LANFEUST ODYSSEY T.4 : LA GRANDE TRAQUE
France - 2012
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Dessinateur : Didier Tarquin
Scenariste : Christophe Arleston
Nombre de pages : 52 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 21 novembre 2012
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Lanfeust, accompagné de ses 4 nouvelles épouses et d’Hébus, est parti à la recherche de Ryplëh, le jeune sage du Conservatoire d’Eckmül, témoin de l’assassinat de Nicolède et le seul à pouvoir l’innocenter de ce crime. Mais Qynostre, le sage devenu Vénérable, a lancé à sa poursuite Zakhöl, le terrible demi-troll. Il doit retrouver Ryplëh avant Lanfeust et à tout prix l’éliminer, s’il veut garder les pleins pouvoirs....
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Wanted

Lanfeust de Troy devenu Lanfeust des étoiles puis Lanfeust Odyssey, avec entre temps un inutile Lanfeust Quest au format manga, il est clair qu'il y a de quoi s'y perdre. Pourtant, en dépit d'un démarrage assez faible, la dernière série du blockbuster de Soleil a manifestement retrouvé la lumière. 

 

Pas toujours facile de devenir une star dans le milieu de la bande dessinée, en particulier lorsque son nom est à ce point attaché à une saga extrêmement populaire. D'une certaines façon, c'est le problème de Didier Tarquin et Christophe Arleston, qui auréolés de l'énorme succès de la première série Lanfeust de Troy, durent imaginer une suite étrangement spatiale, mais qui réussissait, fort heureusement, à préserver la savoureuse formule de l'original : aventure, castagne, jeux de mots hilarants et un érotisme adolescent aussi irrésistible que les courbes de la caractérielle Cixi. Tout ça pour en arriver au cas Lanfeust Odyssey, « troisième saison », qui comme l'avoue aisément Tarquin (voir notre interview) n'était pas franchement à la hauteur. Des graphismes moins fouillés et plus caricaturaux, un humour dans les choux et surtout cette sensation désagréable que les auteurs étaient incapables de trouver un vrai nouveau départ. Si l'idée qu'à son retour sur terre, le héros et son compagnon troll débarquent avec une ellipse de 20 ans était plutôt bien vue, faisant ainsi des héros de Troy de véritables légendes, tout le scénario s'empressait de jouer les remakes-reboots fastidieux. Ce diptyque est devenu presque anecdotique, tant dès Le Banni d'Eckmüll la série se rachète une conduite, balance le faux démarrage aux oubliettes, et se construit désormais comme une véritable nouvelle saga en forme de fuite effrénée.

 

2 et 2 font 4

 

Une énergie que l'on retrouve pleinement dans La Grande Traque, véritable florilège de la personnalité de ses auteurs qui s'amusent à nouveau comme des petits fous. Plongée sous une pluie ininterrompus de détournements et de blagues à deux balles (la chanson dédiée à Lanfeust est un régal), succession frénétique de chutes, de poursuites et de bagarres plus rocambolesques qu'épiques, l'album se déguste comme un divertissement parfois un peu gras ou trop sucré, mais définitivement généreux et particulièrement bien calibré. Toujours aussi admirable est cette manière qu'a la série de jouer avec avidité sur les attentes de son lectorat adolescent, s'appuyant sur des sous-entendus parfois graveleux, ne déguisant pas les formes des quatre épouses (manifestement pressées de satisfaire leur époux) de ce pauvre Lanfeust, mais sans jamais se vautrer dans la vulgarité. Un bon équilibre, apte à réjouir les plus vieux, et qui permet dès lors d'afficher une heroic fantasy purement française dans ce qu'elle a roublarde, mais aussi d'attachante. Un vrai retour aux sources, comme une nouvelle jeunesse pour la série, qui en plus induit entre quelques marrades un véritable approfondissement de l'univers désormais archi-connu, qui devrait nourrir les futurs Lanfeust Odyssey jusqu'à un 8ème tome. Une bonne nouvelle, d'autant que les dessins de Didier Tarquin montrent définitivement une reprise de la courbe de croissance, réussissant un savant mélange entre esprit cartoony, dynamisme et un sens du détail bienvenu pour crédibiliser les paysages et créatures croisées au cours du périple. Une odyssée qui ne changera pas le visage de la BD hexagonale, certes, mais qui offre d'excellents moments.

Nathanaël Bouton-Drouard




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