DéSIRS HUMAINS
Human Desire - Etats-Unis - 1954
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Image de « Désirs humains »
Genre : Policier
Réalisateur : Fritz Lang
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 87 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 29 février 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Désirs humains »
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LE PITCH
Carl Buckley tue l’amant de sa femme Vicki. Témoin de la scène, elle avoue le meurtre à Jeff Warren, un collègue de Carl. Pour ne pas compromettre Vicky dont il s‘est épris, Jeff garde le silence. Les amants décident alors de tuer le mari…
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Règne animal

Dernier « grand » film hollywoodien de Fritz Lang (les excellents Les Contrebandiers de Moonfleet, La Cinquième Victime et L'Invraisemblable Vérité sont issus de studios indépendants), Désirs Humains permettait au cinéaste de renouer avec sa passion pour Jean Renoir.

 

C'est en effet bien plus la version massive avec Jean Gabin qui influence ici le projet que le roman humaniste de Zola. Avec La Rue Rouge, chef-d'œuvre sensible et tragique, Lang avait déjà montré sa capacité à marier la sensibilité de Renoir avec l'éclairage du film noir contrasté. Malheureusement encore occupé par Règlements de comptes (The Big Heat), Lang ne semble pas avoir réussi à empêcher le scénario de s'enterrer d'écritures en réécritures dans une vision trop édulcorée, trop américanisée pour supporter la comparaison avec son modèle. Glenn Ford, faire-valoir habituel des femmes fortes du genre (voir Gilda), ne tient manifestement pas la mesure avec son « innocent » trop lisse et moralisateur, Gloria Grahame (Le Violent) minaude en femme fatale de supermarché tandis que Broderick Crawford (Comment l'esprit vint aux femmes) fait de son mieux pour crédibiliser le mari cocu et meurtrier. Même le réalisateur semble y perdre de sa personnalité, œuvrant avec une lumière trop vive et des codes de Film Noir plaqués avec un certain manque de naturel.

 

Faux-fuyants

 

Les critiques de l'époque auront tôt fait de voir Désirs humains comme un film mineur, une erreur de carrière, qui poussera d'ailleurs par la suite Fritz Lang à se tourner à nouveau vers le marché européen. Pourtant, avec de la distance, et surtout en oubliant La Bête humaine dont l'essai ne partage finalement que quelques menus détails, l'œuvre est loin d'être aussi vaine que cela. Sous le vernis du petit film de studio fustigeant les charmes de la femme et les pulsions adultères, Désirs Humains est pourtant le destin croisé de trois personnages d'âge mûr finalement abimés par la vie, prisonniers de leur destin (la figure des rails qui s'échappent en ligne droite sur l'horizon), d'une certaine norme de la société américaine. Vicky veut s'en échapper, quitte à éliminer les obstacles sur son chemin et à remanier constamment sa vérité, tandis que les deux hommes, juges et bourreaux, ne semblent même pas tenter d'y échapper (société patriarcales quand tu nous tiens). Au milieu d'un tableau peu reluisant sur la nature humaine, uniquement tiraillé entre désirs meurtriers et sexuels, une figure positive affleure : la jeune et jolie Kathleen Case, amoureuse éperdue de Glenn Ford qui, elle, n'a pas encore perdu ses espérances. Un film vraiment très noir, à défaut d'être un grand Film Noir.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Totalement inédit sur le support disque, Désirs Humains débarque en France directement dans la collection bien nommée « Les Introuvables » de Wild Side Vidéo avec un master restauré de bonne facture. Quelques stries discrètes restent encore visibles, mais l'ensemble souligne surtout des contrastes joliment appuyés, toutefois mouchetés d'un grain pouvant se transformer en voile neigeux et entraîner quelques gris tirant vers le jaune ou le bleu. Une belle copie quoi qu'il en soit.

 

Son :
Ce sont bien entendu les mixages d'origine en mono qui sont proposés ici. La version française a bien souffert avec le temps et ne semblait déjà à la base pas franchement proposer un équilibre probant (on croirait entendre un vieux vinyle). La version originale, elle, s'en sort beaucoup mieux avec un bon confort d'écoute et une bande dépoussiérée.  

 

Interactivité :
Supplément classique mais qui a le mérite d'exister, « La loi des désirs » est une petite interview de Bernard Eisenschitz, auteur de l'ouvrage Fritz Lang au travail édité chez Les Cahiers du cinéma. Un spécialiste en somme qui évoque sobrement la genèse du film, les nombreuses réécritures, le rapport de Lang avec ses acteurs / personnages et la réception timorée lors de sa sortie américaine. Précise, évocatrice et pertinente, cette présentation éclaire le visionnage.

 

Liste des bonus : Entretien avec Bernard Eisenschitz (13'), Galerie de photos, Bande-annonce.

 
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