BLOOD ISLAND
Bedevilled / Kim Bok-nam salinsageonui jeonmal - Corée du Sud - 2010
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Genre : Thriller
Réalisateur : Cheol So Jang
Musique : Kim Tae-seong
Image : 2.35 16/9
Son : Coréen et français Dolby Digital 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 115 minutes
Distributeur : Distrib Films
Date de sortie : 3 mai 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Blood Island »
portoflio
LE PITCH
Hae-won est une jolie trentenaire célibataire. Contrainte à partir en congés, elle se rend à Moodo, une petite île sur laquelle elle passait ses vacances étant plus jeune. Elle y retrouve Bok-nam, son amie d’enfance, soumise à la volonté tyrannique de ses habitants et à des humiliations quotidiennes. Bok-nam supplie Hae-won de l’aider à s’échapper, mais celle-ci refuse de s’impliquer dans une situation qui s’apprête à basculer dans l’horreur…
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Let the sunshine in

Raflant in extremis le Grand prix du festival de Gérardmer 2011 (il s'agissait du dernier film projeté), Bedevilled aurait mérité de sortir en salles dans l'Hexagone, à l'instar d'autres pointures du fantastique moderne telles que Dream Home, Triangle, Black Death, Terreur ou Heartless. Souffrant d'un retitrage totalement opportuniste (Blood Island) et d'une jaquette résumant son propos à celui d'une banale pelloche d'horreur, Bedevilled se retrouve donc réduit à une sinistre exploitation DTV. Raison de plus pour relever les manches et défendre ses jolies prouesses cinématographiques !

 

Projet casse-gueule que celui de Bedevilled. Entrechoquant les points de vue d'une citadine arriviste (présentée durant la majeure partie du film comme « l'héroïne » de l'histoire) et de son ancienne meilleure amie, une bouseuse martyrisée par la population visiblement consanguine d'une île isolée, Bedevilled étonne par ses choix narratifs et une distillation toute particulière de ses enjeux dramatiques. Une heure trente durant, le film joue ainsi la carte de la chronique sociale décalée, voire perverse, le bestiaire exposé à l'écran n'étant pas sans rappeler le Blue Velvet de David Lynch. Ambiance pesante, us et coutumes abjects décrits avec une froideur inattendue, isolement progressif du vrai personnage central... S'il tombe dans le piège du misérabilisme et le mélodrame à plusieurs reprises, manquant de perdre son public au passage (voir l'évènement déclencheur du dernier acte), le réalisateur, dont c'est le premier long-métrage (!), parvient à tisser une toile claustrophobique et angoissante sans avoir aucunement besoin de manier son propos « fantastique » de façon ostentatoire.

 

shocker


C'est d'ailleurs sans crier gare que Jang Cheol-soo fait basculer son intrigue vers une formule de slasher grandguignolesque dans la forme (voir la scène finale du commissariat, volontairement abracadabrante), qui ne l'empêchera pas de se laisser porter par des pics émotionnels jusqu'ici inédits dans le genre. Alignant les images fortes (la scène où le soleil « parle » à l'héroïne est proprement hallucinante) et finissant par déverser les frustrations de son personnage dans une violence cathartique (les meurtres sont choquants), Bedevilled (pardon, Blood Island) est un film autre, à la fois abouti et hautement prometteur, doublé d'une preuve supplémentaire de la forme olympique du cinéma de genre sud-coréen actuel (attendez de vous prendre J'ai rencontré le Diable au coin de la tronche !). Quand on sait que le long-métrage a coûté moins d'un million et demi de dollars (les décors n'en sont pas moins splendides, les acteurs parfaits et la photographie à tomber), cela donne à réfléchir quant aux limites techniques présupposées du cinéma de genre hexagonale, souvent brandies en excuse à leur moyenne qualitative assez déplorable...

Alexandre Poncet
 

UN AUTRE AVIS :

«Drame déroutant, étude sociologique percutante, thriller éreintant qui vire au slasher tendu : Blood Island est un premier film qui retourne les tripes »
                         
                    Nathanaël Bouton-Drouard

Film : 5/6





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Image :
Matraquée par un soleil implacable, la copie en présence de Blood Island permet de faire passer la pilule de son statut de Direct-to-Video. Le confort de visionnage est plus qu'appréciable avec une netteté pointilleuse et une palette de couleurs parfaitement définie. Les contrastes jouent intelligemment avec les variations lumineuses, les noirs creusent le cadre... Pas grand-chose à redire ici surtout lorsque la compression sait se faire aussi discrète.

 

Son :
Si l'on se doit une nouvelle fois de mettre en garde contre un doublage français qui rame derrière le rythme de la langue coréenne, il faut reconnaître à l'éditeur la volonté de satisfaire les deux publics avec pour la VF et la VO le choix entre un Dolby Digital 2.0 agréable et direct, et un Dolby Digital 5.1 parfaitement à même de glacer les sangs. Non pas que ce dernier impose une dynamique trop poussée, mais il parvient à retranscrire par petites touches l'ambiance insulaire tout en instiguant une grande tension en usant pleinement de l'installation Home Cinema. Bien entendu les dialogues sont clairs et parfaitement étalonnés.

 

Interactivité :
Malheureusement, ça va être (trop) rapide. Seul bonus présent ici, une petite présentation du critique Charles Tesson. Succincte et précise, cette intervention ne remplace pas une vraie analyse du long-métrage et encore moins les featurettes présentes sur les copies en import.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Présentation du film par Charles Tesson (2'), Bandes-annonces

 
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