STAR TREK TOS – SAISON 1
Star Trek The Original Series Season 1 - Etats-Unis - 1966
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Space Opera
Réalisateur : Gene Roddenberry
Musique : Alexander Courage
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 7.1, français, anglais, allemand et espagnol en mono
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 29 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 27 mai 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans le futur, les habitants de la terre se sont tous regroupés en paix avec d’autres civilisations sous la bannière de la Fédération. A bord de l’USS Enterprise, Le capitaine Kirk et son équipage explorent les tréfonds de l’espace afin de rencontrer de nouvelles espèces, de nouvelles formes de vie.
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Vers l'infini et au-delà

En comparaison des nombreuses séries lancées entre les années 80 et 2000, des onze longs-métrages cinéma et d'une multitude de produits dérivés, la série originale Star Trek n'a pas fait long feu. Pourtant, malgré la suite/remake de J.J. Abrams, ce que les fans appellent désormais, le respect dans la voix, Star Trek TOS affiche une profondeur que peu de ses enfants peuvent se vanter d'approcher.

 

En 1965, la science-fiction se fait des plus rares à la télévision, si ce n'est par le biais de quelques épisodes de La Quatrième Dimension et de son concurrent Au-delà du réel. Mais ce sont des stand-alone. De son côté, Gene Roddenberry se cantonne depuis 1951 aux westerns classiques et aux séries policières. Lui qui s'abreuve depuis l'enfance de romans de SF et a grandit avec les pulps aimerait amener cette ouverture dans le petit écran. Il finit par intéresser la NBC qui lui commande un premier pilote. The Cage montre un équipage constitué par Numero Un (Majell Barett), Spock (Leonard Nimoy) son assistant et le Capitaine Pike (Jeffrey Hunter) confrontés à une étrange race extraterrestre. Le commandant se fait enlever et placer dans un vivarium où les aliens souhaitent le voir se reproduire (on pense alors fortement à Abattoir 5 de Kurt Vonnegut Jr). Jugé peu populaire et osé, le pilote est refusé, mais le concept interpelle la chaîne qui en commande un nouveau. Un fait rarissime qui aboutit à Where no man has gone before où l'on voit alors l'équipage définitif de l'Enterprise : Le Capitaine Kirk (William Shatner), le Commandant Spock (qui a pris du galon entre temps), les lieutenants Sulu (George Takei) et Scotty (James Doohan). Dans celui-ci on voit deux membres de cet équipage recevoir mystérieusement des pouvoirs extraordinaires. La chaîne crédite enfin  le projet et commande les 28 autres épisodes.

 

Combats pacifiques

 

Lors de son arrivée sur l'antenne en 1966, Star Trek peine à se faire remarquer. La SF n'est effectivement pas dans le cœur de tous les américains (plus concentrés alors sur les aléas de la guerre froide) et Neil Armstrong n'a pas encore posé le pied sur la Lune. Surtout, l'aspect pacifique et philosophique échappe à nombre de spectateurs peu habitués à avoir une série qui exige, entre deux petites piques verbales, une certaine réflexion de leur part. Roddenberry croit en l'être humain et prône un futur où la Terre est enfin débarrassée des remous guerriers et des affrontements de pouvoir. L'évacuation de ces « tares », qui entravent l'évolution humaine, laisse dès lors la place aux vraies questions : qui sommes-nous, où allons-nous... Star Trek est une série profondément métaphysique et théologique, cachant sous couvert de délires Space Opera et de castagne peu convaincante un sous-texte exigeant. Mais malgré ses indéniables qualités, la série ne rencontre pas le succès escompté et seul le soutient d'une critique dithyrambique et de romanciers/scénaristes tels que Richard Matheson (Je suis une légende), Theodore Sturgeon (Les Plus qu'humain) ou Robert Bloch (Psychose), va sauver le programme pendant trois années consécutives. Il va falloir attendre la rediffusion de ces épisodes sur le câble régional l'année suivant l'arrêt pour que le feu prenne. Peu à peu, de plus en plus de personnes se retrouvent religieusement pour voir ou revoir le moindre épisode diffusé. Conscient de cet effet retard, les producteurs reviennent la queue entre les jambes. Ce sera tout d'abord une série animée en 1973 pour deux saisons, doublée par les vrais acteurs, puis une série de films (six en tout pour le premier équipage) qui vont faire entrer la licence dans un véritable âge d'or.

 

Premiers voyages

 

Sur un principe relativement simple (un vaisseau se dirige vers l'infini de l'espace), les scénaristes vont s'atteler à construire peu à peu l'une des séries les plus ambitieuses de l'histoire. Car malgré des costumes pyjama et des décors ultra fauchés, les scénarii explorent à chaque fois une question scientifique ou philosophique, et en tout cas tentent toujours de faire réfléchir le spectateur sur sa condition d'être humain et son rapport à l'autre. Une fois  après avoir pris un certain recul, lorsqu'on laisse de côté l'aspect minimaliste du design, les effets spéciaux hasardeux et surtout les costumes assez risibles (même les plus grands fans sont obligés de le reconnaître, les pyjamas sont un peu dépassés aujourd'hui) on peut savourer la richesse scénaristique de ces épisodes et la poésie délicieusement rétro qui se dégage de cette vision colorée et kitsch d'un avenir à l'optimiste décomplexé. Campé par une trinité représentant la complexité de l'esprit humain (Kirk, l'impulsif, Spock la logique et McCoy l'instinct), l'équipage de l'Enterprise semble parfois dans cette première saison encore hésiter sur certains traits de leur psychologie et leur connexion fondatrice, tandis que la mise en scène télévisuelle manque régulièrement d'impact (voir le fameux corps-à-corps entre Kirk et l'alien reptilien). Mais cette mise en jambe n'en reste pas moins des plus convaincantes, même plus de quarante ans après.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

