CENDRILLON
Cinderella - Etats-Unis - 1950
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cendrillon  »
Genre : Animation, Conte
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 7.1
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 75 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 26 septembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cendrillon  »
portoflio
LE PITCH
Une jeune orpheline, Cendrillon, est victime de la méchanceté de sa belle-mère et de ses deux filles qui la considèrent comme leur bonne à tout faire. Seuls ses amis les animaux et particulièrement les souris Jaq et Gus lui apportent quelque réconfort. Un soir, aidée par sa marraine la Fée, elle assiste au bal donné en l’honneur du Prince. Mais, au douzième coup de minuit, le charme est rompu et Cendrillon doit retourner à sa vie de misère. Toutefois, le Prince, tombé fou amoureu...
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la magica bou

Conte ultra célébré et raconté à travers le monde, Cendrillon de Charles Perrault est aussi l'un des plus grands succès du studio Disney. C'est aussi la marque d'une méthode, d'une école, même si le grand Walt aurait bien aimé s'en passer.

Les critiques contre le studio Disney reposent le plus souvent sur deux axes. Celui de l'appauvrissement du conte ou de l'œuvre originale par le biais de l'éviction des éléments les plus sombres, et la manifeste démarche économique qui pousse à reproduire inlassablement des recettes éprouvées. Mais en observant les débuts du studio, il est évident que si démarche économique il y avait (obligatoire lorsque l'on dirige une telle entreprise), elle était clairement au service d'une exigence artistique incroyable (Pinocchio absolument unique), d'une succession d'expérimentations incroyables (Fantasia, le duo mexicain Saludos Amigos / Les Trois Caballeros) et aussi de séquences loin de la niaiserie commune (la sorcière de Blanche Neige, la mort de la mère dans Bambi...) dont le succès furent tels auprès du grand public... qu'ils faillirent faire couler définitivement le studio. En 1950, il faut rappeler que seul Blanche Neige avait été synonyme de réelle et remarquable rentabilité. Celui qui voulait repousser les limites du cinéma d'animation, faire de son studio un vivier de création (voir sa collaboration avec Dali) et en profiter pour agrandir son parc d'attractions, voyait donc ses rêves s'effondrer. C'est la qu'intervient Cendrillon, projet que le producteur traînait depuis près de vingt ans dans ses cartons (un court métrage muet en atteste), mais qu'il repoussait pour cause de similitude avec Blanche Neige et les 7 nains. Chaque court-métrage non dédié à Mickey Mouse étant boudé (Disney finit par se désintéresser d'ailleurs totalement du personnage), les familles réclamaient à corps et à cris un retour au conte de fée classique.

 

la belle et les bêtes

 

Cendrillon est donc une solution de la dernière chance pour le Studio Disney qui pour le coup ne va prendre aucun risque en calquant directement sa trame sur celle de son premier grand film, recopiant à peu de choses près la personnalité (très limité) de son héroïne et s'efforçant d'alterner gentiment entre romance sirupeuse et gags cartoonesques maintes fois éprouvés. Les deux œuvres l'une à côté de l'autre, le parallélisme est confondant : la confection de la robe par les gentils oiseaux et les souris singe la fameuse séquence du ménage, les mimiques de la méchante belle-mère sont identiques, les rongeurs ont le même rôle que les nains, et les graphismes ronds et joviaux font leur grand retour. Même atmosphère, même célébration de la gentille cul-cul de service, mais non sans avoir laissé de côté les passages les plus charismatiques du long-métrage de 1937 : pas de séquence effrayante ici, pas de méchant chasseur, pas de forêt cauchemardesque. Au passage, marqué par dix ans de disette, Cendrillon ne profite pas du budget imposant de ses prédécesseurs, les artistes livrant ici certes quelques superbes décors et des animations de personnages toujours aussi soignés et fins, mais n'hésitant pas à laisser quelques arrières-plans vides (remplacés par des dégradés de couleurs), limitant leurs cellulos à de très rares ombrages... allant finalement constamment à l'essentiel. Sans heurt et sans prouesse (même la fameuse chanson de la marraine tourne court), Cendrillon va ainsi sauver le studio, lui permettre de repartir sur des bases financières saines, mais on peut le regretter, sur un mauvais pied plutôt que sur un élan purement créatif.  Le savoir-faire est évident, aussi bien techniquement que dans le story-telling, mais le génie des débuts a définitivement disparu. Et même si par la suite le studio aura livré quelques très beaux films, dans son âme, il ne s'en sera jamais vraiment remis.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
A l'image de toutes les précédentes rééditions de classiques Disney en HD, Cendrillon a profité d'une refonte totale de son master. Restructurée en partie grâce aux cellulos d'origine, la pellicule à été entièrement retravaillée numériquement pour faire disparaître avec pureté la moindre traces des différentes étapes de distribution : pas un soupçon de grain, pas une tache, pas une perdition ou une variation de teinte qui ne soit voulue. Et toute cette opération se fait systématiquement sans qu'aucun détail du film original ne soit atteint ou atténué. Bien au contraire. Virginale, parfaite, fine et riche, la copie apporte désormais des couleurs pastel chaudes et contrastées, des contours précis appuient la richesse des plus beaux décors. On ne peut vraiment pas dire que Disney traite ses Blu-ray par-dessus la jambe.

