LE VERDICT
The Verdict - Etats-Unis - 1982
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Image de « Le Verdict »
Genre : Thriller
Réalisateur : Sidney Lumet
Musique : Johnny Mandel
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, français DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 129 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 7 août 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Verdict »
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LE PITCH
Avocat déchu et alcoolique, Frank Galvin racole ses clients dans les salons funéraires jusqu’au jour où il accepte de travailler sur l’affaire Deborah Ann Kaye, une jeune femme qui, victime d’une erreur médicale, est plongée dans un profond coma. Ce dossier, qui risque de provoquer un scandale et de nuire la réputation de l’hôpital, va être pour Frank l’occasion de retrouver sa dignité… ou de la perdre définitivement.
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Justice aveugle

Presque 25 ans après son premier chef d'œuvre cinématographique, 12 Hommes en colère, Sidney Lumet se reprenait à errer dans les couloirs d'un tribunal pour les bons soins du Verdict. Un film à charge (comme on dit dans le jargon) mais où l'immoralité de l'affaire se joue moins dans les détails du fait divers, que dans un abandon quasi-général du bien fondé de la justice.

D'ailleurs les deux films semblent constamment se parler, échanger, et surtout se confronter. 12 hommes en colère démontrait comment le dialogue, la réflexion, la morale et l'émotion pouvait amener un jury à reconsidérer une affaire livrée clefs en main, pour y découvrir une vérité (pas forcément LA vérité) humaniste. Un message plutôt optimiste, dont on a presque perdu toute trace dans Le Verdict laissant hors-champs les délibérations du jury, mais filmant la découverte des faits, la lente enquête d'un avocat paumé et surtout, les mécaniques verrouillées, gangrénées par la facilité, l'argent et le pouvoir. Dans 12 hommes en colère, Sidney Lumet discourait sur ce qu'il fallait faire, dans Le Verdict, il présente froidement ce qui se fait. Une affaire se gagne sur un échange d'argent négocié à l'amiable, les avocats et les juges se fichent des victimes et des accusés, mais jamais de leur importance visible dans les différentes strates sociales... une certaine idée du prestige.

 

délibérations


L'image est terrible, et cruellement vraie et c'est ce contre quoi Frank Galvin va tenter de se battre dans un dernier sursaut. Un personnage brillamment écrit d'ailleurs par David Mammet (La Prisonnière espagnole), puisque combinant à la fois sa propre déchéance (alcoolisme, apathie, fatalisme maladif) et sa propre rédemption superbement illustrée par un polaroid sur lequel la victime apparait lentement, au rythme de sa propre prise de conscience. Le dernier combat, et celui au passage de l'acteur Paul Newmann qui délaisse totalement son charme et son magnétisme, pour dépeindre avec pudeur un personnage complexe, fatigué et attachant. Maitrisant comme toujours son rapport avec le casting, Lumet travail avec chacun d'eux une apparence plein cadre faite moins de dialogues que de silences et de regards. Un cinéma à l'économie, précis dans sa construction et superbement discret dans sa stylisation, qui scrute le trouble et la volonté de ses personnages, laissant la latitude à un acteur de la trempe de James Mason (Lolita, La Mort aux trousses) de créer un personnage d'avocat rompu à l'exercice, malin mais malsain par son acceptation totale des petites manipulations et corruptions du système. L'exercice est rigoureux, rodé, presque trop parfois, Lumet gardant une distance constante avec l'émotion, la passion, la colère, nous refusant l'indignation, aboutissant ainsi à un Verdict qui ploie parfois sous son propre classicisme.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Après le superbe bluray de 12 hommes en colère, c'est forcément étonnant de découvrir un autre métrage de Lumet, chez le même éditeur, empaqueté dans la même collection mais qui manifestement n'a pas eu les mêmes honneurs que son prédécesseur. En l'occurrence, le nouveau master est bel et bien exempt de retouches inélégantes, de DNR invasif et étale sa capture HD en 1080p avec une certaine élégance : couleurs pénétrantes, noirs bien tenus, arrière-plans profonds, détails à foison et patine argentique... Ce serait clairement un régal si seulement tout cela avait été accompagné d'une véritable restauration. En l'état certains plans sont particulièrement instables, abimés et de toute façon le film est constamment parsemé de spots noirs et blancs qui vont et viennent. Dommage.

 

 


Son :
Tourné à l'origine en mono, le film est ici proposé dans un DTS HD Master Audio 5.1 très classieux. Sauf qu'en dehors de quelques effets de salle d'audience (échos, léger brouhaha) et une ou deux voitures dans la rue, le mixage s'avère simplement un mono nettoyé et pure. Très bon confort d'écoute en tout cas, au dessus de son équivalent français, en DTS 5.1 qui lui aussi se révèle excessivement frontal mais avec un léger souffle.

 

 


Interactivité :
Bel effort de la part de l'éditeur qui accompagne Le Verdict d'une pléthore de documents dans l'ensemble très intéressants. Même le petit making of d'époque (a l'image abimée) s'efforce constamment de parler de cinéma et d'acting, sans se vautrer dans la pub facile. De toutes façon les thèmes abordés sont largement redéveloppés dans le making of rétrospectif compilant les interventions des acteurs, du producteurs, de Lumet et de la femme de Mamet, qui reviennent sur les petites tensions autours du final du scénario originae (qui justement s'achevait avant le « verdict ») ou la motivation de Newman. Un segment parfaitement complété par ceux concentrés sur l'interview de Lumet d'un coté et celle de Newman de l'autre. Ils y discutent de leur collaboration, de leur vision du film ou affleurent dans les deux cas une modestie et une honnêteté évidente.
Reste le documentaire « Petites histoires d'Hollywood » qui arrive un poil trop tard dans le menu puisque n'apportant absolument aucune information inédite, et bien entendu le commentaire audio. Si Newman y est crédité c'est uniquement parce qu'une section d'interview y a été brièvement glissée. Pas important, Sidney Lumet profite de la place qui lui est donné pour se livrer à une leçon de cinéma comme il en a le secret, réfléchissant sur l'écriture, sur la mise en scène, le montage, le rythme et la justice avec un sens du didactisme des plus efficaces. Passionnant.

Liste des bonus : Commentaires audio de Sidney Lumet et de Paul Newman, Making of (9'), Paul Newman, l'art de jouer (9'), Sidney Lumet, l'art de réaliser (11'), Documentaire rétrospectif (23'), Petites histoires d'Hollywood : Le Verdict (22'), Bande-annonce.

 
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