BACKDRAFT
Etats-Unis - 1991
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Backdraft »
Réalisateur : Ron Howard
Musique : Hans Zimmer
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, italien allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, italien…
Durée : 137 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 11 janvier 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Deux frères, Stephen et Brian McCaffrey, se destinent au métier de pompiers après avoir assisté à la mort tragique de leur père, officier d'élite de la 17e caserne des sapeurs-pompiers de Chicago. Vingt ans plus tard, si Stephen est devenu un pompier émérite, Brian vit de petits boulots. De retour à Chicago, il décide néanmoins de reprendre son entrainement sous l'oeil sceptique de son frère.
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Double foyer

Considéré comme le film définitif sur les valeureux pompiers, Backdraft profite d'une affiche glorieuse et d'une aura indéboulonnable aux USA. Un classique disent certains, mais si le long-métrage conserve effectivement certaines qualité spectaculaires qui lui permettent de garder la tête hors de l'eau, il reste d'une bêtise rare.

Ex-Richie Cunningham, donc ex-gendre idéal pour toute une Amérique nostalgique, Ron Howard entame sa carrière de réalisateur comme un nouvel entertainer adoubé par le duo Steven Spielberg / George Lucas. Mais malgré les succès successifs d'excellents divertissements familiaux comme Splash, Cocoon et Willow, le bonhomme commence à afficher des ambitions plus « oscarisables » et vire de bord aux débuts des années 90 avec Backdraft, célébration pompière (comment s'en empêcher ?) du courage des combattants du feu. Pas franchement connu pour sa subtilité, ni son sens inné de l'ambiguïté humaine (voir Apollo 13, Un homme d'exception, Da Vinci Code et autres friandises), le réalisateur trouve clairement un écho à sa vision binaire dans le script de Gregory Widen (Highlander, The Prophecy), conçu comme un téléfilm calibré pour la ménagère de moins de 50 ans. Pas de risque d'être dérouté dans Backdraft, les clichés et évènements étant cousus d'un fil blanc qui brille dans le noir. Les deux frangins qui ne se réconcilieront qu'au milieu de la fournaise, le père idéalisé et martyr à la cause, le couple en crise à cause d'un métier « trop dangereux », la petite amie de passage du héros (totalement sous-exploité), la camaraderie virile, le politicard véreux... Tout y passe.

 

gravés dans les cendres


On a presque l'impression de tenir là un cas d'école tant le tout s'imbrique avec une poésie du cliché systématique et pourrait au final convenir à tous les milieux de « l'héroïsme quotidien » : la police, la Navy (le film fait beaucoup penser à Top Gun), le SAMU, les éboueurs, les chasseurs et les musiciens de fanfare. Impossible ici de se passionner plus que de raison pour les relations, superficielles, qui relient les camarades entre eux, et encore moins pour l'enquête menée par Robert De Niro (heureusement excellent) sur des incendies étranges où Donald Sutherland fait office d'Hannibal Lecter pyromane (le roman de Thomas Harris est sorti trois ans plus tôt). Tout est désespérément prévisible, déjà-vu. A part forcément le traitement extrêmement ambitieux des séquences phares, plaçant un casting de rêve (Kurt Russell, Scott Glenn...) au centre même d'effets pyrotechniques d'un réalisme saisissant. Bien plus imposant que les images de synthèse actuelle, ces véritables flammes contrôlées par une machinerie complexe sentent le chaud, le danger, et scotchent littéralement le spectateur au fauteuil. Même la mise en scène de Howard, pourtant d'habitude tragiquement sobre, se fait alors plus censée, capable de capturer un regard de panique, une colonne de feu presque surnaturelle, des décors en pleine désintégration et surtout des retours de flammes d'une puissance toujours inégalée. Une efficacité qui ferait presque penser que ce sont les techniciens d'ILM qui ont orchestré l'intégralité du spectacle. Ne reste plus qu'à programmer son lecteur Blu-ray pour ne lancer que ces quelques séquences sans passer par la case prison.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Adulé dans son pays d'origine, Backdraft a été particulièrement soigné par Universal qui a opéré une restauration appréciable pour sa sortie en HD-DVD. Le Blu-ray en présence reprend donc quelques années plus tard le même travail avec un master débarrassé de toutes ses petites fioritures, retrouvant une richesse de couleurs inédite en salle (le rouge des camions est vif et brillant), assumant la profondeur de champ des décors et affichant quelques détails creusés sur le visage des acteurs. Si certains plans dénotent un peu par un léger effet de flou, l'utilisation du réducteur de bruit est pour une fois assez efficace, affichant un léger grain tout en laissant un rendu pellicule (superbes argentiques) qui ne dénature jamais le film. 

 

Son :
Comme toujours Universal privilégie la version anglaise, laissant aux doublages des mixages DTS plutôt factuels (la version française est cependant assez réussie). On préfèrera forcément le DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, pistes inédite concoctée pour la présente édition. Force est de constater que l'aspect spectaculaire y gagne largement, le ronflement des flammes envahissant la pièce tandis que certaines excroissances viennent lécher l'oreille du spectateur. Les explosions, imposantes, rendent les incendies plus crédibles encore, mais c'est surtout dans le détail que le réalisme frappe avec une sensation d'enveloppement des plus inquiétantes. Dommage que, pour le coup, les dialogues de base soient souvent étouffés par les ambiances (mêmes les plus sobres), devenant trop lointains et obligeant à jouer de la télécommande à plusieurs reprises.

 

Interactivité :
On pourrait se plaindre qu'aucun nouveau bonus ne vienne s'ajouter au programme, mais au moins l'éditeur glisse sur le disque l'intégralité des suppléments du DVD collector (et du HD-DVD). Un programme que Ron Howard juge particulièrement intéressant dans son introduction, mais qui, il faut le reconnaître, se complaît trop facilement dans les politesses d'usage. De la confection du scénario au choix des acteurs, les propos sont toujours élogieux, enthousiastes et à l'usage un brin lassants. Le plus intéressant se concentre alors que les effets spéciaux sidérants du long-métrage, montrant comment les techniciens ont fait vivre les flammes et n'ont pas hésité à jeter les acteurs au coeur de la tourmente. Amusant d'ailleurs d'entendre Ron Howard évoquer des essais en images de synthèse balbutiantes, heureusement abandonnés pour cause de manque de réalisme. Par curiosité on aurait bien aimé pouvoir y jeter un coup d'œil.

 

Liste des bonus : Introduction de Ron Howard (3'), Scènes coupées (43'), Développement de l'histoire (15'), Mise en place de l'équipe (19'), Cascades explosives (15), Création du méchant : le feu (13'), Pompiers et événements réels (9'), Bandes-annonces

 
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