ALIEN ISOLATION
Royaume-Uni - 2014
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Image de « Alien Isolation »
Genre : Survival-Horror
Développeur : The Creative Assembly
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : SEGA
Date de sortie : 7 octobre 2014
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Alien Isolation »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Quinze ans ont passé depuis les événements décrits dans Alien; la fille d'Ellen Ripley, Amanda, mène un combat désespéré pour la survie, au cours d'une mission visant à découvrir les véritables raisons de la disparition de sa mère. Guidez Amanda et naviguez dans un monde toujours plus explosif, dans lequel elle est livrée à elle-même, encerclée de toutes parts par une population paniquée et un Alien impitoyable et imprévisible. Mal préparée et mal équipée, Amanda devra trou...
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Joyeuses pâques

Ereintée par les lamentables Aliens Vs Predator, la trahison Prometheus et des décennies de jeux vidéos mal fagotés, la saga Alien s'offre avec Alien Isolation une authentique résurrection qui a tout simplement eu l'idée d'analyser sobrement ce qui avait fait le génie du premier long métrage, toujours aussi magistral plus de trente ans après sa sortie.

Laissé de coté au profit de l'approche plus nerveuse et guerrière d'Aliens, l'ambiance poisseuse, lente et éprouvante du premier long métrage de la tétralogie n'avait jamais pu être transposée en jeux vidéo. Désespéré devant les échecs cuisants des dernières tentatives vidéoludiques (Aliens Colonial Marines, Aliens Vs Predator...), SEGA a enfin décidé de tenter le tout pour le tout en acceptant l'anachronique projet de The Creative Assembly (développeurs des Total Wars, donc à priori pas le studio de « la situation »), bazardant toutes les armes trop puissantes, les scripts musclés et les confrontations bourrines, au profit d'un authentique FPS mais en mode survival horror. Question de bien ancrer l'idée même d'Alien Isolation dans la tête du fan, les scénaristes en profitent même pour lui donner la forme d'une suite directe, en confiant la place de choix à une certaine Amanda Ripley, personnage resté jusque-là présent que par quelques allusions dans les deux premiers films. Une histoire de famille, relativement bien ancrée dans la chronologie de la série, et qui surtout permet au studio d'imprégner directement son expérience de l'esthétique low-tech du chef d'œuvre de Ridley Scott, avec sa station orbitale presque désertique constituée de panneaux en plastique blanc, de fauteuils en similicuir, de gadgets désuets et d'écrans d'ordinateurs so 70's.

 

"ne la touche pas sale pute!"


Et pourtant, comme dans le long métrage, cet apparence terriblement rétro, cette vieille idée du futur, fonctionne à merveille tout simplement parce qu'elle continue de véhiculer une apprêté, une sécheresse esthétique, une sorte d'épure qui creuse encore l'ambiance lourde de l'exploration. Plus qu'un jeu de fan service, Alien Isolation est justement la réappropriation attendu des codes du Huitième passager, piochant intelligemment dans les thèmes flippants de l'immense Jerry Goldsmith, dans les bruitages caverneux d'un vieux synthétiseurs et même dans les vidéos de transitions, entièrement retravaillées à base de vieilles VHS et de caméras pourris. Absolument tout répond présent, des sensations viscérales jusqu'à une mise en scène qui renoue avec le b.a-ba de l'horreur anti-démonstrative, reposant plus volontiers sur les jaillissements intempestifs, le hors champs angoissants (les bords latéraux du cadres, mais aussi le haut et le bas), la longue et insupportable attente de la menace révélée. A ce titre, le travail effectué sur la bande son en 5.1 est tout simplement diabolique puisque son omniprésence, son mixage organique sont les premiers outils de survie du joueur. Oubliez les quelques objets constructibles moyennant un peu de matériel et des plans découvert dans le décors, ces derniers ne serviront le plus souvent qu'à distraire les menaces humaines, l'attention portée aux indices auditifs (bruit de pas dans les conduites d'aération, montée en puissance de la musique, porte qui s'ouvre curieusement à quelques pas), sont les meilleurs révélateurs qu'il est sur la trace d'Amanda.

 

Au top de la chaine alimentaire


Lui ? C'est l'Alien bien entendu, créature seule (comme dans le 1er film donc) mais largement suffisante car disposant d'une IA impressionnante de sadisme. Magnifique dans son apparence directement tiré des designs de HR Giger, superbe dans ses animations et ses attitudes prédatrices, l'Alien scrute la station à la recherche du plus petit indice de la présence du joueur, revenant à la charge au moindre bruit trop important, au simple objets qui tombe malencontreusement sur le sol, où à la vue d'un léger mouvement dans la pénombre. Le tueur ultime est de retour et Amanda est une simple proie qui doit, tout en tentant d'explorer et d'échapper des lieux, s'extraire de ses griffes en avançant lentement, se cachant dans un placard dès que le 6ème sens se met à sonner comme un carillon, toujours en scrutant fiévreusement son antique détecteur de mouvement horriblement bruyant. Et même cela ne suffira pas toujours, car l'Alien est doué et les points de sauvegarde (non automatiques) sont rarement à portée de main. Du survival horror dans toute sa splendeur et sa terrible efficacité puisqu'en dehors de sens alertes, aucune n'arme n'aide vraiment... Même le fameux lance-flamme qui n'apparait que tardivement, ne réussit finalement qu'à repousser le xénomorphe temporairement. Pour peu que l'on se prenne véritablement au jeu, que l'on accepte une difficulté parfois presque injuste, Alien Isolation fait honneur au monstre, lui rendant toute sa superbe, sa dangerosité. Dès lors les allers-retours un peu poussifs dans certaines sections du décor, la construction un poil rébarbative en couloirs écrasants, le manque de précision dans les interactions avec certains éléments de l'environnement et les déverrouillages de porte répétitifs, se font oublier, éclipsés par la tention permanente et d'authentique trouvailles. A l'instar des Lambda, androïdes impassibles aux mouvements de zombies, qui transforment leur mission d'agent de sécurité en massacre froid des derniers survivants. Ici, Amanda est vraiment seule contre tous, isolée.

Nathanaël Bouton-Drouard
















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Impossible de parler du traitement technique du jeu sans replacer à nouveau l'excellence maitrisée de la direction artistique du jeu, jubilatoire dans son travail sonore, autant que dans la prépondérance des éclairages volumétriques, la reconstitution des textures et la finesse (dans tous ses aspects) de l'alien. Impressionnant. Le titre n'est cependant pas exempte de petits défauts avec tout d'abord des temps de chargement assez longs (d'autant plus agaçants lorsque le joueur se fait bouffer comme une danseuse pour la 10ème fois), certains éléments de décors assez fades et des visages des personnages humains pas aussi naturels qu'on l'aurait voulu. On y ajoute des imprécisions dans la prise en main et quelques petits ralentissement intempestifs... Des broutilles franchement à coté des purges précédentes distribuées par SEGA.

 
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