TARZAN PAR BURNE HOGARTH T3
Etats-Unis - 1941/1943
Image de « Tarzan par Burne Hogarth T3 »
Dessinateur : Burne Hogarth
Nombre de pages : 116 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 7 novembre 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Tarzan par Burne Hogarth T3 »
portoflio
LE PITCH
Découvrez ou redécouvrez dans une version restaurée les aventures de Tarzan, légendaire personnage créé par Edgar Rice Burroughs et dessiné par Burne Hogarth.
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Le cri et la vigueur

Grand héros classique des médias populaires, Tarzan a tellement été revisité sous toutes les formes que l'on en oublierait presque qu'il était au départ le personnage d'une série de romans fantastiques signés Edgar Rice Burroughs (oui, le même que John Carter From Mars). Et dans les années 30/40 la jungle-mania battait son plein, l'homme au pagne voltigeant de liane en liane dans une pléthore de films produits par la Warner, et occupant aussi le quotidien de lecteurs avides d'informations et d'aventures via la publication d'une page hebdomadaire dans les journaux du coin.

 

Si dans les esprits Johnny Weismuller a marqué de son allure de nageur l'iconographie de l'homme singe, son empreinte n'est pourtant rien à côté de celle de Burne Hogarth. Un artiste qui reprit les aventures de Tarzan après la désaffection de Hal Foster (lancé dans l'aventure Prince Vaillant) pour y introduire peu à peu une vision plus baroque, plus exacerbée des récits pulp et improbables des romans. Dans ce troisième tome, le roi de la jungle voyage aux confins de l'Afrique, affronte un émir machiavélique, sauve une tribu de géants d'un nain revanchard transformé en monstre après avoir bu à une étrange source, ou rencontre des guerriers vikings entre deux conquêtes féminines. Un gros melting-pot d'univers et de clichés typiques des serials de l'époque, représentés sous des décors tour à tour naïfs ou baroques, et qui préserve constamment cette fraîcheur attachante où surnage une sexualité refoulée, d'autant plus troublante que le héros et d'autres habitants des bois (dont de très jolies amazones) se baladent à moitié nus, tout juste recouverts de quelques peaux de bêtes.

 

en attendant jane

 

La jungle nue comme dirait Phillip José Farmer, en particulier lorsque Burne Hogarth imprègne son personnage d'une dynamique visuelle incroyable. Là ou Russ Manning s'efforcera de faire ressortir la noblesse presque anglaise du descendant de Greystoke, le comics trip en présence en souligne l'animalité glorieuse : un regard souvent noir, méfiant, mais surtout un corps extraordinairement athlétique dont chaque muscle ressort avec un sens de l'anatomie indéniable. Souvent appelé le Michael Ange des comics, l'artiste travaille chaque attitude, chaque mouvement, chaque intention de Tarzan en exacerbant l'impulsion, la pose, comme si mu par sa légende, ce dernier devenait une statue vivante. Le John Buscema de Savage Sword of Conan saura s'en souvenir, le Glen Keane du studio Disney aussi, jusqu'aux parodies hilarantes de ce cher Gotlib dans les Rubrique-à-brac : ce Tarzan est définitivement celui qui a marqué le plus la bande-dessinée internationale. Quitte d'ailleurs à ce que ces illustrations à la virilité exacerbée et à la musculature noueuse se transforment parfois en spectacle homo-érotique avant-gardiste, où l'homme sauvage se lie d'amitié avec les hommes et les animaux, combat les injustices, sauve les êtres fragiles et châtie les mécréants. Toujours nimbé de ce manichéisme d'un autre âge, d'une vision patriarcale désarçonnante (aah ces femmes !), Tarzan se déguste un sourire aux lèvres et un verre de brandy à la main.

Nathanaël Bouton-Drouard


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