LES NOUVELLES AVENTURES DE TARZAN
Adventures of Tarzan / Tarzan and the Golden Lion / The New Adventures of Tarzan - Etats-Unis - 1921/1927/1935
Image plateforme « DVD »
Image de « Les Nouvelles aventures de Tarzan »
Genre : Aventure
Image : 1.33 4/3
Son : Muet ou anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 448 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 26 novembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Nouvelles aventures de Tarzan »
portoflio
LE PITCH
La Déesse Verte est un totem adoré par le peuple d’une cité perdue du Guatemala. Ce totem contient des bijoux ainsi qu'une formule pour un explosif super-puissant pouvant menacer la sécurité de la planète si elle tombait en de mauvaises mains…
Partagez sur :
Ooooooooyio !

Si l'autre grande saga d'Edgar Rice Burroughs, John Carter from Mars, a fait un petit détour au cinéma l'année dernière, il est très étonnant que depuis des années le grand Tarzan n'ait pas fait parler de lui. Comme si un seigneur de la jungle paradant en slip et chevauchant un éléphant était forcément d'un autre âge. Non mais vraiment.  

 

A une époque où les elfes combattent des armées d'orcs, où les voyages interstellaires pullulent sur grands et petits écrans, difficile de s'imaginer que durant des décennies le summum de l'aventure au cinéma était un homme vêtu d'un simple pagne. Créé en 1912 par l'honorable Edgar Rice Burrough, Tarzan fut adapté presque dans la foulée en film (1918) sous le titre Tarzan of the Apes. Et ce n'est que le début ! Car si la plupart des spectateurs actuels se souviennent vaguement des poses héroïques du nageur Johnny Weissmuller (pour la Warner), des rediffusions inlassables de la série TV avec Ron Ely, voire même de l'excellente partition de ce brave et hexagonal Christophe Lambert, nombreux sont les athlètes à avoir tenté de pousser le fameux cri de la jungle. L'intention du coffret Bach Film est bien là : montrer trois adaptations oubliées (mais pourtant fameuses en leur temps) comme autant d'approches plus ou moins élogieuses, mais où rejaillit systématiquement l'énergie du personnage.

 

aphone

 

On commence par le serial muet Les Aventures de Tarzan, saga de 15 épisodes permettant à Elmo Lincoln, premier acteur à avoir donné corps au roi des singes, de faire sa référence dans une sorte de compilation incroyablement naïve de tous les clichés habituellement accolés au personnage : peuple noir complètement primaire (« bouga-bouga »), animaux gentils et dociles, cité perdue et mystérieuse et surtout une Jane complètement débile passant son temps à se faire capturer par le méchant Clayton (entres autres). Pas forcément très imaginatif dans sa mise en scène, l'objet se montre répétitif dans ses péripéties, prévisible et constamment décrédibilisé par un acteur pas franchement marquant et surtout des plus lourdauds... sans oublier sur une coiffure pré-hippie assez improbable. Amusant forcément, avec tout de même quelques cascades et castagnes assez réussies (cf ce combat de catch contre deux lions !), le long-métrage réunit ici dans un montage de plus de deux heures fut pourtant l'un des grands succès de 1921 aux côtés du Kid de Charlie Chaplin ! Les connaisseurs peinent surtout à reconnaître ici la complexité du personnage original, normalement tout autant homme sauvage que Lord Anglais aux aventures pourtant assez éloignées de ces grands spectacles pour enfants. Pourtant Tarzan et le lion d'or enfonce le clou. Dernière production muette pour ce cher Tarzan, cette courte tentative est surtout mémorable pour l'apparition totalement illégitime et inutile d'une frangine (Betty Greystoke...) et la manière ridicule avec laquelle James Pierce (gendre de Burroughs) communique avec ses amis les bêtes : « méchant lion, va t'excuser au monsieur que tu viens d'essayer de manger ! ». Imparable au second degré, la petite péloche reste très agréable, en partie grâce à son aspect concentré, mais aussi car malgré quelques entorses au romans, il y est clairement fait mention des origines aristocratique du héros. Un petit plus, tout comme la participation de la trogne de Boris Karloff.

