UNE JOURNéE EN ENFER DIE HARD 3
Die Hard With A Vengeance - Etats-Unis - 1995
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Une journée en Enfer Die Hard 3 »
Genre : Action
Réalisateur : John McTiernan
Musique : Michael Kamen
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD MA, Français DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 127 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 6 mai 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Une journée en Enfer Die Hard 3 »
portoflio
LE PITCH
L'auteur d'un attentat en plein coeur de New York ordonne que John McClane se prête un petit jeu de piste à travers la Grande Pomme, sous peine de représailles explosives...
Partagez sur :
Dans le feu de l'action

Die Hard 4.0, alias Live Free or Die Hard, alias Retour en Enfer aura au moins permis aux jeunes spectateurs de faire la connaissance de John McClane, le flic le plus hard boiled de l'histoire du cinéma populaire. Un personnage immortalisé par les prises de vue iconiques de John McTiernan, dont la transition stylistique entre Piege de Cristal et Une journée en Enfer vaut aujourd'hui d'être étudiée en écoles de cinéma.

La série Die Hard peut se résumer à deux films. Une journée en enfer aura d'ailleurs eu l'heureuse idée de ne jamais référer à l'opus de Renny Harlin pour mieux s'inscrire dans l'héritage du premier épisode, film d'action révolutionnaire lors de sa sortie, en 1988. Tournés par John McTiernan à deux périodes très précises de son évolution artistique, Die Hard et Die Hard - With a Vengeance font plus que jamais aujourd'hui office de postulat créatif, posent un regard interrogateur sur un genre codifié à l'excès et inévitablement méprisé, pour oser caresser dans le sens du poil les fantasmes d'une audience populaire. McTiernan, sans pour autant tourner le dos à son public, aspire toutefois perpétuellement à disséquer les fondations du cinéma d'action. Visuellement antinomiques, les deux métrages proposent chacun une sensibilité et une approche bien précises du grand spectacle. Piège de cristal multiplie ainsi les constructions géométriques, les intersections de lignes, joue avec la hauteur, la largeur, les diagonales et la profondeur comme pour mieux symboliser une pyramide d'enjeux appelés à s'entrechoquer. Les relations entre les personnages vont dans ce sens : triangle amoureux (le personnage d'Ellis comme menace immédiate du couple), face-à-face en parallèles (McClane / Gruber, Gruber / Holly), confrontations annexes (McClane / Karl, Al / Dwayne Robinson, Holly Thornburg)...

Réalité virtuelle

Cette profusion de lignes dans la caractérisation, on la retrouve intacte dans Une journée en enfer. McTiernan l'enveloppe toutefois différemment, sa superbe galerie de portraits aidant considérablement l'immersion du spectacteur. Chaque figurant joue ici un rôle à part entière dans l'aventure, sans vraiment se rendre compte de l'ampleur des évènements. Une journée en Enfer affiche dès ses premiers plans une crédibilité inédite. Une sensation de virtualité. Ce souffle de vie s'impose dès les premières secondes de projection, tandis que McTiernan, comme planté au milieu des rues fourmillantes, cadre à l'arrachée des gens en train de vaquer à leurs occupations. En guise de fond sonore, un rock urbain stoppera net, sans effet de montage, au contact d'une assourdissante explosion. Naturaliste, McT ne fait pas machine arrière une fois son préambule achevé. Devant son objectif, alternant les cadres larges et ultra-serrés, voire les plans séquences (voir cette formidable ouverture dans le commissariat), s'étale un écosystème concret, palpable, fait de vendeurs de hot-dogs, de pompiers bedonnants, de policières vieillissantes, de traders, de femmes enceintes, d'ouvriers. La lecture du film s'effecture dès lors à deux vitesses : si la vue d'ensemble nécessaire au bon déroulement du divertissement hollywoodien attendu fait montre d'une mise en place au millimètre, avec un rebondissement impeccablement mené en second acte, la vision scène par scène met en exergue la soudaineté des faits. Shooté à l'épaule, truffé de décadrages brutaux et de tremblements d'objectif (McT donnait des coups d'épaule dans la caméra lorsqu'il considérait que son opérateur steadycam commençait à filmer trop "propre"), le film s'attarde autant sur ce que capte l'objectif de la caméra que sur ce qui se déroule hors champ, plaçant le spectateur dans un rôle de reporter de guerre incapable de prévoir d'où surgira la déflagration suivante. Baignant dans une urgence perpétuelle, Une journée en enfer renvoie directement aux expérimentations les plus organiques de William Friedkin (Le Convoi de la peur en tête), seul autre cinéaste à avoir refusé de prendre son public par la main, et de le guider confortablement au fil d'une aventure à la troisième personne. Trois ans plus tard, McTiernan mènera ces recherches très Nouvelle Vague à maturité via Le Treizième Guerrier, chef-d'oeuvre maudit dont on attend toujours un director's cut.

