BLADE LA TRILOGIE
Blade / Blade II / Blade Trinity - Etats-Unis - 1998/ 2002 / 2004
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Blade La Trilogie  »
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 6.1, français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 359 minutes
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Date de sortie : 11 septembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Blade La Trilogie  »
portoflio
LE PITCH
Depuis des milliers d’années, ils vivent parmi nous. Avides de pouvoir, ils sont infiltrés partout : les vampires ! A leur tête, Deacon Frost, prêt à tout pour conquérir le monde. Rien ni personne ne soupçonne leur funeste dessein, excepté Blade. Guerrier, mi-homme mi-immortel, capable de vivre en plein jour et de les traquer en pleine nuit, il possède toutes leurs forces et aucune de leurs faiblesses. Si le monde des vivants touche à sa fin, seul Blade peut inverser le cours des cho...
Partagez sur :
Blood and fire

L'année 1998 constitue un sacré sursaut dans l'histoire du cinéma fantastique, deux longs-métrages venant chambouler coup sur coup les idées reçues du film d'exploitation vampirique. D'un côté, le Vampires de John Carpenter, western hawksien baigné de boue et de sang, situé majoritairement dans des motels miteux et des villages mexicains. Un grand moment. Quelques semaines plus tard, un certain Stephen Norrington, auteur quelques années auparavant d'un très prometteur Death Machine (direct-to-video en France), enfonce à coups de fusil à pompe les portes du troisième millénaire. Comptant parmi les tout premiers longs-métrages à appartenir organiquement, à la fois dans son esthétique et ses thématiques, au XXIème siècle (le film sort une année entière avant le Matrix des frères Wachowski), Blade tétanise, tant dans ses partis pris formels (caméra tremblante même lors de simples dialogues en champs / contre-champs) que dans des élans expressionnistes étonnants.

 

next generation

 

La réussite la plus évidente de Blade reste sa modernisation de l'univers vampirique, une prouesse qui passera en premier lieu par l'exposition d'une mythologie propre. Ce passage de relais entre l'ancienne et la nouvelle générations devient d'ailleurs un moteur narratif en soi, l'intrigue opposant les sangs purs, descendants aristocrates de Dracula, aux convertis, jeunes fous errants, mordant au hasard et se déhanchant sous des torrents d'hémoglobine dans des nightclubs underground. D'emblée, à travers une ouverture devenue légendaire, le film de Norrington braque ses projecteurs sur la futilité du décorum rajeunissant des vampires, et sur la trivialité de leurs mœurs rebelles. Un portrait dans l'ère du temps, en phase avec la jeunesse blasée et cynique du nouveau siècle, souligné avec pertinence par une mise en exergue de la fuite du temps (cf les nombreux plans accélérés), comme si l'existence elle-même glissait sur l'échine de ces morts-vivants.

Immanquablement, Blade 2 constituera une nouvelle étape vers la déshumanisation, le désenchantement et la perte d'espoir de cette espèce souterraine. Si les accélérations d'appareil, chez Guillermo Del Toro, servent davantage à valoriser les icônes (comme en témoignent les nombreux plans-séquences insensés du film, notamment le saut de Blade du haut d'un immeuble lors de l'ouverture), cette première suite accentue l'atmosphère onirique de la série, et tend même vers une parabole ironique sur la gangrène sociale et la lutte des classes. Par-dessus tout, le thème de l'addiction devient un moteur dramatique et narratif essentiel, Del Toro s'attardant sur la soif respective de chacun de ses protagonistes.

 

echecs et morts

 