 

Son :
Le studio a bel et bien décidé d'en mettre plein les oreilles avec de nouveaux mixages DTS-HD Master Audio 7.1. Un changement de taille pour un long-métrage forcément sorti au départ en format mono. Si ce coup de jeune permet en premier lieu de nettoyer les petits effets d'écho et d'étouffement d'alors, de donner une nouvelle impulsion aux dialogues et à certains bruitages, il permet surtout de donner un coffre totalement inédit au film. Usant intelligemment de tous les canaux, la piste se montre étonnamment dynamique et enveloppante, donnant à la musique et aux petits détails sonores un naturel assez étonnant, préservant à la fois la sonorité d'époque et la rapprochant pourtant au plus près des dernières productions. Superbe.

 

Interactivité :
Pour créer l'évènement autour de ce que les américain appellent une "Diamond Edition", Walt Disney Studio a eu l'idée saugrenue d'organiser un énorme concours pour gagner une paire de chaussures de bal designées pour l'occasion par Christian Louboutin, en poussant les petites miss à confondre féminité et figure ringarde (et assez machiste) de la petite princesse bien disciplinée. Passons. De cela, il en reste tout de même une trace ici, via un court-métrage un poil mégalo conçu par Louboutin en personne et le studio Disney, mettant en scène la création de la chaussure façon conte de fée avec quelques (très jolis) inserts animés. Pas franchement emballant, tout comme le nouveau documentaire consacré à la femme qui a inspiré la fée du film, et dont la vie semble avoir été marquée par une forte volonté d'entraide et de combat humanitaire. Pourquoi pas, mais la tonalité de l'ensemble, bien trop américaine, ennuie très vite. Reste heureusement deux nouveaux suppléments bien plus accrocheurs, à commencer par l'ouverture alternative du film, redécouverte récemment et reproduite ici à l'aide d'images story-boardées. Le second est le court métrage « Le Mariage de Raiponce » projeté en salles pour accompagner la version 3D, qui se présente comme un cartoon survolté et extrêmement sympathique. Du bon et du moins bon, mais heureusement, l'intégralité des supléments produits pour le double DVD collector reviennent ici avec un passionnant sujet sur les 9 vétérans, sur l'illustratrice Mary Blair, une flopée de galeries d'images et de croquis, les scènes coupées et chansons non-utilisées et bien entendu un authentique making of. Si celui-ci tente de cacher le mépris réel de Disney pour ce long métrage, il ne fait cependant pas de mystère des difficultés financières du studio, revenant sur les différentes versions envisagées du long-métrage et évoquant admirablement le travail des designers, animateurs et compositeurs. Un vrai trésor comme toujours.   

Liste des bonus : Mode Disneyview, Introduction de Diane Disney Miller (1'), Le mariage de Raiponce (6'), La vrai Marraine-fée (12'), Le Nouveau Fantasyland (8'), La Magie de la pantoufle de verre (10'), Ouverture alternative (1'), 3 scènes coupées (10'), 7 chansons inutilisées, 3 émissions radio d'époque,  « La production de Cendrillon » (38'), « La Cendrillon qui faillit voir le jour »(14'), Comparaison storyboard/film, Hommage aux 9 vétérans des Studios Disney (22'), Le talent de Mary Blair (15'), « Cendrillon - Laugh-O-Grams » (7'), Extrait du Mickey Mouse Club (5'), Galerie d'images, Bandes-annonces.  

 
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