FURI
France - 2017
Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « Furi »
Genre : Action
Musique : Divers
Développeur : The Game Bakers
Durée : faible
Langue : Français
Distributeur : The Game Bakers
Date de sortie : 11 janvier 2018
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Furi »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Enfermé depuis des lustres, un homme appelé Rider est réveillé par un inconnu portant un masque de lapin. Ce dernier lui propose un plan simple pour s’évader de sa sinistre prison : éliminer tous les gardiens qui se dressent sur sa route.
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Rapide et furieux

Nouvel El Dorado de la scène indépendante, la Switch accumule les portages de titres déjà parus sur les supports concurrents. Il n'est donc pas surprenant de voir Furi suivre le même chemin.

Le contraire aurait même été incompréhensible, tant l'accueil qu'il a reçu lors de sa première sortie a été chaleureux. Il faut dire que Furi a tout pour s'attirer les faveurs du public et de la critique, particulièrement en France : non seulement, il s'agit d'une production locale, née chez les montpelliérains de The Game Bakers, mais, en plus, il puise son inspiration dans un certain Age d'Or du jeu vidéo, représenté par des références telles que Hideki Kamiya, Shinji Mikami ou Suda51, directement cités et remerciés dans le générique de fin. Furi mise donc sur l'action avant tout, quitte à ce que le reste soit très épuré. C'est pourquoi il se présente sous la forme de ce que l'on appelle un Boss Rush : pas de plate-forme, pas d'exploration, ni même de système de progression fondé sur l'acquisition de points d'expérience. Uniquement des combats en duel qui se succèdent, entrecoupés seulement par des séquences contemplatives servant à distiller au compte-goutte quelques éléments de l'histoire. Si ces interruptions semblent, à première vue, ralentir le rythme de la progression, ce sont surtout quelques respirations bienvenues entre ces face-à-face toujours plus éprouvants.

 

le gardien est la clef


Les créateurs de Furi ont ainsi voulu revenir à une certaine simplicité dans le concept général de leur œuvre et, surtout, offrir un véritable challenge. Tout cela dans le but de laisser un véritable sentiment de satisfaction à ceux qui surpassent chaque épreuve après s'être obstiné des heures durant. L'idée a su séduire les joueurs les plus acharnés, mais il faut tout de même reconnaître que la balance entre punition et plaisir manque quelque peu d'équilibre. On ressent bien, d'une part, une véritable affection pour les grands jeux d'action japonais, à travers les combats aussi nerveux qu'exigeants et un système qui se veut simple sans être simpliste. Malheureusement, il ne se montre pas aussi souple que les ténors du genre. Le dash, par exemple, souffre d'un léger temps de latence qui rend l'esquive parfois délicate, au point d'imposer le par cœur au détriment des réflexes pures. Il en découle même que la mécanique de Parry, qui consiste à bloquer une attaque avec un timing précis, devient une contrainte imposée plus qu'une technique que l'on intègre progressivement à son jeu ; une technique qui peut s'avérer d'autant plus difficile à utiliser à cause des animations un peu sèches des personnages, même si la fenêtre d'action assez large permet quelques sauvetages miraculeux. En outre, certaines séquences, comme celles où l'on doit esquiver des rideaux de balles jusqu'à ce que l'ennemi puisse à nouveau être atteint semblent avoir été conçues pour faire durer artificiellement les combats.

 

pas de gloire sans péril


Pourtant, si Furi s'est attiré tant de louanges, c'est qu'il remplit son principal objectif, et un peu plus encore. Le système de combat épuré cache quelques secrets qui permettent, après de nombreux échecs, de sortir vainqueur face à ces boss qui sont autant des combats à mort que de véritables puzzles dans leur fonctionnement. Du coup, chaque victoire devient un moment de plénitude bien mérité. Car, malgré les écueils relevés, chaque épreuve demeure surmontable, quelque soit le niveau de sadisme des créateurs. L'équipe de The Game Bakers a également mis les petits plats dans les grands pour donner un véritable cachet à leur production. Ils ont notamment fait appel à l'artiste Takashi Okazaki, auteur et illustrateur d'Afro Samurai, pour créer cet univers aux couleurs flashy. Le style graphique fait d'ailleurs écho à l'habillage musical Synthwave auquel ont participé de grands noms du genre comme Carpenter Brut, The Toxic Avenger ou encore Waveshaper, entre autres. Cette association à la saveur très années 80 rappelle d'ailleurs l'aspect nostalgique des mécaniques de jeu qui forme de cette manière un ensemble cohérent, même si on peut être déçu par le dénouement de l'aventure, quand un protagoniste que l'on ne connaît pas dans un contexte tout aussi mystérieux se retrouve face à un dilemme dans lequel il est difficile de se sentir impliqué. Ceux qui considèrent plus le voyage que la destination n'auront que faire de ce détail ; mais il faut garder en tête que la route est loin d'être de tout repos.

Comme de nombreux jeux indés qui veulent rappeler l'époque où le challenge était roi, Furi a tendance à quelque peu négliger le plaisir pour tout miser sur le challenge. Le public réceptif, lassé par des blockbusters qui laissent de moins en moins place aux Game Over, y a tout de même trouvé son bonheur. Mais, pour les autres, il vaut mieux savoir où l'on met les pieds, sous peine de se mordre les doigts.

Benoit Barny
















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Si Furi impose un challenge relevé aux joueurs, ses développeurs ont également du faire face à leurs propres défis. Leur but était de faire tourner le jeu de manière aussi fluide sur Switch que sur les autres plates-formes plus performantes et cela ne s'est pas fait sans quelques sacrifices, à l'image des séquences shoot'em up ici moins chargées en boulettes. La différence ne saute pas aux yeux, mais ces phases de jeu semblent, du coup, légèrement plus faciles sur la machine de Nintendo. Cette mouture n'échappe toutefois pas à quelques micro-ralentissements, heureusement assez rares et discrets pour ne pas vraiment gêner la progression ; ils peuvent tout juste servir d'excuse de « sac » pour justifier quelques ratés, même si les pièges vicieux des game designers les expliquent déjà très bien. Enfin, cette version Switch est l'occasion de jouer à Furi où l'on veut : le format nomade ne gâche en rien la maniabilité à partir du moment où l'on se sent à l'aise avec l'usage des Joy-Con.

 
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