THE MURDERER
Hwanghae - Corée du Sud - 2010
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Genre : Thriller
Réalisateur : Na Hong-jin
Image : 2.35 16/9
Son : Coréen et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 140 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 30 novembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Yanji, ville chinoise de la Préfecture de Yanbian, coincée entre la Corée du Nord et la Russie, où vivent quelques 800 000 Sino-coréens surnommés les «Joseon-Jok.» 50% de cette population vit d’activités illégales. Gu-nam, chauffeur de taxi, y mène une vie misérable. Depuis six mois, il est sans nouvelles de sa femme, partie en Corée du Sud pour chercher du travail. Myun, un parrain local, lui propose de l’aider à passer en Corée pour retrouver sa femme et même de rembourser ...
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Un homme dans la ville

Après avoir explosé la rétine des spectateurs et retourné leurs tripes dans l'incroyable The Chaser, Na Hong-Jin  pouvait-il réitérer l'exploit ? Oui et non. Thriller nerveux, tragique et monumentale, The Murderer sprinte à la même vitesse, explose les mêmes obstacles, mais rate l'épreuve du chrono.

 

Là où The Chaser approchait la forme parfaite, le timing impeccable, ce second long-métrage atendance à se disperser. La direction est moins rectiligne et le film expose une série de trajectoires à vitesse modulable qui perdent parfois le spectateur par la multiplicité d'enjeux personnels. Yanji reste cependant le personnage principal, pauvre joueur issu de la communauté des Joseon-jok, sino-coréens coincés entre la Russie et la Corée du nord - mais aussi entre la violence et les larcins en tout genre. Pour retrouver sa femme et annuler une dette colossale, il accepte de devenir meurtrier en Corée du sud mais, bien entendu, va se retrouver mêlé à un capharnaüm sanglant dont il sera la première victime. Pour le réalisateur, la question du polar est toujours autant mêlée aux notions du réel, de la cause sociale, permettant autant de décrire une des réalités de la communauté coréenne, tout en redoublant la force de chaque séquence par une proximité terrible. L'extraordinaire Jung-woo Ha incarne ici un héros presque mutique, au regard éperdu dont l'abandon culmine avec sa position de martyr, manipulé par des truands de grande envergure (mais aussi effrayants que pathétiques), des gangsters en cols blancs, en tout cas des hommes bien mieux intégrés que lui dans la société.

 

traqué

 

Aucune chance ici de renverser la pyramide : le monde est impitoyable, point à la ligne. L'ascenseur social, le héros se le prend dans les dents et les genoux. On reconnaît là le fatalisme du pays (explicable par son histoire, mais aussi les origines bouddhistes), tout autant que sa mise en images d'une violence terrible, barbare et sèche où les poings et les armes tranchantes remplacent méchamment les pistolets habituels. Si en effet, le long-métrage se perd parfois à force de vouloir trop en embrasser, il reste particulièrement redoutable dans la maîtrise de ses nombreuses séquences de poursuites, modèles impeccables de montage, de cadrages, de tension, toujours contrebalancées justement par le pathos des personnages. Moins marquant que son premier essai, The Yellow Sea (titre international qui replace la thématique du film sur la question de la marchandisation humaine) n'en est pas moins un thriller éclairant, témoin de son époque autant que des qualités manifestes d'un auteur en pleine éclosion. D'un genre manié à toutes les sauces dans cette région de l'Asie, il réussit à s'affranchir des codes et des attentes, métamorphosant un film coup de poing, un fait divers anonyme en conte amoral éclairant.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Mêlant 35mm et numérique, The Murderer fait encore plus ressentir ses variations d'esthétique dans cette excellente copie HD. Profitant d'une définition optimale (la compression est irréprochable) la photographie jouit pleinement d'un léger grain naturel combiné à un piqué renversant. Les couleurs tour à tour froides, crues, et plus rarement soutenues, exposent leurs notes urbaines, cruellement réalistes avec un rendu rond et direct. Impeccable.  

 

Son :
Presque conçu comme un film d'action documentaire, The Murderer réussit à jouer admirablement avec ces deux notes tout du long de sa bande sonore. Des effets costauds, vifs pour souligner la violence, un travail minutieux sur les environnements modernes, peuplant les arrières plans de sonorités lointaines ancrant définitivement le long-métrage dans un réalisme constante... Idéal, le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 retranscrit se travail à la perfection, donnant qui plus est une jolie dynamique a la bande originale. Une fois n'est pas coutume, la piste française s'en sort presque aussi bien. Si l'on peut regretter quelques effets un soupçon trop appuyés, artificiels, il reste diablement efficace et est combiné avec un doublage largement supportable.

 

Interactivité :
Les documentaires pontifiants et distanciés du cinéma coréen... On a l'habitude. Les featurettes sont comme à l'accoutumée ponctuée de nombreuses séquences en B-Roll (image de tournages non commentées), mais le réalisateur s'efforce régulièrement de s'exprimer sur ses différents choix thématiques et techniques. Parfois un peu courts, mais toujours précis, ses propos viennent illustrer des sujets sur la photographie, le tournage en Chine ou les cascades. Il est bien plus surprenant et rare de retrouver sur le même disque des courts-métrages du réalisateur : Sweat, un superbe essai visuels autour de la sueur et A Perfect Red Snapper Dish, délire macabre et culinaire un peu longuet mais amusant.

 

Liste des bonus : Making of (86'), 2 courts métrages du réalisateur (21'), Bandes annonces, Copie numérique

 
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