LA MAIN AU COLLET
To Catch a Thief - Etats-Unis - 1955
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Main au collet  »
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Musique : Lyn Murray
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Dolby True HD 2.0 Anglais, Mono français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, Anglais, allemand, néerlandais…
Durée : 106 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 4 septembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Main au collet  »
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LE PITCH
John Robie, cambrioleur assagi, goûte une retraite dorée sur la Côte d’Azur. Le paysage s’assombrit, lorsqu’un voleur utilisant ses méthodes le désigne tout naturellement comme le suspect n°1…
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C'es toi le chat !

Installé depuis sa sortie dans la case peu enviable des films mineurs, La Main au collet aura pourtant assez brillamment traversé les années avec son duo glamour, Cary Grant / Grace Kelly (qui dit mieux ?) et sa démarche décontractée. Il faut dire que film mineur certes, mais signé Alfred Hitchcock.  

 

En 1955, lorsque le cinéaste s'attèle à ce film presque estival, il vient tout juste de sortir des deux succès Le Crime était presque parfait et surtout Fenêtre sur cour, long-métrage dont la sophistication lui a enfin permis d'être reconnu par la profession, mais aussi par la critique américaine et le public. Besoin de repos, de changer la donne, de caresser les spectateurs à rebrousse-poil, sans doute surtout de changer d'air, Hitchcock ne s'intéresse que très peu au roman de David Dodge (Les Pillards de Mexico) pour son mince suspense, sa trame policière et une révélation finale qui se devine assez aisément. Il préfère y trouver une romance délectable et une succession de poursuites et d'esquives entrelacées de gags burlesques, pour le coup très européens. En somme, le maître du thriller cherche ici à filmer autre chose que le monde sombre et extrêmement construit qui a fait sa renommée. Et pour cause, sous le soleil éclatant, lumineux et chaud du sud de la France (Nice et Cannes), La Main au collet ressemble à s'y méprendre à des vacances de luxe : hôtels cinq étoiles, plages bondées, campagne rayonnante, végétation colorée, personnages secondaires hauts en couleurs...

 

perché !


Comme l'indique finalement sans dissimulation le surnom de l'ex-voleur incarné par Cary Grant (le chat), tout se transforme sous la caméra du maître en un jeu jovial, libre et amusant. Jamais dupes, les deux acteurs s'en donnent à cœur joie, rivalisant de saillies, de sourires entendus et d'attitudes séductrices pour mieux donner du relief aux sous-entendus grivois des dialogues (étonnant venant de Grace Kelly d'ailleurs), tandis que le metteur en scène s'offre quelques expérimentations dans son montage (les mouvements de tête des conducteurs dans une poursuite en voiture, l'ouverture cassant la romance par un cri effrayé), reprend les esthétiques naïves de la bande-dessinée ou de la carte postale (la photographie est magnifique) et traduit son désir de réaliser un James Bond en livrant une poursuite glorieuse où le volant est tenu par une demoiselle radieuse. Son personnage d'ailleurs reflète à merveille la légèreté du film : elle qui reste au départ en arrière-plan, une simple silhouette, se rapproche peu à peu de la caméra mais comme une fille glaciale et qui finalement se jette fougueusement sur les lèvres de Carry Grant : une princesse au tempérament de feu. Dans La Main au collet rien n'est grave, tout n'est qu'amusement, comme lorsque les hommes de main ratent presque Jean Robby parce qu'ils se sont lancés dans une partie de balle, que la bourgeoise volée trouve ça « excitant » et que la police française accepte finalement (trop ?) facilement les règles imposées par ce voleur repenti pourtant toujours attiré par les larcin. Sublime divertissement hollywoodien, cette transition n'en porte pas moins la patte de son auteur, entre des envolées stylistiques éblouissantes (le final sur les toits de la villa), un sens du cadre et du découpage toujours inégalé et ce portrait d'un couple en constante joute amoureuse. Deux acteurs faramineux qui recherchent un équilibre entre sexe fort et sexe faible, jeu des apparences et prise en main du volant. Résolument moderne.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Grace à son statut de génie (non-galvaudé) Hitchcock est tout de même en train se s'offrir une série de Blu-ray d'une qualité incomparable. Après Psychose et La Mort au trousse, et en attendant le coffret 18 films d'Universal, c'est La Main au collet qui s'offre une restauration colossale. Tourné en Vistavision (image très laaarge) et qui a gagné en 55 l'Oscar de la meilleur photographie, le film retrouve ici toute sa superbe, bien loin des masters tristounes vus en DVD. La palette de couleurs est extraordinairement riche (la séquence dans le marché aux fleurs, les paysages campagnards), les contrastes retrouvent le pep's d'origine et une chaleur presque inédite, les contrastes resplendissent et le piqué révèle chaque détail avec une précision rare. Même les séquences en nuit américaine (tendant plus vers le vert que le bleu pour une fois) tiennent dignement la route tout du long. Si l'on excepte le générique d'ouverture et quelques plans composites (les scènes en voiture) qui montrent de légères faiblesses dans la restitution, l'ensemble du film fait preuve d'une forme exceptionnelle.

 

Son :
Forcément à côté du travail effectué sur l'image, l'apport d'un simple Dolby True HD 2.0 peut sembler restreint, surtout que celui-ci, malgré un joli nettoyage des fioritures de l'âge, laisse encore entendre quelques faiblesses (des échanges franco-anglais manifestement postsynchronisés) et ne travaille finalement qu'une stéréo assez discrète. Propre et respectueux du mixage original, mais quelques détails restaient à revoir. La version française dans le bon vieux mono d'époque se laisse entendre mais paraît bien fatiguée.

 

Interactivité :
Etrange de se dire qu'un éditeur comme Paramount a choisi d'investir sur une restauration coûteuse, de sortir un classique d'Hitchcock avec un casting aussi classieux sans l'accompagner de bonus dignes de ce nom... Et pour cause, c'est bel et bien Paramount France qui a choisi de mettre à la poubelle (pour ne pas payer la traduction ?) des tonnes de bonus présents sur l'édition américaine : commentaire audio d'un historien, sujet sur la censure, documentaire sur le tournage, réflexion sur la place du film dans la carrière du maître, l'alchimie entre Grant et Grace Kelly... Scandale ? Oui tout à fait.

 

Liste des bonus : Aucun.

 
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