FIRE EMBLEM FATES
Fire Emblem If - Japon - 2015
Image plateforme « Nintendo 3DS »
Image de « Fire Emblem Fates »
Genre : RPG
Musique : Inconnu
Développeur : Intelligent Systems
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Nintendo
Date de sortie : 20 mai 2016
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Fire Emblem Fates »
portoflio
LE PITCH
Deux royaumes sont sur le point d'entrer en guerre. Quel camp choisirez-vous? Prince d'Hoshido élevé par la famille royale de Nohr, vous êtes déchiré entre deux familles. Si vous choisissez Héritage, vous combattrez le roi corrompu de Nohr aux côtés d'une famille qui vous est étrangère. Si vous optez pour Conquête, vous devrez vous battre pour changer le royaume de l'intérieur.
Partagez sur :
la voie du guerrier

Ressuscitée en 2012 avec un Awakening qui porte bien son nom, la saga Fire Emblem est redevenue un incontournable du Tactical RPG, imprégnant le grand public de son système de jeu idéal et replaçant les personnages au cœur de l'aventure. Attendu non sans fébrilité, Fire Emblem Fates peut-il faire mieux ?

Tous deux sortis sur la même 3DS (même si la mouture New 3DS est sensiblement plus rapide), ces deux derniers opus partagent naturellement un même ADN. Retravaillant la source inépuisable des premiers jeux sortis sur Famicom puis Super Nes, l'enrobant légèrement de quelques habillages plus élégants. Ici une fois encore le champ de bataille se pratique comme une partie d'échec, où chaque troupe amie et ennemie possède ses propres capacités (corps à corps, magie, tir à distance, montures...), équipements, mais aussi forces et faiblesses selon un système triangulaire qui a fait ses preuves. Carrément rodée sur la question, l'équipe d'Intelligent Systems dispose encore des terrains savamment construits, impactant sur le rythme et la géographie des avancées, n'hésitant pas même à rajouter quelques éléments plus exotiques comme les orbes ou balistes fixes qui font des attaques de zones, ou les veines dragunaires qui elles transforment littéralement la réalité (apparition de pont, séismes, tempêtes...). Bien entendu ces options ne sont accessibles qu'à certains types de pions. Stratégiquement implacable, Fire Emblem Fates n'oublie pas de polir ses atours RPG (montée de niveau, changement de classe...) et se révèle une nouvelle fois un Tactical passionnant, intelligent et surtout tendu.

 

sword & destiny


Si l'idée d'Awakening était d'ouvrir cet univers aux nouveaux joueurs en réduisant clairement la difficulté, celle de Fates est de cajoler ces derniers venus en renouant avec un mode moins transgressif incluant à nouveau la mort irréversible. Voilà le vrai jeu, oui punitif, mais qui change d'office les enjeux de chaque confrontation où chaque attaque ou déplacement devient le sujet de questionnements drastiques. Pas sûr que cela aux goûts de tout le monde, mais cette omniprésence de la mort est l'une des grandes forces de l'épisode, surtout que le scénario même peut la jouer excessivement cruelle lors de retournements choquants. Petit bijou d'écriture, autant par son construction en feuilleton que pour le développement constant des nombreux personnages, jouables ou non, le soft a été confié à un véritable scénariste, Shin Kibayashi, mangaka du célèbre Les Gouttes de Dieu. Un regard plus adulte qu'à l'accoutumé, qui questionne constamment les filiations, les notions de destin, la fatalité, sans jamais oublier d'emporter le tout dans un véritable souffle épique, une fresque colossale. D'autant qu'une fois encore, l'épisode est scindé en plusieurs voies, symbolisées par les cartouches Héritage et Conquête, plaçant le héros ou l'héroïne dans l'un des deux camps, les Hoshido (type samouraïs et ninjas) ou les Nohriens (canons classiques de l'Heroic Fantasy), après une première petite heure commune. Le second se montrant un poil plus ardu, l'idée est surtout que les deux chemins se répondent et se complètent poussant le joueur à se procurer (ou télécharger) les deux faces de cette pièce, auxquels vient s'ajouter Révélation, uniquement en dématérialisé, et censé achever le triptyque par un revirement dimensionnel pas si éloigné de celui d'Awakening. Un peu dur pour le porte-monnaie certes, mais le tableau global mérite l'investissement, autant de ce coté là, qu'émotionnel.

Car bien entendu tout se tisse graduellement sur la durée, lors des coopérations dans l'arène (en étant côte à côte, l'un offre des petits bonus de stats à l'autre), mais aussi lors des récréations dans un château vaguement personnalisable, par le biais de petites conversations casuals, tour à tour comiques, burlesques ou profondes. Mieux, le héros ou l'héroïne peu même se lancer dans une relation romantique (hétéro ou homo, toujours bien quand la question ne se pose même plus)... avec un mini-jeu type caresse de l'écran tactile un peu douteux et inutile. La seule fausse note du titre d'ailleurs. A tout cela s'ajoute aussi la gestion sommaire de la demeure, un petit coté tower-dungeon lorsque le street-pass lance une invasion d'un joueur extérieur et l'élevage d'un mignon dragon venant apporter une aide notable dans la défense des lieux. De petits plus, pour un Fire Emblem de toute façon des plus impressionnants, voir plus simplement le meilleur de toute son histoire.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Techniquement, Awakening avait aussi été une jolie surprise, développant un habillage plus léchée que d'habitude, usant à très bon escient des capacités de la console, tout en préservant les codes esthétiques (in battle surtout) de la saga. Sans détour, Fates ne fait que légèrement peaufiner le moteur du jeu, avec des textures, des modélisations, d'un acabit équivalent. Si l'on pourra noter quelques intérieurs en 3D pas toujours des plus fines, les arts des personnages sont vraiment magnifiques, les petites animations de combat pleines de détails, plus visibles encore avec le relief enclenché. Mais ce qui séduit le plus ici restent les très belles musique d'accompagnement, variées et grandiloquentes, et les cut-scenes soit en 2D traditionnelle soit en 3D cell-shadé (parfois mélangé), aussi agréables à l'œil qu'efficacement mises en scène. Le tout est bien entendu proposé dans une version doublée anglaise, mais avec des textes français à la traduction carrée.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023