FREDDY - LES GRIFFES DE LA NUIT
A Nightmare on Elm Street - Etats-Unis - 2010
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Genre : Horreur
Réalisateur : Samuel Bayer
Musique : Steve Jablonsky
Durée : 100 minutes
Distributeur : Warner Bros.
Date de sortie : 12 mai 2010
Film : note
Jaquette de « Freddy - Les Griffes de la nuit »
portoflio
LE PITCH
Depuis quelques temps, cinq adolescents sont hantés chaque nuit par le même cauchemar oppressant : un homme à la voix caverneuse surgit des ténèbres. Vêtu d'un pull vert et rouge lacéré, il dissimule sous un vieux chapeau son visage atrocement brûlé et défiguré. Sa main droite, gantée, est munie de quatre longues griffes d'acier plus tranchantes que des lames de rasoir...
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Krueger or not Krueger

En ressuscitant son croque-mitaine une dernière fois pour les besoins de Freddy sort de la nuit en 1994, Wes Craven avait su renouer intelligemment avec la thématique du film original, faisant du tueur d'Elm Street une légende urbaine, puisant sa force et sa longévité dans les récits de ses fidèles. Un aspect que Michael Bay et Samuel Bayer n'ont sans doute jamais détecté dans la franchise...

 

Produire un remake des Griffes de la nuit était un pari osé, quand bien même le scénario de Wesley Strick avalisé par Platinum Dunes (le studio de production de Michael Bay à l'origine des remakes de Massacre à la tronçonneuse, Hitcher et Vendredi 13) s'est efforcé dès le départ d'éviter toute comparaison directe avec le chef-d'oeuvre de Craven. Coutumier du fait pour avoir écrit Les Nefs à vif de Martin Scorsese, d'après une série B oubliée de Jack Lee Thompson, Strick décide ainsi très tôt de modifier la genèse du personnage qui, de tueur d'enfants diabolique relâché pour vice de procédure, et incinéré vif par une bande de parents en furie, devient un pédophile malade et pathétique, prenant des photos de ses victimes nues dans la cave de l'école maternelle où il officie. Pas d'arrestation ici, encore moins de vice de procédure, les parents prenant l'initiative de traquer l'énergumène et le brûlant sans préavis. Cette genèse repensée aurait, selon Bay et sa clique, le mérite de relancer la saga sur des bases vierges, et de rendre plus mature le propos quelque peu fantaisiste des films d'origine. Certes, mais l'individu difforme qui harcèle ici les adolescents d'Elm Street dans leurs cauchemars est-il encore réellement Freddy ?

 

A côté de la plaque

 

Hors-sujet jusqu'à rendre illégitime le titre même du long-métrage, le traitement dit "réaliste" dont fait l'objet le croque-mitaine de Craven (jusque dans un maquillage privilégiant des brûlures "crédibles" au détriment d'une approche expressionniste) donne naissance à un tout nouveau personnage, homonyme improbable du tueur que nous adorions détester jadis. Enlevant toute raison d'être à l'attirail iconique du protagoniste (pourquoi porte-t-il un gant dans les rêves, alors qu'il ne l'avait pas encore conçu dans le monde réel ?), traduisant son besoin de détruire l'enfance en des termes bassement psychanalytiques (tout comme Michael Myers chez Rob Zombie, l'allégorie du Mal devient ici, du moins dans les rêves, un banal tueur en série), annulant les thématiques annexes de la série originale (dont cette incommunicabilité entre les adolescents et leurs parents, réduite ici à deux pauvres lignes de dialogues), le film de Bayer repense le matériau dont il s'inspire au point de se délester de son essence. L'occasion de lancer une nouvelle saga filmique, et de s'aventurer en des terres cinématographiques inexplorées ? Que nenni, Bayer reprenant un à un les codes des séquelles d'antan (une blague par-ci, une auto-mutilation par-là et une griffe crissant sur le mur entre les deux), codes qui, vu le traitement scénaristique, n'ont plus aucune signification. En ajoutant un script incapable d'avancer sans l'aide de recherches Internet (les errances googlesques des héros doivent bien occuper un quart de l'intrigue !) et des meurtres d'une platitude affligeante, on obtiendrait sans doute le pire épisode de la série... si le film mettait réellement Freddy en scène.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

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