LE TERRITOIRE DES LOUPS
The Grey - Etats-Unis - 2011
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Genre : Aventure, Drame
Réalisateur : Joe Carnahan
Musique : Marc Streitenfeld
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 117 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 29 juin 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
John Ottoway est un homme brisé depuis que sa femme est morte. Parti chercher la rédemption en Alaska, il participe à une expédition qui tourne au cauchemar. Perdu avec son équipe dans une zone inconnue, il va devoir écouter son instinct pour sortir tout le monde de cet enfer. Mais lorsque l’envie de vivre quitte un homme, comment trouver la force de survivre…
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en niveau de gris

Après l'échec cuisant (et pas totalement immérité) de son Agence tous risques, Joe Carnahan revient aux fondamentaux, avec un survival glacial hanté par la mort. Largement de quoi rassurer ceux qui avaient placé tous leurs espoirs dans le réalisateur à la vision de Narc.

 

On a déjà pu lire ici et là des comparaisons directes entre Le Territoire des Loups (The Grey en VO, titre combinant les notions de noir et de blanc au coeur même du récit) avec le cinéma de Terrence Malick. Mais au-delà de la valeur contemplative du film, de son approche anti-commerciale au possible des scènes de dialogues (voir ce très long échange autour d'un feu de camp en plein milieu de projection), de son rapport d'amour-haine vis-à-vis de la nature tout puissante (les loups ne sont que l'expression de cet état sauvage, au même titre que les troncs d'arbre immuables, les rochers et les chutes d'eau), c'est bien l'angle d'approche de la narration qui rapproche le plus The Grey de La Ligne rouge ou de The Tree of Life. Ici comme chez Malick, les évènements en eux-mêmes sont souvent éludés, car ils résultent de longs cheminements émotionnels, physiques ou intellectuels, lesquels intéressent plus que tout l'auteur.

 

crossroad

 

Certains spectateurs hurleront sans doute au scandale devant des ellipses pour le moins culottées dans un registre de film d'aventure, d'un crash d'avion remplacé par une vision onirique à un face-à-face final occulté une fois les deux belligérants prêts à en découdre. L'avant et l'après comptent davantage ici que le moment proprement dit, comme le prouve la démarche de mise en scène de Carnahan, notamment lorsqu'il cristallise en plan-séquence les doutes d'un rescapé face à une falaise menaçante ; la traversée en elle-même se verra très violemment évacuée. Se balançant sans cesse, au sein de ce désert blanc à perte de vue (rarement le froid n'aura été aussi bien retranscrit à l'écran), entre la vie et la mort, les personnages (des exclus de la société dont la vie de famille n'est déjà qu'un vieux rêve) se préparent constamment aux deux possibilités, guidés d'un côté comme de l'autre par un héros suicidaire, et pourtant bien décidé à ne pas partir sans un dernier combat. Passionnant et incroyablement immersif, The Grey confronte l'homme à sa fragilité et ses origines sauvages, et, tel un long-métrage australien de la grande époque, met au défi ses croyances face à un impitoyable environnement. Un ''grand petit film'', tout simplement.

Alexandre Poncet






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Image :
Envahi de neige, porté par un grain omniprésent et écrasé par une lumière bleuté et glaçante, Le Territoire des loups risquait de perdre de son naturel brutal sur un support aussi perfectionniste que le Blu-ray. L'éditeur n'a pourtant en rien lissé son esthétique, préservant chaque anfractuosité de sa photographie, creusant les visages et les paysages en apportant au passage un piqué surprenant. Le résultat est bluffant, même si certains auront du mal à y reconnaître la même HD que sur un gros titre standard. Détaillé, profond et précis, le master ne décroche jamais et s'offre ainsi un superbe écrin.

 

Son :
Même excellence en ce qui concerne les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 qui restituent avec bonheur le sentiment d'étouffement porté par les vents violents qui envahissent naturellement l'installation Home Cinema, mais sans jamais entamer la lisibilité des autres informations sonores : dialogues limpides, bruitages qui sonnent toujours vrais, musique parcimonieuse ; le tout est mixé avec un équilibre précaire, mais juste. Plongeant le spectateur aux côtés des quelques survivants, la pureté de la compression et le dynamisme de sa restitution appuient jusqu'au bout la sensibilité du film. Extrêmement efficace.

 

Interactivité :
Dommage que la production n'ait pas jugé utile de disposer sur le disque un making of du film, ce type de tournage en conditions extrêmes étant souvent très intéressant à suivre. Pour connaître quelques anecdotes il faut donc se tourner vers le commentaire audio qui regroupe Joe Carnahan et ses monteurs (Roger Barton et Jason Hellmann). Assez sporadique, la piste recèle tout de même des propos intéressants sur les questions de rythme et de découpage, et laisse entrevoir les méthodes de travail du réalisateur. La sélection de scènes coupées se présente dès lors comme un complément précieux, proposant des versions plus longues de certaines séquences (la discussion autour du feu), au sens trop évident et surtout plus bavardes. Un travail vers l'épure, vers le silence, dont on se rend bien compte ici de l'utilité.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur et des monteurs, Scènes coupées (22'), Bandes-annonces.

 
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