LA DAME EN NOIR
The Woman in Black - Angleterre - 2012
Image de « La Dame en noir »
Genre : Horreur
Réalisateur : James Watkins
Musique : Marco Beltrami
Durée : 95 minutes
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Date de sortie : 14 mars 2012
Film : note
Jaquette de « La Dame en noir »
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site officiel
LE PITCH
Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus é...
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If I had a Hammer

Un studio revenu dans la course du fantastique gothique grâce à l'excellent remake de Morse, un jeune acteur principal tout juste sorti de la fresque Harry Potter, et se retrouvant au carrefour d'une vraie carrière adulte, la co-scénariste fétiche de Matthew Vaughn devant encore prouver sa valeur en solo, un réalisateur jusqu'ici connu pour deux survivals qualitativement très éloignés, une œuvre originale déjà adaptée pour le théâtre... C'est peu dire que le cocktail de La Dame en noir s'annonçait explosif et, à l'écran, avait autant de chances d'imploser.

 

Le nouveau logo de Hammer, dont le concept s'inspire ouvertement de celui de Marvel, en dit long sur la volonté du studio d'inscrire La Dame en noir dans l'héritage d'un certain cinéma gothique. Et de fait, si les effets de montage d'une séquence d'ouverture musicale (pour ne pas dire clippesque, dans le bon sens du terme) affirment la modernité de l'œuvre, son esprit, lui, reste bien le même que les joyaux B que Terrence Fisher pouvait nous livrer à la fin des années 1950. Coutumier de l'horreur pour avoir réalisé Eden Lake (une bombe) et écrit The Descent 2 (un nanar cosmique), deux longs-métrages s'inscrivant au-delà de leurs ambitions thématiques dans une vraie logique d'exploitation, James Watkins se plie avec délectation au cahier des charges à l'ancienne de La Dame en noir, ressuscité par un script judicieux et prenant de Jane Goldman (Stardust, Kick-Ass, X-Men First Class), adapté d'un roman et d'une pièce londonienne suffocants. Un scénario jonché de poncifs en tous genres, de stéréotypes et de codes antédiluviens, mais tous organisés, réexposés avec une passion et une fraîcheur étonnantes, facilitant l'identification dès la première bobine.

 

Marche funeste

 

Contrebalançant la distance présupposée du cinéma en costume en posant de façon très intime des enjeux intemporels, Goldman lance Watkins dans la bonne voie. Ce dernier n'en déviera pas jusqu'à la dernière bobine, refusant de contrarier le projet initial en le teintant d'un post-modernisme à la mode. Affichant un premier degré imperturbable de la première à la dernière image, le cinéaste croit dur comme fer à son sujet, au point de retourner les pièges du genre à son avantage, notamment lors d'une épique séquence de maison hantée (20 minutes au bas mot) tellement jusqu'au-boutiste qu'elle en devient terrifiante. Par-dessus tout, Watkins parvient à saisir l'essence impalpable de son sujet en faisant souffler de véritables relents de Mort sur l'intégralité de la projection, la Grande Faucheuse hantant le moindre pavé, le moindre brin d'herbe, le moindre centimètre carré de boue de ce bourg maudit, condamné par un fantôme particulièrement cruel. Pas étonnant dès lors que la seule note d'espoir du long-métrage se trouvera dans la mort elle-même, parachevant l'un des objets les plus funestes que nous ait offert le cinéma fantastique depuis longtemps. Vous avez remporté votre pari, Hammer. On en redemande.

Alexandre Poncet



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