LE MYSTèRE DES BALLES FANTôMES
Xiao shi de zi dan - Hongkong / Chine - 2012
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Genre : Policier
Réalisateur : Law Chi-Leung
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 19 février 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans une fabrique de munitions près de Shanghai, deux détectives enquêtent sur une série de meurtres attribuée au fantôme d’une ouvrière tuée lors d’une séance de roulette russe. Malgré les impacts, aucune balle n’est jamais retrouvée sur les scènes du crime. Pour élucider le mystère, l’inflexible duo va devoir déjouer le sombre complot qui se joue entre le patron de la fabrique et le chef de la police.
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Apparences trompeuses

Etrangement, et ce malgré un succès imposant partout dans le monde, les deux Sherlock Holmes de Guy Ritchie n'auront pas fait énormément d'émules. Le plus significatif est, de façon amusante, en provenance de Chine, avec certes des emprunts évidents, mais aussi un charme et un savoir faire plaisant.

Réalisateur plutôt discret par chez nous, mais ayant au moins laissé quelques traces avec son Viva Erotica polisson et brillamment interprété par le regretté Leslie Cheung, Law Chi-Leung a signé avec son dernier essais l'un des plus gros succès chinois de l'année 2012. Des spectateurs qui se déplacent en masse, une pluie de nominations aux Hong Kong films Award, Le Mystère des balles fantômes n'en reste pas moins qu'un démarquage évident des dernières aventures cinématographiques de la création de Conan Doyle. Entre l'ambiance profondément encrée dans les poussières de la révolution industrielle, le traitement très maniéré d'une photographie grisonnante et lourdement marquée, la mise en scène des détails propres à faire avancer l'enquête voir carrément à un final au ralentis outrageusement calqué, impossible de ne pas penser à ces deux modèles autant dans leur qualités formelles que dans leurs quelques excès... Sans parler de l'étrange reprise de quelques notes du thème de la série Sherlock dans la bande originale. Cela pourrait en devenir gênant, et cela l'est sans doute parfois, mais le film réussit pourtant à proposer un essai des plus concluants.

 

Dans le détail


Joliment emballé (en particulier un passage façon « film muet » très original), il est surtout particulièrement remarquable par la construction de son scénario, enquête terriblement alambiquér autour d'étranges meurtres impossibles, qui justement réveillent dans l'esprit toute le mélange de ludique et de noirceur des romans ciblés anglais, et ce jusque dans l'illustration d'une « aristocratie » créant ses propres fantômes à force d'exploitation inhumaine. Observer les deux enquêteurs et leur jeune apprenti rivaliser d'astuces, de déductions et d'imagination pour venir à bout d'un nuage de fumée à couche multiple est un véritable régal intellectuel (les énigmes à la Rouletabille ont toujours un aspect fascinant), mais aussi une astucieuse compétition entre les deux stars Lau Chin-Wan (Mad Detective, Le Grand Magicien) et Nicholas Tse (Viral Factor, Time and Tide), jubilants dans leur mélange de retenue et de petites trouvailles charismatiques. L'un se tourne constamment vers un regard humain, l'autre met en avant ses capacités de tireur hors paires, mais les deux ne se bornent jamais à une vision directe, jouant au chat et à la souris avec les truands de l'affaire, les corrompus, tant que l'un avec l'autre. Un divertissement malin, brillamment mené qui se paye le luxe de quelques retournement insoupçonnables (ou presque) que n'aurait pas renié Infernal Affairs. Une référence on ne peut plus hongkongaise pour le coup.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Forcément assez proche des aspirations esthétiques des deux Sherlock Holmes de Guy Ritchie, leur homologue chinois présente une photographie désaturée travaillant les variations de gris, les teintes terreuses et les noirs profonds. Le master HD présenté par HK Vidéo donne à tout cela une précision de très belle facture avec des contrastes impeccables et une lumière pointilleuse. Le léger grain numérique qui vient y donner du corps est clairement soutenu pas une compression pointue. Sens du détail, équilibre de la colorimétrie, profondeur de champs, tout ici est idéal.

 


Son :
Belle surprise que la piste mandarin DTS HD Master Audio 5.1 qui vient rivaliser directement avec les canons des grosses productions américaines avec un véritable soins apportés aux nombreux indices sonores du films, tout en donnant une vraie légèreté à la bande originale plutôt plaisante et bien entendu une clarté indispensable aux dialogues. Limpidité, confort mais aussi un grand dynamisme lorsque le métrage s'accélère avec des échanges de balles qui filent en tous sens et des explosions qui font trembler le sol. Très efficace et la version française, honnête, l'est presque tout autant.

 


Interactivité :
C'est du grand classique pour les amateurs de films chinois qui retrouveront ici les habituelles bandes promos et featurettes toutes aussi impersonnelles les unes que les autres. Entre deux entretiens bien polis on peut dégoter quelques images de tournage ou une petite anecdote pas franchement croustillante. Les toutes petites scènes coupées ne se montrent pas beaucoup plus aguichantes.

Liste des bonus : Les coulisses du tournage (8'), Scènes coupées (2'), Les Trois visages de Nicholas Tse (6'), Bandes-annonces.

 
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