LE CHâTEAU DES MORTS-VIVANTS
Il castello dei morti vivi / Castle of the Living Dead - Italie / France - 1964
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Genre : Horreur
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et italien en mono
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 1 juin 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Au début du XIXème siècle, dans une Europe harassée par les guerres Napoléoniennes, une troupe d’artistes ambulants est invitée dans son château par le comte Drago. L’aristocrate est un fou excentrique passionné par la taxidermie. En effet, le château est rempli d’animaux embaumés ayant un air étrangement vivant. Eric, et Laura vont bientôt découvrir que la passion du comte le mène à d’horribles expériences, et ne se limite pas qu’aux animaux…
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Réanimation

Fidèle à son crédo, l'éditeur Artus Films exhume une nouvelle fois une péloche étonnante, en l'occurrence un film d'horreur italien des glorieuses années 60 qui n'avait jamais été visible officiellement en France. Une occasion immanquable de retrouver l'immense Christopher Lee jouer les manipulateurs sadiques et impassibles, et de se délecter de décors hors du commun.

 

Produit en plein milieu de la mode des grands films d'épouvante gothiques, Le Château des morts-vivants affiche un casting relativement imposant avec le français Philippe Leroy (Portier de nuit, Nikita), la jolie mais peu douée Gaia Germani (Hercules contre les vampires), un Donald Sutherland débutant mais déjà impressionnant dans les doubles rôles d'un trouffion bêta et d'une sorcière, et surtout l'immense Christopher Lee, tout droit sorti des Dracula et du magnifique Le Corps et le fouet. Pourtant, si ce n'est une exploitation italienne, le long-métrage n'aura finalement connu qu'une tardive diffusion télévisée aux USA et gardera toujours le statut d'inédit sur le territoire française. Cette dffusion erratique s'explique sans doute par une coproduction franco/italienne rassemblée centime après centime et par les mystères qui entourent l'identité du véritable réalisateur. Deux sont ainsi crédités (Luciano Ricci et Lorenzo Sabatini) mais au vu du résultat final, on serait plus tenté d'en offrir le mérite au tout jeune Michael Reeves (en l'occurrence aussi scénariste), dont le goût pour l'étrange et une certaine poésie macabre ont abouti quelques années plus tard à La Créature invisible et son chef-d'œuvre, Le Grand Inquisiteur. On est cependant loin ici de ces quelques légendes du genre, mais Il castello dei morti vivi n'est pas dénué d'intérêt, loin de là.

 

Meurtres dans un jardin italien


Pofitant d'un casting majoritairement incroyable (encore une fois Sutherland est stupéfiant) et d'un noir et blanc somptueux construit par Aldo Tonti (Les Nuits de Cabiria) cette série B aux effets désuets et au rythme parfois bien lourd utilise à merveille des décors évocateurs et imposants : le château de Bracciano d'un côté (revu dans Chair pour Frankenstein) et surtout les jardins décadents et inquiétants du Parc des monstres de Bomarzo. Un lieu magique et déroutant peuplé de statues gigantesques de créatures délirantes et mythiques, qui fut à de maintes reprises le théâtre de films « autres » (Terrence Malick y a récemment tourné quelques séquences de Tree of Life !), dont le plus bel exemple reste Meridian de Charles Band. Un cadre idéal donc pour rejouer une nouvelle fois la confrontation entre une petite troupe de théâtre itinérante et un diabolique comte, savant fou à ses heures. S'installant placidement dans la thématique des musées de cire, la parenté de Le Château des  morts-vivants, qui ne contient au final aucun zombie, serait plutôt à rechercher du côté du théâtre antique avec son oracle, ses personnages comiques (issus de la comedia del'arte), ses deus ex machina et son jeu outrancier dont certains ressorts évoquent certaines mécaniques shakespearienne. A l'arrivée la série B ressemble plus à de l'épouvante incertaine, pétrie d'hésitations et de maladresses, mais aux charmes indéniables.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Déjà édité en Italie, Il castello dei morti vivi semble profiter ici du travail initial de son éditeur transalpin (Terminal en l'occurrence), en affichant une copie étonnement propre (peu de traces des années) dont finalement le seul petit défaut serait d'afficher une petite brume neigeuse pas si gênante que ça. Elle empêche cependant la compression d'être optimale et entraîne quelques tout petits artefacts, mais dans l'ensemble, le travail est joliment soigné.

 

Son :
Inédit en France, le long-métrage n'est donc pas visible en français. Reste qu'Artus Film a jugé bon de déterrer les pistes italienne et américaine en mono d'époque. Toute deux sont un peu fatiguées (voix légèrement étouffées), mais elles imposent rapidement leurs différences (dont deux musiques d'ouvertures bien distinctes). En se basant sur le mouvement des lèvres des acteurs, on devine aisément que la majorité du film à été tourné en anglais. Ce doublage anglophone (car forcément postsynchronisé) laisse plus la place aux silences et donc aux ambiances que son homologue italien, extrêmement bavard et caviardé de petits échanges comiques voire nonsensiques. Amusant d'ailleurs de regarder le premier avec des sous-titrages français (manifestement traduits de l'italien) faisant apparaître des dialogues dès qu'un personnage est éloigné dans le plan, de dos, ou hors-champ. 

 

Interactivité :
Outre l'habituelle bande-annonce et une petite galerie de photos, le DVD vendu à moins de 13 euros fait revenir une nouvelle fois le critique / historien Alain Petit pour un travelling complet (et quasi exhaustif) sur les carrières des réalisateurs et acteurs du film. Doté d'une mémoire impressionnante, Petit se perd comme toujours dans des anecdotes pas forcément pertinentes et des filmographies interminables. D'une durée de 40 minutes, ce segment aurait mérité comme d'habitude d'être réduit ou remonté, et couplé à une légère analyse de la bande, il aurait eu beaucoup plus d'impact.

 

Liste des bonus : Le château maléfique, par Alain Petit, spécialiste du Cinéma-Bis (46'), Galerie de photos, Bandes-annonces

 
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