KINGDOM HEARTS III
Japon - 2019
Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
Image de « Kingdom Hearts III »
Genre : Action
Développeur : Square-Enix
Durée : élevée
Langue : Anglais sous-titré français
Distributeur : Square-Enix
Date de sortie : 25 janvier 2019
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Kingdom Hearts III »
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LE PITCH
Voyagez à travers divers mondes Disney et Pixar avec Sora, un jeune garçon qui a hérité sans le savoir un pouvoir extraordinaire. Avec l'aide de Donald et Dingo, il doit empêcher les maléfiques Sans-cœur d'envahir l'univers. Sora, Donald et Dingo font équipe avec des personnages Disney-Pixar cultes pour surmonter toutes les épreuves et tenir tête aux ténèbres qui menacent leurs mondes.
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Disneyworld

Pour les afficionados de la franchise Kingdom Hearts, ce troisième volet « officiel » est une authentique arlésienne. Pensez donc, Kingdom Hearts II, sorti sur la vénérable Playstation 2, date de 2005 ! Quatorze ans d'attente pour un monstre vidéoludique certes très riche mais loin d'être facile à digérer.

Pilier de la maison Square au même titre que le légendaire Hironobu Sakaguchi, Tetsuya Nomura est sorti de l'ombre en signant la réalisation du premier Kingdom Hearts en 2002. Cette rencontre entre le RPG nippon et l'univers coloré de Walt Disney, improbable exercice de synthèse culturelle s'il en est, c'est SON bébé. Dès lors, il est compréhensible qu'il ait voulu prendre son temps pour soigner dans les moindres détails un opus qui se voudrait définitif dans (presque) tous les sens du terme. Cette démarche ultra-perfectionniste témoigne d'une sincérité en béton armé et du respect quasi-religieux d'une fanbase fidèle.
Dans les faits, Kingdom Hearts III ne déçoit pas un seul instant et s'attache à développer autant que faire se peut une mécanique de jeu classique mais exigeante. Ce RPG à la troisième personne ne se contente pas d'alterner les phases d'exploration et de combat en temps réel mais ajoute aussi quantité de mini-jeux à débloquer, allant du plaisir rétro d'un bon vieux Game & Watch (effets sonores d'époque à l'appui) à la leçon de cuisine avec ce bon vieux Ratatouille. Les voyages d'un monde à l'autre à bord du « Gummiship », le vaisseau spatial maison, offrent également un détour par le shoot'em up tendance Starfox et Space Invaders. Le mélange des genres est total et jouissif.
Bien sûr, une portion non négligeable de l'attrait généré par Kingdom Hearts III provient des franchises Disney et Pixar avec des guest stars qui se bousculent au portillon : Raiponce, La Reine des Neiges, Toy Story, Pirates des Caraïbes, Tic & Tac, l'oncle Picsou et bien d'autres encore répondent présent avec un rendu au plus proche du matériau d'origine. Soit un festival de couleurs et de références qui s'étalent avec une générosité imparable dans des niveaux tellement vastes qu'il faut parfois plus d'une heure pour passer d'un point de sauvegarde au suivant.

 

précédemment...


Malgré un gameplay réactif qui tente (et réussit!) le grand écart entre une prise en main instinctive et immédiate et une technicité ahurissante nous poussant à abandonner très vite des enchaînements trop basiques, Kingdom Hearts III ne s'adresse pourtant pas à tous les publics. Et ce n'est pas forcément une question de difficulté.
Outre les volets canoniques, la saga Kingdom Hearts s'est agrandie au travers de chapitres intermédiaires disponibles sur différents supports, allant de l'application Android au jeu Nintendo 3DS. Plutôt que d'opter pour des spin-offs indépendants, Tetsuya Nomura et ses acolytes ont pris la décision très contestable d'assurer une vraie continuité, forçant plus ou moins le joueur à se procurer toutes les déclinaisons pour ne pas perdre une miette de la grande histoire feuilletonnesque de Sora et ses amis. Partant d'une base pourtant simplissime, à savoir l'éternel combat du Bien contre le Mal, le scénario de Kingdom Hearts s'est complexifié jusqu'à l'absurde, multipliant réalités alternatives, allers et retours temporels, doubles maléfiques, souvenirs trafiqués et patronymes impossibles à retenir. Si ce troisième volet propose un résumé des épisodes précédents dans un bonus directement accessible par le menu principal, il est presque impossible pour le néophyte de comprendre quoi que ce soit à ce qui se passe. Pour un jeu qui aurait pu et qui aurait dû servir de point d'entrée dans un univers à priori fédérateur, c'est malheureusement raté. Un faux pas avec de sacrés effets secondaires d'ailleurs, puisque la convergence de ces multiples lignes narratives aboutit à une avalanche de cut scenes et de cinématiques interminables qui ralentissent la progression et jouent parfois avec les nerfs. Et si les intermèdes scénarisés ne viennent pas à bout de votre patience, il y a de fortes chances pour que les tutoriels (qui continuent de débouler, même au bout de cinq heures de jeu) achèvent le boulot. Ces lourdeurs de conception handicapent un soft que son inventivité et sa beauté promettaient pourtant aux sommets du genre.

Faute de limpidité et de légèreté, Kingdom Hearts III devra donc se contenter d'être « seulement » un très bon jeu. Si un quatrième volet devait voir le jour, on ne saurait que trop conseiller à Tetsuya Nomura de faire table rase du passé et à prendre des leçons de narration chez Pixar et Disney. Ce talent est sans doute le seul qui lui manque mais il lui fait cruellement défaut.

Alan Wilson












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Le moteur graphique Unreal, poussé dans ses ultimes retranchements, assure à Kingdom Hearts III une fluidité de tous les instants. Mais le plus épatant demeure la gestion des ruptures de styles. En jouant sur les volumes et par le biais de simples effets de lumières, discrètement et judicieusement déclenchés à des moments clés, le jeu parvient à tirer un trait d'union crédible entre des univers visuellement peu compatibles. Passer des grands aplats de couleurs pastels d'Hercules aux intérieurs parisiens et feutrés du restaurant de Ratatouille avant de s'en aller explorer la chambre d'Andy dans Toy Story n'était pas chose aisée. Un tour de passe-passe virtuose !

 
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