A l'exploration du malaise et du mal-être de la jeune génération, auxquels les deux premiers films s'adressent avec intelligence, le scénariste promu réalisateur David S. Goyer substitue dans Blade Trinity un tribut au superficiel. Jessica Biel, nouvelle alliée du Daywalker, passe les trois quarts du long-métrage à zigouiller nonchalamment du vampire en écoutant son iPod ; Dracula, Drake pour les intimes, s'en va faire une virée en débardeur dans une boutique gothique et s'émeut d'un godemichet à son effigie ; une voix off nous promet dès l'ouverture que les événements qui vont suivre, loin de se limiter à du bête cinéma (« Movies are full of shit »), vont nous révéler la vérité sur le mythe... Très vaguement inscrit dans la continuité esthétique de ses aînés, Blade Trinity est de surcroît loin de faire honneur aux exercices de style postmodernes de Norrington et Del Toro, véritables carrefours d'influences allant du cinéma de genre asiatique (Blade coupant les racines de son bonsaï tel un Samouraï ou affrontant Deacon Frost au katana dans le premier opus, des ninjas voltigeant sans bruit dans la base des héros ou Blade décanillant du Reaper un revolver dans chaque main au cours du second opus) au polar seventies (infiltration barbare dans des bâtiments ennemis et virées en voiture dans les ténèbres chez Norrington, imagerie ouvertement Shaft vs Les 12 salopards chez Del Toro), en passant par une horreur connotée (Argento pour Norrington, Bava, Barker et Cronenberg pour Del Toro) et un éloge passionné des comics originaux (faut-il rappeler que Blade est un héros Marvel, paru pour la première fois dans « The Tomb of Dracula » ?). Les deux cinéastes citent entre guillemets, avec humilité et révérence, mas parviennent chacun à s'approprier l'héritage de leur cinéphilie. Mieux, le sens de l'action des deux bougres donne lieu à des morceaux de bravoure inédits, annonçant avec une année d'avance les cabrioles de Matrix dans le cas de Norrington, et atteignant même des cimes insoupçonnées chez Guillermo Del Toro. Conférant à chacun de ses affrontements (et ils sont nombreux) un style propre (kung fu, kendo, boxe, catch, gunfight ou course-poursuite), le génial mexicain recule clairement les limites du filmable en 2002, jubilant à exploiter jusqu'au dernier cents les 60 millions de dollars mis à sa disposition. On aura la politesse de ne pas trop s'étendre sur le spectacle lamentable du troisième opus, d'une poursuite automobile sur-découpée (dire que Goyer voulait rendre hommage à William Friedkin...) à des affrontements laborieux et répétitifs, sans oublier un pétard mouillé en guise de climax, où le Daywalker affrontera un gladiateur torse nu puis un monstre en caoutchouc d'un goût plus que douteux.

 

tragédie vampirique

 

Le plus passionnant, dans cette série privée de héros accessible (ce qui n'enlève rien à son charisme magnétique, particulièrement sous l'objectif de Del Toro), restera tout de même le traitement des vilains, plus particulièrement leurs interconnexions et trahisons multiples. Le meurtre du personnage d'Udo Kier par Frost (Stephen Dorff) dans Blade ou celui de Damaskinos par son propre fils dans Blade II convoquent ainsi une grammaire opératique pour le moins savoureuse. Une fois encore, Goyer omet dans Trinity de s'attarder sur cette composante inhérente à sa propre saga, l'auteur préférant réduire ses opposants, Dracula compris, à de vulgaires sidekicks. Il n'est après tout pas nécessaire de patienter longtemps pour juger de l'embarrassante maladresse d'un cinéaste capable de se tirer une balle dans le pied dès l'ouverture, lorsqu'un vampire insensible aux UV s'en va narguer d'un doigt d'honneur ce bon vieux soleil. Plutôt que de cadrer sagement l'injure de dos, le personnage s'adresse carrément au public, face caméra ! Insultant, peut-être, mais finalement très honnête...

Alexandre Poncet














Partagez sur :
 

Image :
Les déceptions ne sont pas toujours là où on les attend. Quitte à sacrifier un film, on aurait porté notre choix sur Blade Trinity bien entendu. Mais ce dernier fait le beau avec son master probant, profitant d'une jolie palette colorimétrique, de contrastes bien dessinés et d'un piqué qui n'empêche pas un léger grain d'apparaître. Et entre Blade et Blade II, on imaginait bien entendu que les soucis seraient plutôt à chercher du côté du film de 1998. Encore une fois il n'en est rien, la copie a été entièrement revue, effaçant les petits désidératas d'autrefois et laissant apparaître une matière vibrante, des noirs brillants et un travail inespéré sur les lumières bleutées. Le film se reprend un sacré coup de jeune, creuse ses arrières plans, tout en préservant le grain original. Un traitement que l'on aurait tant aimé retrouver sur le master de Blade II qui manifestement est resté celui que l'on connaissait déjà en SD. Plutôt honorable sur ce support, la même copie ne passe pas toujours très bien en HD, avec quelques plans légèrement floutés ou des apparitions quasiment neigeuses. Heureusement, la photographie chaude et dorée se découvre quelques subtilités supplémentaires et les noirs tiennent bien la distance. Là où les deux premiers films se rejoignent immanquablement, c'est sur la difficulté pour leurs Blu-ray de cacher les défaillances déjà connues d'images de synthèse caoutchouteuses.

