en plus corps à un discours aussi drôle qu'irrévérencieux. Magique.

Sans doute épuisé par une décennie de Mad Max (le troisième l'a laissé sur les rotules) et autres explorations viriles et belliqueuses (il a notamment coproduit et réalisé la série de guerre The Last Bastion), George Miller entame en 1987 un grand virage dans sa cinématographie. Exit les déserts poussiéreux d'une Australie en état de siège, il s'intéresse désormais au roman satirique de John Updike, Les Sorcières d'Eastwick, campant sa guerre des sexes ésotérique dans une petite bourgade et proprette de l'Amérique WASP. Un carcan bien pensant, protestant jusqu'ou bout des ongles, où s'ennuient à mourir trois jolies femmes (et pour cause !) espérant l'arrivée prochaine d'un peu d'exotisme et de passion... ce qui se fera en l'occurrence sous les traits volontairement grossiers d'un Jack Nicholson malin, manipulateur, mais tout autant libérateur. Pour survivre dans une société moralisatrice, pour retrouver l'indépendance chère aux féministes, doit-on forcément en passer par une révolution et un ménage à quatre ? Le sujet prêtait autant à une approche sérieuse qu'à un humour troupier. Toujours élégant, le futur réalisateur de Babe 2 et Happy Feet illustre son Desperates Housewifes avant l'heure en s'inspirant brillamment des grandes comédies de mœurs américaines de l'âge d'or, entre Comment épouser un millionnaire ? (autre trio d'actrices pleines de charmes) et plus largement la touche de Capra. Une mise en valeur certaine d'un cast en or, qui n'empêche pas Miller de s'adonner à quelques délires joviaux et fantasques, entre une séance de gerbe dantesque, une succession de chutes commandées à distance par une poupée vaudou (du pur slapstick) ou une balle de tennis magique.

 

Hocus Pocus


Ce petit côté désuet parfaitement assumé permet, sous le couvert de jolies couleurs et d'un ton gentiment caricatural, de brocarder toute la politesse et la retenue d'un genre. Certes Michelle Pfeiffer, Cher et Susan Sarandon sont sublimes et souriantes, mais sous le vernis brûle un besoin irréversible de romantisme, de sexe, voire de stupre, qui transforme rapidement le film en pure comédie pour adultes (les dialogues, crus au possible, n'en sont que plus jubilatoires). Un pari on ne peut plus risqué en ces glorieuses 80's où tous les studios ne jurent que par la teenage comedy façon Risky Business. Surtout qu'outre cette tonalité aujourd'hui encore assez surprenante, Les Sorcières d'Eastwick est un véritable régal d'écriture, montrant comment le plus repoussant des hommes peut jouer les bellâtres avec quelques belles paroles pour mieux arriver à ses fins : mettre bobonne à la table à repasser pendant que couve le futur lardon. Le retournement de situation final fait son petit effet. Accessoirement, ces superpositions successives de niveau de lectures, de genres, inspirent d'ailleurs à Mister John Williams la plus espiègle de ses partitions, le maestro jouant constamment avec les codes du « Mickey Mousing », ou se fendant d'un thème romantique éloquent. Rarement jugé à sa juste valeur (voir les différentes éditions DVD et désormais Blu-ray), le long-métrage n'affiche donc pas que les performances survoltées, voir érotiques, de quatre stars au sommet de leur art (auxquelles il faut ajouter une Veronica Cartwright ébouriffante et hilarante en grenouille de bénitier hystérique), mais lance surtout un regard pertinent et impertinent sur le machisme de bonne société yankee. Ca fait du bien par où ça passe.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Comme nombres de titres DVD de fond de catalogue Warner, on partait de très, très loin. Copie abimée, compression à la truelle, grain envahissant... L'éditeur a ici fait un effort plus qu'appréciable en opérant un petit nettoyage de printemps. Restent encore quelques traces pas toujours des plus gracieuses, mais aucune commune mesure avec les masters précédents. Surtout que, HD oblige, les couleurs retrouvent enfin toute leur vivacité (idéal pour la petite ville ensoleillée ou la rousseur de Sarandon), et que le piqué donne plus de corps et de profondeur aux photogrammes. 

 

Son :
A priori on s'attendait à un nouveau mixage sonore un brin poussif ou carrément inaudible. Si l'image est loin de la perfection, la nouvelle piste anglaise DTS HD Master Audio 5.1 gonfle le film à bloc. Dynamique en diable dès que la magie se met en marche (coups de tonnerre qui soulèvent le caisson de basses, éclairs qui strient la pièce), le mixage réussit à se montrer tout aussi efficace dans les séquences dialoguées, avec un joli travail sur les ambiances qui respecte autant la performance des acteurs, que la bande originale. On ne peut pas forcément en dire autant du Dolby Digital 5.1 français, pas des plus flamboyants et laissant entendre un petit souffle pas très agréable. Dommage, le doublage d'époque est d'excellente qualité.

 

Interactivité :
Après un DVD nu comme un ver... voici le Blu-ray nu comme un ver. C'est sûr qu'entendre en interviews Pfeiffer, Sarandon, Cher, Nicholson, Williams et Miller n'aurait absolument aucun intérêt. Aucun...

 

Liste des bonus : Bandes-annonces

 
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