NO PAIN NO GAIN
Pain & Gain - Etats-Unis - 2013
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « No Pain No Gain »
Réalisateur : Michael Bay
Musique : Steve Jablonsky
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, Dolby Digital français, espagnol, allemand...
Sous-titre : Français, anglais, néerlandais...
Durée : 130 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 15 janvier 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambiti...
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Boeuf 100% US

Michael Bay. Son nom suffit a faire hérisser les poils de nombres de cinéphiles ne supportant plus depuis longtemps sa débauche de thune et de mauvais à grands coups de blockbusters vomitifs (la trilogie Transformers), tandis que d'autres peinent à dissimuler leur petit orgasme primitif. Génie de la technique ou beauf achevé du 7ème art ? No Pain No Gain laisse tout de même entrevoir un semblant d'intelligence derrière toutes ces explosions...

Ralentis interminables, héros débiles, machos et toujours dotés d'un petit fond de racisme (et Bad Boys 2 est à ce titre le pire de tous), spectacle bardé de mécaniques huilées et de gonzesses écartant lascivement les cuisses, le cinéma de Michael Bay n'a jamais fait dans la dentelle, ni dans le divertissement franchement respectable. En ce sens, Pain & Gain (merci pour le titre « français ») a de quoi déstabiliser puisque avec ses trois héros absolument décérébrés, célébrant l'Amérique fantasmée du fric et de l'apparence, citant la grandeur de Tony Montana de Scarface sans en comprendre la tragédie, ils symbolisent clairement tous ce qui hérisse chez Bay : véhiculant les plus tristes lieux communs (le juif riche et antipathique, les filles stupides et sautent au paf), ils ne brillent en définitive que par le luisant de leurs muscles de bodybuilder et leur abyssale stupidité. Sauf qu'une fois n'est pas coutume, le film en est clairement conscient, ne dérivant plus vers une célébration de la crétinerie, mais la traitant avec distance, humour, telle une farce noire et tragique où le « rêve américain » s'effondre sous une cruelle et lamentable réalité : le poids de la viande.

 

De la fonte dans lA tronche


Un ton étonnant de la part de Bay, qui affirme dans tous ses interventions, son dernier essai comme sa première œuvre authentiquement personnelle, retrouvant enfin les coudées franches d'un budget nettement plus raisonnable. Un petit pas vers la rédemption ou une inopinée sortie de route, en tous cas le film réussit à trouver son équilibre entre premier et second degré, mauvais goût et furieuses saillies, bien plus talentueusement portées par les épaules larges de Dwayne Johnson (aussi drôle que dans Be Cool) que par les sourcils lourdauds de Mark Wahlberg. Toujours très méchante, joyeusement clinquante et débonnaire, la comédie a ce petit charme rageur, cette espièglerie du sale gosse qui séduit irrémédiablement malgré les méfiances premières et qui surtout donne à voir une vision lucide d'un empire décadent. Rares y sont les personnages à se sortir la tête de l'eau d'ailleurs, entre la police incapable et les trois kidnappeurs les plus nazes du monde, si ce n'est le privé cool incarné par l'impeccable Ed Harris, regrettant que ces trois gaillards, se transformant en tueurs de Kiloutou, ne soit pas condamnés pour leur plus gros péché : leur connerie fondamentale. Sans aucun doute ni comparaison possible, No Pain No Gain est le meilleur film de Michael Bay, en tout cas le seul ressemblant à une œuvre cinématographique, certes toujours plongée dans un montage frôlant parfois l'hystérie, une photographie criarde et la mesure d'un mauvais clip de rap... Mais pour une fois ces excès sont en accords avec le sujet. Un miracle qui aurait pu donner quelques espoirs sur le reste de la carrière de Mister Armageddon, las, le voilà qui rempile avec un 4ème Transformers.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Chez Paramount, les films de Michael Bay sont considérés comme des machines de guerre, démontrant tout le luxe et la richesse des nouvelles techniques Haute Définition. Pas de gros robots ici, et pourtant le master est une nouvelle fois impressionnant de profondeur, imposant une masse de détails massifs et musclés, le tout baigné dans des couleurs vives et lumineuses en extérieurs, chaudes et saturés en intérieur. C'est maitrisé de bout en bout, criard et tape à l'œil à chaque instant, ce qui correspond parfaitement à l'identité baraquée du métrage.

 


Son :
Idem du coté du mixage DTS HD Master Audio 7.1, qui sans se perdre sous un déluge d'explosions en tous genres, réussit à démontrer une dynamique extrêmement soutenue, martelant les bits d'une BO tonitruante, accélérant le tempo général en traversant les différents canaux, profitant d'une clarté enthousiasmante et d'une ouverture des plus amples. Les ambiances réalistes sont joliment balancées, les dialogues toujours clairs et biens placés, et l'ensemble ressemble agréablement à un chaos parfaitement maitrisé. Quelle déception du coup, que la version française ne soit disponible que dans un simple Dolby Digital 5.1 clairement pas à la hauteur.

 


Interactivité :
Un seul bonus est présent sur cette édition, mais il reste tout de même des plus recommandables. Déballé en un peu moins d'une heure, Au Top compile une série de featurettes très inégales (les inutiles présentations des personnages) mais aussi quelques segments étonnamment captivants. En particulier d'ailleurs lorsque Bay est au centre de l'intérêt, discutant de son besoin de revenir à un projet plus modeste, à un ton inédit, et explicitant avec précision des choix techniques et esthétiques. Une fois encore ceux qui sont hermétiques au bonhomme ne reviendront pas forcément sur leur sentiment, mais lui reconnaitront au moins une connaissance pointue des derniers outils en date.

Liste des bonus : « Au Top » No Pain No Gain par Michael Bay (57').

 
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