LA PLANèTE DES SINGES - LES ORIGINES
Rise of the Planet of the Apes - Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Rupert Wyatt
Musique : Patrick Doyle
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1, Français en DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 110 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 14 décembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable...
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Rise and Shine !

Dix ans après avoir sali la mémoire de l'une de ses sagas phares avec l'inénarrable opus de Tim Burton, Fox annonçait une résurrection de La Planète des Singes devant la caméra d'un inconnu, le synopsis s'apparentant à un remake de La Conquête de La Planète des Singes, second meilleur épisode de la série d'origine. Nous en sommes les premiers surpris, mais Rise of the Planet of the Apes est loin de se résumer à son argument de départ.

 

A l'heure où Michael Bay semble implorer, à grand renfort de catch robotique et d'excès pyrotechniques, le grand public de bien vouloir accueillir à bras ouverts son puérile Transformers 3, la démarche de la 20th Century Fox pour ‘'vendre'' La Planète des Singes - Les Origines relève de l'hallucination collective. Présenté comme un drame majoritairement focalisé sur des protagonistes simiesques, les diverses bandes-annonces mettant en avant l'incroyable interprétation des singes en images de synthèse (‘'par les auteurs des effets visuels d'Avatar'', nous scandait un carton), ce blockbuster tente bien par instants de proposer un cocktail plus aisément identifiable. Tentant de s'ancrer dans la continuité de la série initiale en passant sous silence le navet opportuniste de Burton, cette supposée préquelle s'embarrasse ainsi d'une poignée de clins d'œil à l'attention des fans (une réplique de Charlton Heston par-ci, un bulletin télévisé annonçant la disparition de la mission martienne Icarus par-là). Sans doute commandés à coups de mémos par la haute hiérarchie du studio, ces interconnexions narratives se greffent artificiellement, voire maladroitement à l'intrigue, à l'instar de cette séquence post-générique annonçant ni plus ni moins que l'éradication de l'espèce humaine. Faute de goût impardonnable ? Non, tout juste une erreur d'appréciation aussitôt endurée, aussitôt oubliée, et dont l'absence aurait suffi à propulser La Planète des Singes - Les Origines au panthéon des grands classiques de la science-fiction cinématographique.

 

I, Ape

 

Car une fois digérée la frustration de ne pas voir les auteurs s'abandonner à une relecture totalement nouvelle - donc indépendante - de l'univers créé par Pierre Boule et Franklin J. Schaffner, et au-delà de similitudes scénaristiques étonnantes avec le i, Robot d'Alex Proyas (sans Will Smith ni ses Converse, fort heureusement), le film de Rupert Wyatt sidère sur tous les plans. Le drame annoncé par les premiers teasers est bien là, les miracles combinés des animateurs de Weta et d'une troupe de comédiens exceptionnels (dont Andy Gollum Serkis, époustouflant dans le rôle de Ceasar) donnant naissance à un groupe de personnages incroyablement charismatiques et vivants, dont les quelques résidus de textures virtuelles s'étiolent dès le premier échange de regard. La compagnie formée par les singes du film évoque autant les grands péplums (on pense notamment au Spartacus de Kubrick) que La Communauté de l'Anneau de J.R.R. Tolkien et Peter Jackson, la mort d'un puissant et courageux bras-droit de Ceasar renvoyant directement au sacrifice de Boromir devant l'armée Uruk-Hai.

 

Fresque simiesque

 

Passant d'une palette d'émotions primales (la mort d'une mère, le recueil de son enfant, les liens développés entre Ceasar et son grand-père d'adoption, formidablement interprété par John Lithgow) à une exploration superbement ‘'mythisée'' des thèmes les plus universels (amour, trahison, courage, etc.), La Planète des Singes - Les Origines embrasse comme peu de films récents sa trajectoire tragique. Chaque élément créatif, d'une mise en scène à la fois feutrée (les extrêmes gros plans sur les yeux des animaux, les moments de fragile intimité entre les personnages) et virtuose (voir ces plans-séquences hérités de Raimi, Jackson ou Proyas lors des scènes de bataille) à une musique flamboyante de Patrick Doyle, en passant par la photographie expressionniste d'Andrew Lesnie (cf. le passage des saisons libérateur au sommet du grand arbre, l'obscurité étouffante du refuge, la froideur déshumanisée du laboratoire ou le rouge sang appuyé du Golden Gate Bridge), contribue à cette fresque étonnante, parfait mariage entre un sens littéraire très noble des grands sentiments, une approche narrative classique du Septième Art et une innovation formelle époustouflante.

