GEARS OF WAR 2
Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Xbox 360 »
Image de « Gears of War 2 »
Genre : Science-fiction
Musique : Steve Jablonsky
Développeur : Epic Games
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Microsoft
Date de sortie : 7 novembre 2008
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Gears of War 2 »
portoflio
LE PITCH
Marcus Fénix et sa bande croyaient être venus à bout de l'envahisseur Locust en faisant détoner la Bombe Lumière. L'ennemi est semble-t-il ressorti plus fort encore de ce fiasco, et bien décidé à annihiler la race humaine avant qu'elle ne renouvelle son attaque...
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Bigger, Longer and Uncut

Savamment marketé pour vanter les performances New Gen de la Xbox 360, un an environ après sa mise en service, le premier Gears of War se traîne une réputation étrange chez les hardcore gamers, celle d'un produit efficace mais pauvre en idées, et destiné avant tout à combler les attentes des joueurs les plus bourrins.

 

Impossible bien sûr, après avoir fini le jeu une dizaine de fois (vive la coop' sur le Xbox Live), et après avoir passé quelques centaines de nuits blanches en Team Deathmatch, de réduire ainsi le titre d'Epic Games. Ambitieux, fort d'une direction artistique impressionnante et bénéficiant du savoir-faire de ses concepteurs en terme de game design (rythme haletant, narration incorporée en grande partie au sein des phases de jeu, déviations soudaines vers le genre du Survival Horror, vrai souffle lors des batailles rangées), Gears of War laissait aussi et surtout planer l'ombre d'une véritable fresque épique dont il ne constituerait que le premier chapitre. Dont acte avec ce Gears of War 2 qui, dès la cinématique d'intro, balaie les certitudes passées. Comme L'Empire contre-attaque et Matrix Reloaded, cette suite inverse d'emblée le rapport de force entre héros et vilains en dépit de la victoire tout juste consommée. La barre est dès lors relevée dès le premier vrai niveau (on ne parle pas ici de l'échaufourrée dans un hôpital désaffecté qui sert de tutorial et ré-expose calmement les personnages). Celui-ci tient du jamais vu, en terme de spectacle, dans un jeu vidéo : juchés sur des tanks de la taille d'un gratte-ciel, qui se fraient violemment un chemin dans les bois et les montagnes, les héros escortent des civils vers la dernière grande cité humaine. En chemin, ils subissent un assaut surprise et particulièrement explosif de l'ennemi Locust. L'attaque vient de toute part : vaisseaux fortifiés, araignées géantes (deux fois la taille des tanks susmentionnés), créatures titanesques montées de lances-roquettes et de mitrailleuses, armées (vous avez bien lu, « armées », à savoir plusieurs centaines dans le même cadre) de fantassins s'extirpant des profondeurs d'une roche volcanique... Porté par la partition puissante (adaptation Hans Zimmerienne du Conan de Poledouris, si ça peut vous donner une idée) de Steve Jablonsky, ce morceau de bravoure claque comme un fouet, et laisse le joueur abasourdi, hébété par le gigantisme ambiant. Mais ce n'est qu'un début.

 

More than meets the eye

 

