TANK GIRL T1 à 3 + LES DESSOUS DE TANK GIRL
Tank Girl Remastered + The Cream of Tank Girl - Angleterre - 1988/1996
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Dessinateur : Jamie Hewlett
Scenariste : Alan Martin
Nombre de pages : 0 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 10 juin 2010
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Dans une Australie post-apocalyptique, la corruption et la loi du plus fort forment les piliers d’une société ultra-violente où blancs, aborigènes et kangourous mutants survivent tant bien que mal. Parmi eux Rebecca, jeune libertaire bordélique, ne se déplace qu’en tank. Anarchique et mal embouchée, « Tank Girl » vit à la marge d’une société qu’elle méprise. Vingt ans après, la belle pilote de blindé reste toujours aussi sexy et déjantée.
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L'amour au bout du canon

Surtout connu pour un passage malheureux sur grand écran, Tank Girl fait partie de ces grandes explosions créatives qui émaillent l'histoire de la BD. Une œuvre finalement très (trop) courte, qui a désormais droit à une édition exhaustive chez Ankama Editions. Et c'est foutrement indispensable !

 

Véritable phénomène de la pop culture de la fin des années 80, Tank Girl n'était pourtant au départ qu'une vaste blague signée par deux sales gosses habitués aux fanzines et aux projets avortés. Une pin-up bodybuildée armée d'un gros canon avec un tank en arrière plan... Et le rédacteur en chef du tout nouveau magazine Deadline de commander à Martin et Hewlett une premier histoire de quelques pages. Immédiatement figure de proue de la revue, la miss badass vulgaire, devenue bien plus menue et sexy mais cradingue et surtout massacreuse de kangourous mutants bikers, devient l'idole de la vague underground post-punk. Adeptes de l'irrévérence totale et d'une vision du 9ème art totalement déconnante, ses deux créateurs la décrivent comme une Mad Max sous acide, portée sur le cul et la violence gratuite. Déclinée en une multitude de courtes histoires plus ou moins compréhensibles, la série Tank Girl va alors connaître son âge d'or jusqu'en 1996, suite à la perte de crédibilité causée par la sortie du film de Rachel Talalay, une adaptation calamiteuse incapable de saisir l'essence du personnage. C'est que justement, malgré l'iconographie visuelle très reconnaissable de Hewlett (qui est devenu depuis le co-créateur et designer du groupe Gorillaz), la véritable force de Tank Girl est d'être parfaitement insaisissable. D'un assaut sur la mafia locale car on lui a vendu une bière au goût de pisse, à la recherche de la fontaine de jouvence (planquée dans la campagne anglaise) en passant par une invasion de zombies afro, c'est carrément le grand n'importe quoi !

 

rebel without a cause


Si, influencées par la vague post-apo et curieusement par le succès de Crocodile Dundee, les origines de la petite bombe sur pattes se déroulent dans une Australie largement fantasmée, très vite, l'aspect actioner explosif et vaguement scénarisé laisse plus largement la place à de véritable trips multi-référencés (en particulier à la musique pop british de l'époque), jamais très loin des expérimentations surréalistes. L'oeuvre joue aux sautes narratives, mélange les superbes illustrations de Hewlett avec des effets de collages ou met directement en scène les deux auteurs, comme une méta-œuvre jamais pompeuse mais délicieusement absurde. Difficile de résumer en quelques lignes le bordel réjouissant et anarchique que représente Tank Girl tant celle-ci évolue au gré du temps et des envies, emportant le pauvre Booga (kangoroo amant et souffre-douleur) dans ses bagages. Et il fallait bien pour s'y retrouver un peu qu'Ankama traduise en France (enfin !) l'intégralité du matériel d'origine sous la forme de trois volumes définitifs proposant l'intégralité, dans l'ordre chronologique, de cette ôde libertaire au rock, au spiff et à la bière, chaque manuscrit cartonné se voyant présenté par le scénariste Alan Martin. Les trois albums sont d'ailleurs complétés par le très joli art-book Les Dessous de Tank Girl, comprenant outre une sélection d'illustrations inédites, de l'intégrale des couvertures (dont certaines signées Simon Bisley !) ou de croquis, quelques courtes histoires rarissimes dont certaines autres créations infructueuses (mais tout aussi réjouissantes) du duo. Une collection indispensable qui devrait rapidement être complétée par la toute récente résurrection signée Alan C. Martin et Rufus Dayglo, et (espérons le), l'excellent Tank Girl Odyssey avec l'indispensable Peter Milligan (X-Statix) à la plume.    

Nathanaël Bouton-Drouard




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