EVENT HORIZON
Etats-Unis - 1997
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Event Horizon »
Réalisateur : Paul W. S. Anderson
Musique : Michael Kamen
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby True HD, Français, allemand, italien et espagnol en Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Anglais, français et divers
Durée : 96 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 8 avril 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Event Horizon »
portoflio
site officiel
LE PITCH
En 2047, la station spatiale Lewis & Clark met le cap vers Neptune pour récupérer l’épave d’un vaisseau mystérieusement disparu sans laisser de traces depuis 7 ans et réapparu tout aussi mystérieusement. Évidemment, cette opération va se révéler périlleuse et l’équipage se retrouvera confronté à une terrible menace qui ne lui laissera aucun répit.
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La source du mal

Série B horrifique dissimulée sous les traits d'un blockbuster de SF, Event Horizon a depuis été immortalisé par le bouche-à-oreille et les multiples sorties vidéo. Près de dix ans après sa sortie, le troisième long-métrage de Paul W.S. Anderson sait encore nous retourner les tripes.

Réalisateur de Mortal Kombat, Soldier, Alien Vs Predator ou Death Race, Paul Anderson n'est pas un réalisateur qui donne dans la subtilité ou la demi-mesure. Artisan doué oscillant entre le sympathique et le laborieux (la répartition des dans chaque catégorie est vite fait), le producteur décrié des Resident Evil a pourtant signé dans sa carrière un authentique bijou, à l'ampleur et l'ambition quasiment improbables. On retrouve bien entendu son sens graphique de l'image dans la reconstitution d'un vaisseau spatial Low Technology, sorte de cathétrale errante plus sculptée que réaliste, ainsi que dans une photographie envahie de noirs inquiétants. Reprenant sans grande discrétion des éléments scénaristique d'Alien voire même du Star Trek de Robert Wise, Event Horizon ne fait pas longtemps illusion sur une quelconque motivation science-fictionnelle. Ici l'espace et le contexte mathématique (le voyage à travers les frontières de l'espace) ne sont travaillés que comme des éléments crédibilisant une exploration plus intime, celle de la psyché et du cauchemar personnel. Une version space opera de La Maison de l'Horreur de Robert Wise en somme (encore lui, tiens), où tout repose sur la maestria du réalisateur, ici plus habile que jamais pour donner vie à un Event Horizon (le vaisseau comme le film) organique et carrément flippant.

L'ultime frontière

Usant d'une caméra mobile mais  toujours naturelle, Anderson installe un suspense implacable, les secrets de chacun prenant corps de la manière la plus horrible qui soit, entrecoupés de  morceau de bravoure en apesanteur diablement excitants. Maîtrisé de bout en bout, cet exercice de style est aussi dû, une fois n'est pas coutume, à des contraintes imposées par la production. Censé montrer frontalement quelques visions de l'enfer ultra-gore et sincèrement inspirées du travail de Clive Barker (et en particulier d'Hellraiser), Event Horizon les voit réduits dans son montage final à quelques flashes spasmodiques bien plus troublants, laissant au spectateur une marge d'imagination dont la portée est largement plus puissante que tous effets de maquillage bluffants de réalisme. Porté par une interprétation psychotique de Sam Neill (L'antre de la folie, Jurassic Park), Event Horizon reste clairement la plus grande réussite d'un jeune réalisateur que l'on voyait à l'époque comme l'un des grands espoirs du film de genre moderne. Marrant comme parfois le temps peu nous donner tort.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :

A croire que l'on ne pourra jamais découvrir une copie irréprochable d'Event Horizon. La présente édition reprend logiquement le travail de restauration effectué pour la précédente édition collector DVD et donc quelques petites taches apparaissent encore, le grain est souligné sur certains effets visuels et les arrières plans ne sont pas tous impeccables. Le Blu-Ray gagne tout de même au passage un relief plus qu'agréable, une précision plus sensible et des contrastes largement plus appuyés. Un travail plus qu'honorable donc mais dont les petits défauts paraissent toujours aussi étonnants pour un film datant d'une toute petite dizaine d'années.

Son :

Petite coutume maison (oh combien appréciée) de Paramount, c'est comme souvent la piste originale qui est ici choyée avec anglais Dolby 5.1 True HD franchement impressionnant. Vrombissement du vaisseau, cliquetis de la ferraille au loin, effets atmosphérique... Le mixage est aussi enveloppant que carrément flippant. Très subtil dans les séquences d'angoisse, il sait se montrer puissant lors des passages façon « film catastrophe ». A côté, les antiques pistes Dolby Digital 5.1 proposées pour le français et le reste de l'Europe paraissent évidemment plus discrètes et plus brutes, bien que tout à fait efficaces.

Interactivité :

Les fans du film étaient aux anges il n'y a pas si longtemps que ça, lorsque Paramount daignait enfin distribuer le superbe collector d'Event Horizon. Un disque bourré de bonus des plus réussis, serti dans un écrin de toute beauté (et en plastique dur) en forme de stèle-organique reprenant le design du film. Comme trop souvent, le packaging paraît bien plus pauvre pour le Blu-Ray. Un simple boîtier bleuté qui contient tout de même l'intégralité des bonus. Gentiment boudé à l'époque de sa sortie, le film s'est donc refait une jolie santé et apparaît désormais accompagné d'un commentaire audio passionnant, où le réalisateur et son producteur reviennent avec humour sur toutes les étapes de fabrication.  Il y a bien sûr un peu de redite avec le long documentaire (1h43 !) qui analyse point par point tous les choix et la participation de chacun. Une exhaustivité rare. Surtout que sont même évoqués les nombreux problèmes rencontrés par Anderson lors de la postproduction et que l'on peut se pavaner devant le segment « Trous noirs », où l'on découvre médusé trois scènes très gores arrachées de la version initiale dont un clin d'œil terrifiant à L'Exorciste. Un programme on ne peut plus complet qui s'achève sur une ouverture alternative en story-board, une sélection de dessin de production et un petit B-Roll constitué des rares vidéos du tournage. Une édition solide. 

Liste des bonus :
Commentaire audio du réalisateur Paul Anderson et du producteur Jeremy Bolt, Making of (103'), Trous noirs : Secrets(10'), Le point de non retour (8'), Event Horizon inédit (7'), Bande annonce 

 
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