ENTRETIEN AVEC STéPHANE ANDRé, DIRECTEUR DE REZOLUTION CULTURELLE
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La Résolution de bien faire

Quand un nouveau label sort de nouveaux films avec un amour bien présent, nous ne pouvions qu'aller le rencontrer pour en savoir un peu plus sur lui.
C'est avec beaucoup de plaisir que nous avons pu rencontrer son créateur qui été ravi de répondre à notre curiosité.


Bonjour Stéphane André, vous êtes une des têtes pensantes de l'éditeur ESC mais aussi dirigeant de ReZolution culturelle et de son label moins connu du grand public.
Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est ReZolution, en quoi consiste cette société ?

Depuis 2015, RéZolution Culturelle est une société spécialisée dans l'organisation d'entreprises et la recherche de débouchés commerciaux. Dans le secteur de la vidéo elle conseille plus particulièrement ses clients en matière d'acquisition, édition et distribution, ses principaux clients sont ESC Distribution, Gaumont Vidéo et Elysées Edition.

Quel est votre parcours ?
La vidéo, je suis « tombé dedans quand j'étais petit ». Mes parents ont ouvert leur premier Vidéo Club en 1982, j'ai attrapé le virus de la vidéo dès ce moment-là. J'ai ensuite débuté ma vie professionnelle en tant que représentant chez (NMV Nouvelles Messageries Vidéo), puis rejoint la direction commerciale lors de la fusion avec FOX de ce qui s'appelait alors PFC (Pathé Fox Canal+) et qui est aujourd'hui devenu FPE (Fox Pathé Europa).
J'ai ensuite souhaité évoluer dans des structures « à taille humaine » d'abord chez Cinestore , société de vente par correspondance de produits dérivés de cinéma et premier site internet français de vente de DVD, puis j'ai créé Ciné-Solutions , plateforme de vente en ligne en marque blanche de DVD pour les éditeurs vidéo, puis Ciné-solutions a intégré le groupe RPCM, qui assistait les éditeurs dans leur distribution sur ce qui était à l'époque appelé les réseaux additionnels ( Internet, librairies magasins spé) jusqu'en 2015 ou j'ai créé RéZolution.

Récemment, vous vous êtes mis à la distribution avec Drôle de drame et La Neige en Deuil.
Je corrige, je me suis mis à l'Edition. La distribution, c'est l'affaire de ESC sur ce titre. Depuis des années je travaille et conseille les autres, lorsque l'opportunité s'est présentée à moi de pouvoir acheter les droits de Drôle de Drame, un des monuments de l'histoire du cinéma français, j'ai pensé que c'était une opportunité qui ne se présente qu'une fois et je me suis lancé.

Pourquoi éditer ses films en solo et ne pas laisser à ESC le soin de le faire ?
ESC ne peut pas tout faire, et surtout connaissant leur capacité de distribution, j'ai pu consacrer pas mal de ressources à me concentrer sur l'édition pour la première fois à 100%, mais je vous rassure les équipes de ESC m'ont apporté une aide plus que précieuse.

Comment se porte votre choix sur les titres que vous voulez sortir ?
Très simple : Des sorties inédites de films intemporels dans de très belles éditions !

Vous frappez fort avec votre premier bébé le classique de Marcel Carné Drôle de drame. Icone du patrimoine cinématographique français. Pouvez-vous nous expliquer le processus pour en obtenir les droits ?
Des contacts, l'historique des achats avec ESC, des conseils et des pistes de gens bien intentionnés et tout un tas de petits secrets que je vais garder pour moi !

Comment s'est passé le mastering, la copie est magnifique !
Ça fait du bien de vous l'entendre dire, nous avons souffert tout l'été avec notre labo « Comon Screen » et ses équipes (Nicolas Billon et Eric Dumas en tête) pour défaire ce qui avait été « trop bien fait » lors de la restauration 4K qui dans un premier temps avait beaucoup trop « nettoyé » le film. Par petites touches et corrections fastidieuses, nous sommes parvenus à ce résultat dont nous sommes très fiers.

Idem pour les bonus, votre documentaire Carnet, Prévert, Drôle de Duo respire l'amour du cinéma, sa conception a posé problème ?
Au contraire tout a été très fluide, les réalisateurs (Nicolas Chopin-Despres et Nicolas Billon) que j'avais contacté pour réaliser ce qui devait être un bonus, m'ont très vite convaincu que nous avions de la matière pour aller plus loin, et ensemble nous avons décidé de transformer ce projet de bonus en documentaire, trouver des intervenants de haut niveau et mis les moyens en face.

Il a été présenté au festival Lumière de Lyon dans la catégorie meilleure documentaire. Comment en arrive-t-on là ? Et quel en a été l'accueil ?
Je suis en relation étroite avec le festival depuis son origine pour l'organisation de tout ce qui touche aux DVD et à l'Edition, lorsqu'ils ont eu vent de mon projet, ils ont voulu en savoir plus, ont lu le « scénario » puis vu les premiers montages, donné quelques conseils, puis sélectionné le doc. L'accueil a été enthousiaste, la salle était pleine et, pour ma part, l'émotion était là lorsque pour la première fois j'ai découvert le résultat sur grand écran.
Et l'aventure continue puisque le film est sélectionné dans la catégorie « Compétition Documentaires d'histoire du cinéma » du Festival international du film d'Histoire - 2019 de Pessac où il sera présenté le 23 novembre.

Au-delà du film, le soin apporté au packaging est très luxueux.
L'objet physique est très important pour moi, le soin apporté au packaging est quasiment aussi important que celui apporté au bonus, au master, au livret (qui est lui aussi passionnant) c'est un tout, et ce tout doit être le meilleur possible.

Votre deuxième film sorti sous le label ReZolution est complètement diffèrent puisqu'il s'agit de La Neige en deuil, un inédit d'Edward Dmytryck avec Spencer Tracy. Pourquoi ce film ? Une opportunité à saisir, par gout personnel ...
Très peu de temps après avoir signé Drôle de Drame, le film La Neige en deuil s'est présenté et outre le fait que le film soit un grand souvenir de jeunesse, il se trouve qu'il est totalement inédit en DVD et en blu-ray et qu'il bénéficie d'un beau master HD. Le casting, le sujet ont fini de me convaincre, les premiers retours semblent confirmer que ce titre reste très attendu.

Que répondez-vous aux détracteurs qui annoncent la mort du support physique ?
Qu'ils ont raison, une certaine catégorie du marché du support physique aura beaucoup de mal à continuer, celle qui vend des films comme des boites de conserve. C'est d'ailleurs dans les endroits où les deux se vendent que les rayons disparaissent !
Mais pour tous les autres, ceux qui continuent de réaliser de belles éditions, de faire de beaux objets, de ne pas faire la course aux quantités mais à la qualité le marché sera toujours là !
C'est d'ailleurs l'un des principaux enseignements des tables rondes qui ont eu lieu au MIFC (Marché international du film classique de Lyon) où les indicateurs démontrent que le film dit classique est celui qui résiste le mieux à l'effritement du marché.
Tant qu'il y aura des éditeurs passionnés, il y aura des vidéophiles physiques passionnés.

Quels sont vos projets ? Prochaines sorties ?

Sous ma casquette d'éditeur, j'ai deux ou trois titres que je recherche activement, pour l'instant rien de signé, l'édition n'étant qu'une des activités de RéZolution Culturelle qui à de nombreux projets en cours.

Nous avons hâte de les découvrir ! Merci d'avoir répondu à nos questions.

Cédric Lemaire












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