Alexandre Poncet










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Image :

C'est devenu une habitude chez FPE : le master proposé sur ce Blu-ray est une perfection constante, et la compression HD ne démérite pas. La colorimétrie est parfaitement gérée, les constrastes puissants embellissent l'intégration des personnages numériques au sein du décor, et les textures sont splendides, y compris en extrêmes gros plans :  l'un des gros défis de Weta Digital était de cadrer au plus près le visage et les yeux des singes virtuels. Le Blu-ray rend hommage à leur travail, ainsi qu'à la superbe photographie d'Andrew Le Seigneur des Anneaux Lesnie.

 

Son :

Comme d'habitude, c'est l'excellente VO (la voix de Serkis, bon sang !) se taille la part du lion avec un DTS-HD Master Audio très immersif, viril, rendant hommage au superbe travail rythmique et percussif de Patrick Doyle. Son score se propage dans toutes les enceintes avec une puissance assez grisante, et les effets sonores savent se faire entendre, notamment lors de la séquence finale dans le centre-ville ou sur le pont. La VF, loin d'être honteuse par les temps qui courent, se paie un DTS un peu moins ambitieux, mais tout de même très spectaculaire.

 

Interactivité :

Avouons-le, nous aurions préféré un documentaire un peu plus ample que les quelques featurettes incluses en suppléments de La Planète des Singes - Les Origines. Montés à la mitrailleuse et fonçant tête baissée d'une information à une autre, lesdits bonus ne laissent pas au spectateur le temps de respirer - heureusement, le contenu s'avère suffisamment touffu pour satisfaire les amateurs de nouvelles technologies. Car au-delà d'un module sur le génie d'Andy Serkis (cela ressemblerait presque à une campagne pour lui décrocher une nomination à l'Oscar, aussi méritée soit-elle), l'éditeur nous donne ici les clés pour comprendre les principaux défis techniques du film en comparaison à un Avatar. Le tournage en Performance Capture en extérieurs ou dans les décors mêmes du film, avec les autres comédiens, est ainsi explicité de manière très complète et didactique, les superviseurs des effets visuels Dan Lemmon et Joe Letteri décrivant les prises nécessaires (avec acteur de MoCap, puis sans), la disposition invisible des caméras infrarouges, et l'amélioration de ces dernières pour s'accomoder aux forts éclairages du plateau... Passionnant, de même que le décryptage de l'incroyable séquence du Golden Gate, depuis la construction d'un décor gigantesque en studio aux cascades live reproduites plus tard par ordinateur, en passant par l'extension du pont en images de synthèse et l'intégration d'un océan 100% virtuel. Présentant une approche plus humaine, quoique tout aussi documentée (les images de sessions d'enregistrement affluent, durant lesquelles le compositeur y va de sa voix de ténor pour motiver l'orchestre), la featurette sur l'excellente partition de Patrick Doyle reste l'un des moments forts de cette édition, le compositeur (aussi jovial ici que dans la vraie vie, on peut vous l'assurer !) expliquant ses intentions musicales, ses techniques d'écriture rythmique (notamment la manière de transposer un langage simiesque en ostinato), et rapportant quelques anecdotes savoureuses, comme la conception d'un morceau clé autour d'une phrase aussi absurde que "I got a cookie for you" (tout à fait en phase, néanmoins, avec ce qui se déroule à l'écran !). Enfin, passés deux sympathiques commentaires audio, d'un côté du réalisateur Rupert Wyatt, de l'autre des deux scénaristes, une pléthore de scènes coupées met en évidence les doutes de la Fox quant à la violence de leur dernier né, chaque agression sur un humain perpétrée par Ceasar se voyant castrée dans la version finale. On découvre ici que le singe arrachait bel et bien le doigt du voisin du héros avant de lui recracher au visage, ou tuait lui-même le patron du laboratoire en décrochant l'hélicoptère du pont. Vraiment dommage, l'impact émotionnel dans le film n'étant clairement pas le même. Note aux amis des animaux : une section très dense permet d'en apprendre plus sur les singes, les gorilles, les orangs-outans, à travers des fiches détaillées, des interviews de scientifiques ou de specialistes et des images HD dignes de la chaîne National Geographic. Un joli moment.

 

Liste des Bonus : 2 Commentaire audio, featurettes sur les effets visuels, le tournage, Andy Serkis et la musique de Patrick Doyle, Scènes coupées, Bandes-annonces, documentaires sur les gorilles et les singes

 
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