GODS WILL BE WATCHING
Etats-Unis - 2014
Image plateforme « PC »Macintosh (MAC)
Image de « Gods Will Be Watching  »
Genre : Aventure
Musique : Inconnu
Développeur : Deconstructeam
Durée : moyenne
Langue : Anglais, français...
Distributeur : Devolver
Date de sortie : 24 juillet 2014
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Gods Will Be Watching  »
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LE PITCH
Après un naufrage en terre inconnue, les joueurs prennent le contrôle du Sergent Burden et de ses compagnons de fortune. Désormais, nos amis devront venir à bout de six chapitres où ils feront des choix fatidiques. Le jeu déflore des dilemmes moraux qu’il explore sans commune mesure : prise d’otage, torture, survie en milieu sauvage, armes biochimiques...
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Regards perçants

On assiste depuis quelques années, avec la vague des indépendants et les développements des financements participatifs, à des flots de jeux rétros aux qualités variables, surfant sur un mélange de nostalgie et d'audace. Nombre de jeux programmés lors de Ludum Dare et événements équivalents (ces marathons de création de jeux en temps limité et sur un thème imposé), aux mécanismes efficaces et surprenants issus de l'imagination d'esprits épuisés, ont ainsi trouvé une seconde vie dans les mois suivant ces événements, via des version retravaillées, affinées et enrichies. Ainsi Gods Will Be Watching, de Deconstructeam, créé lors de la 26e Ludum Dare autour du thème du «minimalisme».

Au programme, à l'origine, un petit groupe autour d'un feu, sur une planète hostile, et devant survivre face à des événements compliqués. Le joueur, limité à quelques choix, quelques discussions, des dilemmes terribles, devait composer avec une horloge funeste, chacune de ses actions entraînant un lot de conséquences complexes, le contraignant à une gestion du sacrifice, où la moindre petite victoire ne se pouvait être qu'à la Pyrrhus.
Six fois plus de désespoir

La version passée par Kickstarter avait pour objectif d'enrichir la profondeur du jeu en plus du simple ajout de niveaux. Six niveaux au lieu d'un, une intrigue plus profonde. Avec comme profession de foi l'argument suivant : « Gods Will Be Watching est un jeu construit autour de décisions difficiles et de dilemmes moraux à traverser pour survivre. Il n'y a ni bien ni mal, juste des décisions, et vous seul serez juge du poids de vos actions. »
Depuis que le rétro et les gros pixels ont le vent en poupe, on revient également à une considération de « la difficulté des jeux d'alors, c'était autre chose ». Et c'est bien dans cet esprit que Gods Will Be Watching se positionne. Dans la mouvance du hardcore à la Dark Souls, où la moindre erreur se paie cash, où l'apprentissage se fait dans la douleur, le titre vise à faire souffrir le joueur, quitte à se montrer cruel, voire injuste.


Et c'est bien là que le jeu oublie que les productions des années 1980 étaient certes difficiles, ardues, prenaient un malin plaisir à abattre le joueur encore et encore, mais n'en songeaient pas moins à lui offrir une courbe d'apprentissage réelle, qu'elle soit brutale ou plus douce. Dans GWBW, point de courbe d'apprentissage : la difficulté de base du jeu est plus que punitive, elle ajoute une pointe (voire une grosse louche, selon les niveaux) d'aléatoire qui peut transformer une action bien pensée en catastrophe, voire en game over. Impossible, ainsi, d'appréhender réellement les mécanismes, on se retrouve à tâtonner, à échouer toujours plus vite, sans comprendre les règles. Chaque décision destinée à faire avancer la situation provoque une poignée de conséquences à gérer, et le joueur se retrouve dans une sorte de micro management bien plus technique que moral.

 

"Ô rage, ô désespoir, ô difficulté ennemie"


Gods Will Be Watching, sous une volonté de proposer une expérience extrême, parvient à offrir une expérience hardcore aux joueurs qui aiment s'abandonner des heures à analyser le moindre détail et à tâtonner encore et encore. Mais échoue tout autant à confronter le joueur à ces dilemmes moraux évoqués, l'obligeant à abandonner la notion de choix pour pouvoir atteindre une résolution presque inaccessible autrement qu'en devenant un froid analyste. Las, le sentiment de sacrifice disparaît devant la nécessité de l'analyse des mécanismes, et les dilemmes moraux s'évanouissent sous des fonctionnements vidéoludiques purs. L'humain disparaît sous des mécanismes presque invisibles à traquer tant bien que mal.
Dommage, pour un jeu qui propose un scénario loin d'être inintéressant, et qui se retrouve à n'offrir qu'une expérience lointaine de ce qui semblait être son objectif premier. Tout autant qu'il peine à réellement offrir un sentiment pouvant évoquer les jeux d'antan et leurs difficultés vachardes.


Les joueurs qui aiment ce genre de jeux aimeront, les autres seront limités à la difficulté facile et non aléatoire, et louperont les enjeux d'un gameplay pourtant prometteur à la base, pour un résultat surprenant et original, mais qui semble au final louper une certaine cible, notamment car Gods Will Be Watching n'offre pas une difficulté comme à l'ancienne, mais bien simplement une vision fantasmée de ces jeux d'autrefois.

Dimitri Pawlowski














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Du gros pixel bien mené, même si un peu rude sur des écrans un peu grands. Une bande-son adaptée, une vraie ambiance qui se pose dans le visuel et le sonore. Le tout est techniquement certes limité, mais tout à fait adapté au produit. On notera des textes un peu difficiles à lire au niveau du choix de la police de caractères, et une traduction française moyenne.

 
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