 

 

 

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Image :

Aucune autre série, aussi culte soit-elle, peut se vanter d'avoir profité du même soin depuis son arrivée sur format numérique. Les épisodes de la première saison de Star Trek avaient déjà eu le droit à une jolie restauration pour leur sortie DVD. Pour ce passage au format HD, les masters on été retravaillés image par image pour faire disparaître la moindre tache ou perte de définition. Le résultat est tout simplement superbe et permet à la série de retrouver son aspect clinquant et flashy, avec des contrastes poussés au maximum et une précision omniprésente. Le grain de pellicule de l'époque est toujours légèrement présent (plus sur les plans d'effets spéciaux de l'époque), mais cela ne cache jamais ce lifting parfaitement réussi. Un régal.

 

Son :

Le travail est tout aussi respectable pour le nouveau mixage sonore Anglais DTS HD Master Audio 7.1 (contre du TrueHD 5.1 sur les anciens HD-DVD), qui malgré une amplitude étendue s'évertue surtout à respecter le travail initial (pour les puristes le mono d'origine répond présent). Les effets restent donc essentiellement frontaux, mais avec une jolie limpidité, et seules les envolées de l'Enterprise et autres batailles spatiales usent pleinement des sept canaux en dynamisant au maximum les situations. Il n'en reste pas moins qu'entièrement restaurée (la bande originale d'Alexander Courage a même été réenregistrée), la piste sonore se découvre une jolie modernité sertie de bruitages improbables. Pour le reste (donc le  français), il faudra encore se contenter d'un mono d'époque pas désagréable mais souffrant d'un léger souffle, où la richesse du mixage peine aujourd'hui à trouver son équilibre.

 

Interactivité :

A l'image des premiers films, la première série Star Trek a profité pour son atterrissage dans le XXIème siècle d'une remasterisation complète entraînant certes restauration et réenregistrement de la bande originale, mais aussi une refonte complète des effets spéciaux. Loin de la trahison signée George Lucas pour ses éditions spéciales de Star Wars, il n'est ici aucunement question de relire les fameuses scènes, mais plus sobrement de les améliorer avec des images de synthèse sobres mais spectaculaires (et bien plus dynamiques), des rayons laser plus colorés, des décors extraterrestres plus ambitieux... Le tout sans jamais s'éloigner de l'esthétique des 60's. Comble du bonheur cette nouvelle version n'est jamais imposée et le spectateur peut revenir à loisir sur le montage original. Un travail considérable exposé dans un making of très précis sur les ambitions de l'équipe de restauration, exposant quelques comparatifs éclairant ou s'attardant sur le réenregistrement des musiques d'Alexander Courage. Pour le reste, l'essentiel était déjà visible lors de la sortie DVD avec de nombreux documents s'attardant tour-à-tour sur le personnage de Spock, l'approche particulière de la science-fiction dans la série, les souvenirs de tournage ou même les amourettes hautement sexy de Kirk et ses comparses. De petits segments tantôt passionnants, tantôt amusants, où surnage la mémoire et la personnalité d'un Leonard Nimoy décidément très attachant. On reste toujours aussi dubitatif devant le sujet sur la vie de château d'un Shatner bedonnant, mais cela est vite rattrapé par les archives vidéo de l'acteur Billy Blackburn (dont le rôle était simplement de faire semblant d'appuyer sur de nombreux boutons) qui s'était alors armé de sa petite caméra pour tourner des coulisses rarissimes. Un programme chargé et complet où manque toujours cruellement à l'appel le fameux pilote The Cage, dont les événements furent finalement réintégrés à la chronologie officielle sous forme de flashbacks. D'autant plus curieux qu'une VHS fut un temps exploitée. Enfin les plus accros pourront visionner certains épisodes avec l'option Starfleet Access, faisant apparaître une fenêtre habitée par quelques spécialistes de la saga qui accumulent les petits détails curieux et pointus, voire carrément se lancer dans l'option BD-Live où sont à disposition quelques interviews supplémentaires. A noter qu'aucun de ces deux suppléments ne dispose de sous-titres français. Enfin, dernière petite déception, l'apparence même du coffret, simple boîte de plastique bleu recouverte d'un fourreau, qui paraît largement moins classieuse que la super boîte arrondie et jaune de la première édition DVD.

 

Liste des Bonus : Version remasterisée et version d'origine de chaque épisode, Starfleet Access (visionnage interactif) sur certains épisodes, Voyage spatial : transporter Star Trek au 21ème siècle (20'), Réflexions sur Spock (12'), La vie après Trek : William Shatner (10'), Au mépris du danger - saison 1 (19'), La Naissance d'un héritage intemporel (24'), Visionnaires de science-fiction (17'), Le coffre au trésor de Billy Blackburn : films rares et souvenirs extraordinaires (14'), Secrets d'alcôves : idylles au 23ème siècle (8'), Accès BD-Live, Teasers et bandes annonces.

 
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