SUMMER WARS
Samâ Wôzu - Japon - 2009
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Summer Wars »
Réalisateur : Mamoru Hosoda
Musique : Akihiko Matsumoto
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et français Dolby Digital 2.0 et DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, espagnol, italien, allemand polonais, hollandais
Durée : 114 minutes
Distributeur : Kazé
Date de sortie : 27 octobre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Bienvenue dans le monde de OZ : la plateforme communautaire d'internet. En se connectant depuis un ordinateur, une télévision ou un téléphone, des millions d'avatars alimentent le plus grand réseau social en ligne pour une nouvelle vie, hors des limites de la réalité. Kenji, un lycéen timide et surdoué en mathématiques, effectue un job d'été au service de la maintenance d'OZ. A sa grande surprise, la jolie Natuski, la fille de ses rêves, lui propose de l'accompagner à Nagano, sa vi...
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Les magiciens d'Oz

Après avoir surpris son monde avec la très jolie adaptation du roman La Traversée du temps, le réalisateur Mamoru Hosoda réussit à s'imposer comme l'un des atouts majeurs de l'animation japonaise grâce à son nouveau film (sur un scenario original), méritant de se situer aux côtés des Gainax (Evangelion, Nadia) de la grande époque, voire des petits bijoux du studio Ghibli.  

A l'heure où les réseaux sociaux envahissent la vie de tout un chacun et que Facebook devient directement le sujet d'un petit bijou de cinéma (Social Network par David Fincher), un long métrage d'animation grand public vient opérer une relecture nécessaire sur les enjeux de ces nouvelles pratiques. Reprenant de manière plus décontractée certaines thématiques du Ghost in the Shell Innocence de Mamoru Oshii (et sa scène de hacking toujours aussi tétanisante), Summer Wars imagine ainsi une IA qui provoquerait une fin du monde virtuelle en aspirant tous les avatars des connectés par simple jeu, mais risquerait par là même de plonger le monde réel dans le chaos. Illustré comme un livre d'enfants coloré et hystérique peuplé de petits personnages étranges, ce Second Life puissance 10 000 devient alors le lieu d'une bataille épique où la surenchère Pop rappelle autant le génialissime Paprika (du regretté Satoshi Kon) que l'esprit compilation de la trilogie Matrix. Un postulat on ne peut plus moderne, dans l'air du temps, qui pourtant n'apporterait rien de bien nouveau aux centaines de longs-métrages et aux milliers de pages le triturant avec le plus grand sérieux, si le nouveau film de Mamoru Hosoda (qui a débuté sur quelques commandes classique comme Digimon ou One Piece) ne le traitait pas uniquement comme une toile de fond, virtuose et jouissive certes, mais presque secondaire.

 

there's no place like home


C'est que la vraie bataille se joue finalement dans la grande demeure familiale où a été invité le timide Kenji, censé se faire passer pour le petit ami de Natsuki auprès d'une fratrie on ne peut plus soudée. A la manière de son précédent et gracieux La Traversée du temps, où il usait de l'outil fantastique comme révélateur des sentiments et des hésitations de son héroïne, ici la science-fiction fait office de catalyseur pour les tiraillements que connaît cette graaande famille ancestrale : l'acceptation jamais digérée d'un enfant illégitime, le matriarcat trop écrasant, les soucis de communication et l'intégration nouvelle de ce jeune garçon craintif. Mais c'est surtout le deuil qui va s'avérer le tournant le plus difficile, ne pouvant être dépassé que par le resserrage des liens déjà existants et l'émulsion autour d'un projet commun : battre l'IA et sauver le monde (qui par une extension sans doute un peu trop appuyée devient lui-même une graaaaande « famille »). On reconnaît alors toute la surenchère propre à l'animation nippone, entre flots de larmes, rires et grands sentiments, mais celle-ci est constamment tempérée par une mise en scène gracile, l'expressivité des animations et surtout la justesse des sentiments des personnages, approchant de manière surprenante la maturité d'un Ozu. Grandiose, touchant et enthousiasmant, Summer Wars ne confronte jamais réel et virtuel comme nombre de créations modernes, mais les marient avec élégance pour en révéler la plus jolie des humanités.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Tout bonnement incroyable. Spectacle visuel de haute volée, Summer Wars trouve un écrin chaleureux avec le Blu-ray concocté par Kaze. Apportant richesse et grandeur aux plus petites couleurs, chaque tableau qui compose le long-métrage affiche des teintes somptueuses et des contrastes délicieusement détaillés. Que ce soient les décors verdoyants du monde réel ou la surenchère du virtuel, chaque détail est ici retranscrit avec une générosité rare et une vivacité imposante.

 

Son :
Dolby Digital 2.0 et DTS-HD Master Audio 5.1 en français et japonais, comme ça pas de jaloux ! Le premier mixage est idéal pour ceux qui doivent se contenter d'un traitement sonore via l'écran de télévision. Bien balancée, la stéréo offre un vrai confort d'écoute et observe un équilibre solide entre les différentes sources. Rien de comparable forcément avec le second mixage, qui installe une dynamique musclée lors des passages épiques dans le monde d'Oz. Les avatars s'exprimant d'un bout à l'autre du Home Cinema et les écrans de contrôle volant derrière le spectateur donnent une sensation d'enveloppement réjouissant. Mais le mixage n'est pas en reste lors des scènes plus intimistes, donnant un vrai naturel au vent qui fait remuer les feuilles ou au bruit lointain des criquets. Idéal.

 

Interactivité :
Aucun bonus à signaler sur le Blu-ray dans sa forme « simple ». Ceux qui veulent pouvoir visionner quelques interviews du réalisateur et des doubleurs, un reportage sur la Première au Japon et surtout l'intégralité du film en mode story-board doivent obligatoirement se diriger vers l'édition box du film (très joli coffret cependant), comprenant à la fois la copie HD et la copie DVD. Les bonus, contenus sur un DVD supplémentaire, sont complétés par un livret et une planche de stickers.

 

Liste des bonus : Bandes-annonces

 
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