SUPER
Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Super »
Réalisateur : James Gunn
Musique : Tyler Bates
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD master audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : e one entertainment
Date de sortie : 1 décembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Super »
portoflio
LE PITCH
Frank D'Arbo, chômeur désespéré, découvre que son ex-femme a succombé aux charmes d'un dealer. Il décide de devenir un super héros... Mais il n'a pas de superpouvoirs... Aidé par Boltie, une employée de boutique de comics, et une clé à molette, il va combattre le crime.
Partagez sur :
Clef à Mole(s)tte

5 ! Il aura fallu attendre 5 longues années avant que l'extravagant James Gunn ne se décide à remettre le couvert avec un nouveau long-métrage. Horribilis, hymne au bon goût, avait durablement marqué les rétines (et les zygomatiques) de tous les orphelins du cinéma d'horreur comico-gore des années 80 (Evil Dead 2, Brain Dead...) et même s'il n'était pas resté inactif (on lui doit les excellents PG PORN ou encore Human-zee, tous visibles sur la page Youtube de l'ami Gunn), le solide groupe de fans allait enfin arrêter de puiser dans le capital sympathie et se rassurer enfin en voyant le vétéran de la Troma (Tromeo & Juliet) s'engager dans le sillon du banal Monsieur tout le monde qui décide de devenir un super héro.

 

Alors que ce sujet à la relecture délicate a déjà été traité ces dernières années, dans l'inégal Kick-ass ou dans le DTV Defendor, s'attaquer de nouveau à cette thématique s'avérait être une entreprise hautement casse-gueule et risquait de le faire passer pour un vil opportuniste, prêt à surfer sur la vague du film de Mathew Vaughn. Mais, même si l'amalgame est inévitable pour les non-initiés, nous sommes ici confrontés à un film extrêmement différent de ses concurrents. Une différence cultivée d'une part par une approche nettement moins loufoque, mêlant pessimisme et cynisme et abordant le concept avec un réalisme percutant. Encore une fois, James Gunn prend son public à rebrousse-poil et  fait preuve d'audace en faisant de l'ensemble de ses personnages principaux des cas cliniques psychiatriques à part entière. Un coup de poker dont l'impact est impossible à maîtriser, et qui risque fatalement de diviser le public dont l'empathie risque d'être abasourdie.

 

sidekick-ass(es)

 

Véritable bonbon au piment fourré moutarde, Super suit un exceptionnel Rainn Wilson dans la peau d'un paumé intégral, qui décide de « sauver » sa femme junkie des griffes d'un dealer de seconde zone. Et c'est grâce aux bons conseils du Vengeur sacré (dont le masque dissimule les traits du génial Nathan Fillon), et une intervention d'une divinité toute lovecraftienne, que notre protagoniste décide d'aller combattre le mal à l'aide de sa clé à molette, rapidement rejoint par une collaboratrice encore plus cintrée. Outre un casting épatant pour un budget aussi serré (on parle de 2 millions de $ seulement) et une direction d'acteur ébouriffante, James Gunn revisite ce nouveau genre avec beaucoup d'audace et une vision très personnelle, à la fois douloureuse (avec du gros gore qui tâche) et émouvante (difficile de ne pas prendre en pitié le pauvre bougre). Un travail d'équilibriste qui n'est malheureusement pas exempt de défauts, notamment dans sa mise en scène pas toujours inspirée, usant un peu trop des grosses ficelles du film fait à l'arrache (héritage évident de la période Troma), de plusieurs inserts très tape-à-l'œil pas toujours bien gérés et d'un final plutôt ambigu, en forme d'ultime pied-de-nez d'un réalisateur totalement et génialement imprévisible.

Jeremy Chateauraynaud




Partagez sur :
 

Image :
Le travail réalisé sur la photo du film, arborant des couleurs délavées et un une lumière blafarde est rigoureusement retranscrit dans l'image du Blu-ray. D'une étonnante précision, la colorimétrie aux contrastes très marqués nous saute aux yeux, en particulier lors des fondus très flashy. Les scènes nocturnes profitent des capacités offertes par la haute-définition et sont resplendissantes. Un régal.

 

Son :
Malgré une clarté sonore remarquable et l'utilisation de la crème de l'encodage audio (deux pistes en DTS-HD Master audio), l'amateur d'immersion risque de rester sur sa faim, puisque l'environnement sonore s'avère être particulièrement sage. La frontale est ici la reine de la scène, recrachant avec délice les multiples bruits accompagnant les fractures et autres joyeuses contusions. En ce qui concerne les enceintes surround, elles ne se réveillent que lorsque surgissent les titres rock de l'accompagnement musical. Une sélection soignée et appropriée mais qui a du mal à faire oublier la timidité de l'ensemble.

 

Interactivité :
Après une sélection de suppléments jubilatoires figurant dans les bonus de Horribilis (mais qui est Bill Pardy ?), et en étant au fait de la création débordante dont fait preuve l'ami James Gunn, les fans attendaient, l'écume aux lèvres, de dévorer les bonus accompagnant cette édition de Super. Eh bien, même si nous sommes loin de l'avalanche du long-métrage précédent, inutile de bouder son plaisir en regardant le sympathique making-of d'une vingtaine de minutes, nous dévoilant la bonne ambiance manifeste du tournage mais qui ne s'attarde malheureusement pas sur certains pans du films (les SFX, la conception etc..). Dommage. On retrouve également une featurette anecdotique de 4 minutes regroupant les deux super-héros et un spécialiste de la sécurité et un entretien d'une dizaine de minutes avec James Gunn et Rainn Wilson, nettement plus intéressant que le reste.

Liste des bonus : Making of, Entretien avec James Gunn et Rainn Wilson, Fighting Crime at SXSW, Bandes annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023