LOCKE & KEY T1: BIENVENUE à LOVECRAFT
Locke & Key : Welcome to Lovecraft - Etats-Unis - 2008
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Dessinateur : Gabriel Rodriguez
Scenariste : Joe Hill
Nombre de pages : 168 pages
Distributeur : Milady
Date de sortie : 19 novembre 2010
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Keyhouse : un étrange manoir de la Nouvelle-Angleterre. Un manoir hanté, dont les portes peuvent transformer ceux qui osent les franchir… Après le meurtre brutal de leur père, Tyler, Bode et Kinsey découvrent leur nouvelle demeure, croyant y trouver le refuge dont ils ont besoin pour panser leurs plaies. Mais une ténébreuse créature les y attend pour ouvrir la plus terrifiante de toutes les portes…
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Le secret au fond du puits

Dès que l'on apprend qu'un nouveau comics a attiré l'œil de producteurs pour une adaptation au cinéma ou à la télévision (en l'occurrence, c'est prévu pour la petite lucarne), on a souvent tendance à tendre l'oreille, et ce en particulier lorsque c'est Steven Spielberg qui fait part de son intérêt.

Mais il ya toujours une certaine part de méfiance, de nombreux auteurs ayant pris l'habitude de travailler leurs scénario en les calibrant pour ce genre d'opportunité. Une fois Locke & Key en main, la moindre réserve est toutefois balayée d'un coup de frôlement de papier glacé, ne serait-ce que grâce aux planches dynamiques et particulièrement expressives de Gabriel Rodriguez (Clive Barker's The Great and Secret Show, George A. Romero's Land of the Dead). Une rondeur et un sens du mouvement très latino, qui a priori ne paraît pas très adapté à un récit d'horreur mais qui, pourtant, fait mouche dans sa manière d'aborder les regards et d'apporter une touche de magie plus enfantine à l'ensemble. Car s'il est clair que la série Locke & Key trifouille admirablement les tréfonds de l'âme humaine et fait rejaillir quelques terreurs ensevelies (comme l'atteste l'hommage appuyé à H.P. Lovecraft), ce premier album apporte une ambiance plus mystérieuse que glaçante, plus inquiétante que terrifiante, une maison et ses étranges clefs ouvrant sur des mondes étranges entre la vie et la mort.

 

portes ouvertes


Inutile de préciser que tout cela fait souvent penser à un mariage torride entre Clive Barker et Neil Gaiman, notamment grâce à une capacité à inventer magistralement un univers entier devant les yeux du lecteur. Amusantes références pour un romancier (Le Costume du mort, Fantômes histoires troubles) qui signe là son tout premiers comics, mais dont la généalogie révèle un paternel imposant : ni plus ni moins que Stephen King. Et force est de constater que comme son « papounet », Joe Hill se montre particulièrement doué pour tisser les fils du destin tragique de cette petite famille poursuivie par un serial killer et menacée par une étrange créature issue du passé. Les dialogues sonnent toujours justes, les personnages sont particulièrement fouillés, entre trauma, culpabilité et résilience, et permettent par la même de crédibiliser toutes les outrances.  Prenant de bout en bout, surprenant dans son mélange de rêverie enfantine et  de thriller glauque, ce premier album réunissant les six premiers fascicules édités aux USA par IDW et travaillant comme une introduction éreintante, transforme tous les curieux en fans immédiats. Décidément Milady a vraiment le don pour nous dénicher de grandes séries.

Nathanaël Bouton-Drouard


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