 

noble sauvage


Enfin, partant du principe que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Edgar Rice Burroughs crée en 1935 sa propre société de production (la bien nommée Burroughs-Tarzan Entreprises Inc) afin de livrer une version adéquate de son œuvre littéraire. Les Nouvelles Aventures de Tarzan impose d'ailleurs immédiatement sa plus-value en affichant des séquences extérieures réellement tournées au Guatemala, lieu de l'action, assurant des visions noir et blanc bien plus naturelles, crédibles et exotiques. Jalonnés de multiples tours et détours, de rebondissements inlassables, les épisodes s'inscrivent dans un grand cinéma d'aventure en usant à merveille de décors grandiloquents, dont des ruines gigantesques où se déroule d'ailleurs une séquence de batailles véritablement épique entre les amis de Tarzan et les disciples de la « déesse verte ». Loin du comportement très colonialiste crétin des précédents films (et dans une moindre mesure de la série des films Warner qui remportait un grand succès à l'époque), le sérial en 12 épisodes de Edward A. Kull (The Vanishing Dagger) rend véritablement hommage au personnage, en soulignant sa coexistence avec les peuplades « primitives » et les différents animaux qui croisent sa route. Mieux, à l'instar du futur Greystoke, La Légende de Tarzan de Hugh Hudson, toutes les facettes du personnage sont bel et bien là (dont plusieurs séquences où Tarzan revêt ses habits de Lord) et parfaitement incarnées par un solide Herman Brix (qui connaîtra une seconde carrière sous le nom Bruce Bennet). Si l'on ne peut que sourire devant les redondances de certaines actions, la propension naïve de Tarzan à voyager à chaque occasion à bout de liane et le manque de puissance de son petit cri viril, Les Nouvelles Aventures de Tarzan est clairement l'une des meilleures adaptations du mythe et surtout l'une des premières à véritablement lui donner l'étoffe d'un seigneur du cinéma.  

Nathanaël Bouton-Drouard










Partagez sur :
 

Image :
Vieilles productions n'ayant plus connu la gloire depuis belle lurette, ni le soutien d'un grand studio pour leur préservation, les trois longs-métrages du coffret ne nous parviennent pas dans leur prime jeunesse : noir et blanc pas toujours stable, effets neigeux, stries, griffures et autres taches viennent gâcher le visionnage quand ce n'est pas directement la disparition visible de quelques photogrammes. En même temps, on s'attendait à quoi ?

 

Son :
Les Nouvelles Aventures de Tarzan laisse entendre fièrement un bon vieux mono d'époque terriblement fatigué, parfois étouffé, parfois fragmenté. Ca sent bon l'oldies tout ça, et le spectateur est immédiatement transporté dans le temps à défaut d'entendre tout clairement (heureusement y a les sous-titres pour tout comprendre). Pas beaucoup mieux pour les deux autres productions qui, étant de toute façon muettes, ne sont accompagnées que de bandes sonores anecdotiques agrémentées de quelques bruitages.

 

Interactivité :
Proposés sous la forme d'un joli coffret cartonné, les trois disques de l'édition comportent respectivement la première partie des Nouvelles Aventures de Tarzan + Tarzan et le lion d'or  pour l'un, la seconde partie du serial pour l'autre et enfin l'intégralité des Aventures deTarzan pour le dernier. Chaque film est accompagné de deux présentations concoctées par Guy Deluchey (Moi Tarzan, Mémoires de l'homme-singe) et Jean-Pierre Piton (Le Cinéma fantastique chez Cinémaction). Deux approches qui ne différent pas toujours assez, mais permettent d'évoquer avec passion les petites anecdotes entourant les différents tournages (choix des acteurs, adaptations parcellaires...), de comparer avec les romans de Burroughs ou de critiquer certains choix artistiques. Confirmant l'aspect « initiation » du coffret, leurs interventions laissent entrevoir toute la richesse de l'univers de Tarzan et donnent clairement envie de replonger dans un futur mini-box supplémentaire.

Liste des bonus : Présentations des films par Guy Deluchey, Entretiens avec Jean-Pierre Piton. 

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021