 

Son :
Quelques petites irrégularités au niveau de l'image (mais alors tout petites), mais pas question de parler des dix et quinze ans d'âge en branchant le Home Cinema. Si l'on excepte le mixage efficace mais relativement classique de Blade Trinity, les DTS-HD Master Audio 6.1 anglais de Blade et Blade II vont terriblement booster l'installation, jouant les imprécateurs sur le caisson de basses (l'ouverture du film de Norrington plus puissante que jamais), balançant avec une énergie organique les déflagrations et les cris de vampires, restituant avec une limpidité parfaite l'ensemble des sources. Balancées, mais surtout musclées, dynamiques, voire féroces, les deux bandes son vont marquer durablement les tympans.
Selon la formule presque consacrée, les versions françaises DTS-HD Master Audio 5.1 ne s'en sortent pas trop mal non plus, mais le doublage fait perdre quelques degrés de magnétisme à l'entreprise.

 

Interactivité :
Metropolitan a tout fait comme il fallait, reprenant à l'identique les Blu-ray américains de la Warner qui eux mêmes comportent en supléments tout ce qui avait été proposé lors des sorties DVD, à l'exception des bonus DVD-Rom du zone 1 de Blade. Et ce n'est pas rien puisque chaque film a le droit à sa tripotée de suppléments en tous genres, à commencer par des commentaires audio dans tous les sens. Manifestement personne ne sait vraiment quoi dire devant Trinity, oscillant entre quelques propos techniques et de longs silences parsemés de blagues hors propos. Le contenu est bien plus passionnant du côté de celui de Norrington, précis sur ses intentions, et celui de Del Toro, passionné et didactique comme toujours.
Chaque film apporte aussi ses petites featurettes sur les effets spéciaux avec comparatifs et différents étapes en annexes, tandis que certains segments évoquent (brièvement) le personnage dans sa version comics, ou quelques anecdotes de tournage amusantes (le nettoyage du bain de sang sur Blade II). Encore faits « à l'ancienne », les suppléments du premier Blade hésitent par contre un peu trop souvent entre le véritable making of et les featurettes promotionnelles, alors que le (très) long documentaire du film de Goyer se révèle étonnement intéressant, bien qu'il dissimule poliment les petits soucis rencontrés sur le plateau.

Forcément avec Del Toro aux commandes, c'est Blade II qui se taille les plus belles pièces de viande avec un making of passionnant et richement fourni de 80 minutes auquel viennent s'ajouter deux supléments inédits en HD. « Les Carnet du réalisateur » en premier lieu qui permettent un visionnage interactif du film avec croquis, notes personnelles et de nouvelles interventions du cinéaste, présentant nombre de précisions sur les designs et SFX. Une excellent surprise qui se confirme avec la nouvelle interview réunissant Del Toro et son ancien scénariste (Goyer donc) qui reviennent sur les hésitations premières, les compromis faits de part et d'autres et les rapprochements entre ce film et les œuvres suivantes du génial mexicain. Un coffret qui malgré un packaging pas folichon (juste un carton autour des trois boitiers bleus) a tout de l'édition de luxe.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus Blade : Commentaire audio de Wesley Snipes, Stephen Dorff, David S. Goyer, Theo Van Der Sande, Kirk Petrucello et Peter Frankfurt, La Magra (14'), La conception de Blade(22'), Les origines de Blade(12'), La vague ensanglantée(20'), Bandes-annonces.
Liste des bonus Blade II : Commentaire du réalisateur de Guillermo Del Toro et du producteur Peter Frankfurt, Commentaire du scénariste David S. Goyer et de l'acteur- producteur Wesley Snipes, Commentaire du réalisateur Guillermo Del Toro (vo), Le carnet du réalisateur, Frères de sang (10') ; Le pacte sanguin (82'), Scènes coupées et alternatives (26'), Pages non filmées du scénario, Les effets visuels (6'), De la BD au film (5'), La mystique vampire (5'), Le bain de sang de Damaskinos (5'), Musique alternative (2'), Clip « Child of th Wild West"(4'), Galerie d'images, Bande-annonces

Liste des bonus Blade Trinity : Commentaire audio du réalisateur-producteur David S. Goyer et des acteurs Ryan Reynolds et Jessica Biel, Commentaire audio du réalisateur-scénariste David S. Goyer et des producteurs Peter Frankfurt et Lynn Harris, du chef opérateur Gabriel Beristain, du décorateur Chris Gorak et du monteur Howard E. Smith, L'univers de Blade Trinity : noctambules et diurnambules (114'), Goyer face à Goyer (5'), Fin alternative (2'), Bêtisier (11'), Les effets spéciaux 6'), Bande-annonce

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021