Alexandre Poncet

 

 




Partagez sur :
 

Image :
Film expérimental, croisement ultra-cohérent entre une approche nouvelle vague et le sens du cadre et de la chorégraphie inouï de John McTiernan, Une journée en Enfer était un gros client potentiel pour le support Blu-Ray. Première constatation : le grain de la pellicule, participant à la rugosité de l'ensemble, est plus visible que jamais, et ce dès les premières images contemplant un lever de soleil sur New York. La copie étant hélas la même que celle de 2001 (pas de restauration depuis), on regrettera que les griffures et taches diverses soient ici également plus visibles. Reste que la HD remplit ici très largement son contrat : le niveau de détail est proprement étourdissant, notamment dans les plans les plus larges. On peut contempler le visage des passants les plus éloignés, suivre leur discussion au fond de l'écran, admirer les étals des épiciers... C'est donc un tout nouveau film qui s'étale devant nos yeux, encore plus précis dans son exploration d'un écosystème humain mis à mal par le terrorisme.

Son :
Le regretté Michael Kamen est à l'honneur avec des mixages qui mettent systématiquement en valeur ses accords répétitifs de cordes. Inoubliable, la partition de Piège de cristal trouve d'ailleurs une nouvelle jeunesse via Une journée en enfer dont l'hymne militaire central, réorchestré pour l'occasion du métrage, martelle ici avec bonheur enceintes et caisson de basse. Les bruitages sont à l'avenant : loin des sonorités caricaturales et très 'nineties' de 58 minutes pour vivre, le film de McTiernan bénéficie d'une bande sonore percutante, inventive et stylée, qui investit dans ce Blu-Ray tout l'espace de la matrice 5.1. Ecouter ce films en DTS-HD est une expérience à vivre...

Interactivité :
Ce collector reprend l'intégralité des bonus disponibles dans l'édition deux disques de 2001, avec une quantité industrielle de commentaires audio (dont John McTiernan, qui en dépit du timbre monocorde que l'on connaît bien, analyse en détails ses choix de mise en scène, sa gestion de l'espace, sa mise en valeur de la géométrie, son rapport aux acteurs, etc.) et de featurettes en tous genres. Une journée en enfer s'entoure ainsi d'une interactivité plus qu'engageante, proposant d'explorer les coulisses de certaines des séquences cultes du film (la poursuite en taxi dans Central Park, le déraillement du métro recréé dans un gigantesque studio, etc.). Les interviews, bien que très promotionnelles dans l'ensemble, permettent de se plonger dans la genèse tourmentée du projet, certaines prises alternatives (parfois beaucoup plus extravagantes dans leur travail à l'épaule) et quelques plans inédits (dont un approfondissant les motivations du personnage de Zeus) venant se glisser discrètement au sein des divers making of. Jonathan Heinseigh, scénariste du film, revient d'ailleurs à plusieurs reprises sur la lente transformation du projet, depuis le script de départ intitulé Simon Says à la concrétisation des idées scéniques les plus folles de McTiernan. L'écrivain a notamment l'occasion de s'étendre, en commentaire audio optionnel, sur LE trésor du disque : la fameuse fin originale, située six mois après l'explosion du bateau (un long travelling avant en ouverture aide à se replonger dans l'intrigue). Une séquence entièrement dialoguée et franchement tendue, rejetée pour cause de Test Screening désastreux, qui offrait pourtant au film une conclusion autrement plus convaincante, en reprenant à l'identique la structure et les cadrages de la première rencontre entre Hans Gruber et John McClane dans le premier opus. A noter que si la qualité visuelle n'a pas été revue à la hausse (compression 2.35 4/3, pellicule abimée, absence d'étalonnage ou de mixage sonore), le timecode présent sur le DVD a été ici effacé. Une bonne nouvelle, bien que cela implique la perte d'un petit pourcentage du cadre original.
Seule déception de cette réédition Blu-Ray : des bonus inclus dans le coffret de la trilogie de 2007, où McTiernan revenait en détail, depuis son banc de montage, sur son approche stylistique, ont ici disparu. Avis aux complétistes forcenés...

Liste des bonus :
Commentaires audio du réalisateur, du scénariste et d'un producteur, 3 Making of, Featurettes, Dissection des effets spéciaux, La Fin originale commentée par le scénariste, Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023