La mise en scène laisse le connaisseur s'acoquiner à son rythme avec les nouvelles idées de gameplay disséminées ici et là : les agonisants qui se traînent sur le sol dans l'espoir de tomber sur un ami, la possibilité d'utiliser un ennemi blessé comme d'un bouclier humain, les combats de tronçonneuse à gagner à la force du poignet). Mais ce qui frappe le plus, c'est avec quelle pertinence Gears of War 2 parvient à gérer le concept ouvertement cinématographique du hors-champ. Autant dans sa mise en image que dans son écriture (formidablement élaborée pour un jeu vidéo, si l'on excepte des dialogues souvent lourdingues ; n'est pas Tarantino qui veut), le titre en appelle à l'imagination du joueur pour combler les vides, donnant juste ce qu'il faut d'éléments suggestifs (des capsules qui s'écrasent au loin dans une grotte, des batailles en arrière-plan, des créatures godzillesques qui broient des parois éloignées) pour donner la sensation que la petite histoire (l'aventure des héros) s'inscrit modestement dans une beaucoup plus grande. Spectacle ahurissant, fort d'un design à tomber à la renverse (au-delà de l'exploit technique, certains environnements sont d'une beauté esthétique et d'une complexité graphique jamais vues dans un jeu vidéo), Gears of War 2 se paie enfin le luxe d'enjeux étonnamment humains. Des enjeux qui, motivés par une volonté d'élargissement de la cible, auraient tout à fait pu sombrer dans l'artifice. Il n'en est rien, et le visionnage de certaines cinématiques clés (notamment relatives la destinée d'un personnage féminin) délivre un impact comparable aux nombreux morceaux de bravoure interactifs que réserve le jeu. Et quels morceaux de bravoure : ayant trouvé l'équilibre idéal entre les besoins d'une bonne narration et la nécessité d'un game design original, l'équipe d'Epic éparpille quelques éclats de génie au fil de la campagne, allant jusqu'à étirer des combats contre des boss sur des niveaux entiers, parfois d'une manière détournée pour le moins originale. Il ne reste donc plus qu'à s'armer de patience et à attendre la conclusion de cette trilogie en devenir, dont le crescendo savamment dosé des deux premiers actes assure déjà une position de monument, dans l'histoire non seulement du jeu vidéo, mais aussi de la science-fiction dans son ensemble.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

 

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Gears of War 2 est le plus beau jeu jamais réalisé. Une fois ce constat digéré, on peut essayer de comprendre pourquoi. L'Unreal Engine 3, lancée par l'opus original et depuis popularisée par des titres comme Unreal Tournament III et la série des Rainbow Six Vegas, a déjà fait l'objet d'un lifting étonnant. Lifitng tout à fait visible dans la gestion des foules (certaines phases affichent plusieurs dizaines d'ennemies à l'écran), dans la simulation des liquides, de la poussière, de la boue et des chairs (un niveau entièrement organique vaut ainsi son pesant d'or), dans la diffusion de la lumière, dans le traitement de textures dynamiques (le sang qui s'inscruste sur les combinaisons des héros, les décors qui se reflètent sur les surfaces metalliques et projettent des ombres désormais 100% réalistes)... Cela a sans doute l'air de rien, mais le résultat final est presque deux fois plus impressionnant que le premier Gears of War, qui en son temps avait déjà choqué pas mal de monde. Mais au-delà de l'aspect purement technique, c'est avant tout le travail accompli sur le design et les modélisations qui impressionne, la beauté des décors devant autant au bon traitement des pixels (aucune chute de framerate, faut-il le préciser ?) qu'à l'oeil des graphistes. La gigantesque caverne de l'acte 2 est ainsi l'un des décors les plus époustouflants qu'on ait jamais vus dans un jeu vidéo, chaque parcelle de l'écran révélant des détails spécifiques. Un prodige, qui poussera la concurrence (on peut toujours espérer) à se dépasser dans les années à venir pour se rapprocher de ce niveau d'excellence.

 

Bring on the Horde !

 

Passée sa beauté, Gears of War 2 réserve quelques pépites aux fans de la première heure du jeu original, qui avaient passé des centaines de nuits blanches à s'affronter en mode Team Deathmatch (le jeu était encore l'un des plus peuplés en ligne jusqu'à la sortie de sa suite). Si les options classiques sont toujours de la partie, avec un mode coopération en campagne et un système de duel en équipes classique et efficace (désormais jouable par groupes de 5), c'est incontestablement le mode Horde qui devrait rallier tous les suffrages. Une sorte de jeu dans le jeu, où une équipe de cinq joueurs maximum doit survivre le plus longtemps possible aux assauts de vagues d'adversaires enragés. Chaque vague est plus exigeante que la précédente (baisse des munitions, augmentation de la puissance de feu ennemie)... et il faudra venir à bout de 50 rounds pour gagner la partie ! Un véritable exercice stratégique en somme, les joueurs humains ayant l'obligation de s'entraider, de se couvrir et de jouer de leur complémentarité en terme de compétences pour pouvoir crier victoire. Un joyau de jeu en ligne, qui a bien des chances de vous occuper pendant deux ans, jusqu'à la sortie de Gears of War 3 !

 
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