WAKE WOOD
Irlande / Angleterre - 2011
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Image de « Wake Wood »
Genre : Horreur
Réalisateur : David Keating
Musique : Michael Convertino
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 90 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 14 août 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Wake Wood »
portoflio
LE PITCH
Louise et Patrick sont sous le choc de la mort tragique de leur fille Alice. Ils décident de déménager dans une petite bourgade reculée appelée Wake Wood. C’est dans ce lieu qu’ils découvrent l’existence d’un rituel païen permettant de faire revenir d’outre-tombe pour une durée de trois jours n’importe quelle personne, afin de lui accorder un dernier adieu. A la fois effrayé et excité par cette perspective, le jeune couple sollicite l’aide des villageois pour ramener Alic...
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Déterré

Le grand retour du mythique studio de la Hammer ne se sera pas fait en un jour. Avant le célébré et presque canonique La Dame en noir, le studio en pleine reprise d'activité aura porté un superbe Laisse-moi entrer, un catastrophique La Locataire et ce modeste Wake Wood.

 

Un petit projet tourné dans la campagne anglaise avec un matériel léger (des cameras digitales solides mais pas forcément dernier cri), mais qui justement s'efforce de ne jamais tomber dans les facilités du genre. Malgré l'image foncièrement numérique, Chris Maris (Frisbiten) travaille une photographie minutieuse en clair obscur et David Keating (qui a vu sa comédie The Last of the High Kings avec Jared Leto ?) signe une mise en scène qui joue justement des contrastes entre cette modernité (présente aussi dans les ruelles du village) et l'aspect intemporel du récit. Une image qui a justement à la fois ses avantages et inconvenants. Ancrant le film dans une réalité extrêmement crue autant pour la contemporanéité du décor que pour la frontalité des effets gore (particulièrement reboutant), elle peu tout autant ajouter une distance avec certaines séquences rappelant trop une matière télévisuelle et fauchée. Mais c'est sans doute ce qui a attiré les dirigeants de la Hammer, voyant en Wake Wood le film idéal pour effectuer un pont entre un cinéma très actuel (de par son filmage déjà) et un héritage non pas gothique, mais bien ésotérique comme pouvaient l'être Les Sorcières, Une Fille pour le Diable ou bien entendu Les Vierges de Satan.

 

Drame campagnard


C'est d'ailleurs la première partie du film qui s'avère la plus convaincante, la plus touchante dans son rapport au paganisme, décrivant les pratiques et les rites des habitants du village avec une chorégraphie discrète (mais extrêmement bien pensée), un réalisme constant et donc un naturel qui en affirme une existence parfaitement acceptable. Admirablement interprété par un des acteurs convaincus (un plaisir de découvrir Timothy Spall sans maquillage ni grimaces), Wake Wood est loin d'être l'œuvre terriblement mineure que l'on a rapidement condamnée, marquant durablement par la sensation de mort, d'étouffement et de mélancolie qui s'en dégage. Rappelant à de nombreux instants l'éblouissant Wicker Man, c'est un film fantastique qui mêle avec sobriété le récit d'un deuil impossible (celui d'un couple qui a perdu sa fille mordue à mort par un chien), une réflexion sur la spiritualité en corrélation constante avec la notion de chair et donc de nature. Une vision purement anglaise (celtique ?) des questions de la mort surplombant la vie (thème qui le rapproche irrémédiablement du film de Watkins), mais qui se perd malheureusement un peu dans une dernière partie plus frontale, tournant par instants au slasher fauché. Une oeuvre imparfaite au final mais largement recommandable car constamment honnête, humaine et tristement poétique.  

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Le rendu pour un tel film tourné avec une caméra digitale, bien loin du monstre technique d'un Avatar, est forcément particulier, et ce d'autant plus en HD qui ne laisse rien passer. L'aspect non naturel de l'image est donc particulièrement visible, donnant un relief soutenu aux images, une luminosité chaude et imposante, mais laissant aussi surtout passer quelques artefacts lors des plans sombres et nocturnes. Un film à petit budget qui souffre ici de ses limites, mais que le transfert s'efforce de soigner au mieux. L'image est donc pointue, détaillée, contrastée, parfaite... Du moins au maximum de ses capacités.

 

Son :
Il est par contre bien plus facile de tricher un poil sur les pistes audio et de se donner des airs de grosse production horrifique. Le DTS-HD Master Audio 5.1 anglais apporte ainsi un vrai travail sur les ambiances, faisant ressentir avec autant de force les envolées des compositions de Michael Convertino, les effets étouffants de la nature environnante que les silences. Fine, enveloppante, claire, la piste originale ne souffre qu'à de légers instants où les dialogues paraissent trop en retrait. La version française de son côté fait ce qu'elle peut avec un doublage qui alourdit le mixage, autant qu'elle affadit l'interprétation.

 

Interactivité :
Wake Wood nous parvient avec une section bonus relativement classique, mais qui a déjà le mérite d'exister. Reprenant les suppléments de l'édition anglaise, la galette de Metropolitan fournit une petite sélection de scènes coupées et / ou rallongés qui n'apportent, il est vrai, pas grand-chose au long-métrage. Plus intéressant, le making of tombe parfois un peu trop dans l'auto-promo, mais permet au réalisateur, au scénariste et aux producteurs de revenir sur les origines modestes du film et la volonté de l'intégrer dans la filiation Hammer.

 

Liste des bonus : Making of (20'), Scènes coupées (14'), Bandes-annonces.

 
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