LES 55 JOURS DE PéKIN
55 Days at Peking - Etats-Unis / Espagne - 1963
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Réalisateur : Nicholas Ray
Musique : Dimitri Tiomkin
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD 2.0, Anglais DTS-HD 5.1, Français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 156 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 20 octobre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Pékin, 1900. La révolte des Boxeurs prend de l'ampleur et les autorités chinoises sont divisées : le général Jung-Lu presse l'impératrice Tzu-Hsi d'arrêter les fanatiques, tandis que le prince Tuan lui conseille de les aider à chasser les étrangers. Face à la menace de conflit, les délégations étrangères regroupées au sein du Quartier des légations, organisent leur défense. Le major Matt Lewis arrive à Pékin à la tête d'un détachement chargé de protéger l'ambassade amér...
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De la Grandeur

C'est un grand film, de ceux qui font aimer le cinéma, qui ressort aujourd'hui dans une édition haute définition à couper le souffle. De quoi se replonger avec délectation dans une époque où le cinéma de spectacle savait se faire vraiment ambitieux.

Cinéaste majeur des années 50, décennie flamboyante qui le vit réaliser des chefs-d'œuvre tels que Le Violent, Johnny Guitare, La Fureur de vivre ou La Forêt interdite, Nicholas Ray s'était déjà adonné une fois aux fastes de la superproduction hollywoodienne, marchant sur les traces de Cecil B. De Mille pour réaliser le biblique Le Roi des Rois, lorsqu'on lui confia les rennes de ce qui allait être son dernier « vrai » long-métrage, celui qui nous intéresse ici. Miné par la maladie (il fut victime d'une crise cardiaque lors du tournage), Ray parvint pourtant, et malgré son remplacement partiel par le réalisateur de seconde équipe Andrew Marton, à investir le projet de ses propres obsessions humanistes, et à traiter la révolte des Boxeurs, évènement majeur de l'histoire chinoise, avec tout le sérieux et le panache qu'on lui connaissait. Tragédien dans l'âme, ayant œuvré dans presque tous les genres de l'Âge d'or ses studios, Nicholas Ray était sans aucun doute l'homme idéal pour mener à bien ce qui restera comme l'une des fresques épiques les plus impressionnantes de son époque.

 

Histoire et cinéma


S'ouvrant par un plan-séquence époustouflant de maîtrise, survolant les concessions des pays occidentaux installés à Pékin, Les 55 jours de Pékin préfère le spectacle et le romanesque à la véracité historique. Et c'est souvent tant mieux. En mêlant la petite histoire (la romance contrariée entre Heston et Gardner - qui se détestaient copieusement pendant le tournage -, l'histoire de la petite fille chinoise du soldat américain) à la Grande (l'Alliance des huit nations étrangères pour lutter contre la secte nationaliste des Boxeurs), Ray et son équipe (dont les légendaires chef-opérateur Jack Hildyard et compositeur Dimitri Tiomkin) se lâchent comme rarement dans la flamboyance de décors, costumes et figurants (dans les scènes de guerre comme dans les scènes plus « quotidiennes »), pour un résultat qui nous rappelle pourquoi le cinéma américain fut (et reste ?) le plus impressionnant du monde. Peut-être pas un chef-d'œuvre du genre, la faute à quelques visions caricaturales de la Chine et à un tournage en tous points chaotique, mais par sa beauté picturale stupéfiante, son sens de l'épique éblouissant et son casting impeccable (d'où surnage sans peine le toujours parfait David Niven), Les 55 jours de Pékin ne démérite jamais. C'est grand, c'est beau, et franchement, on ne se lasse pas de le revoir.

Frédéric Wullschleger



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Image :
Bonne nouvelle, mais sans surprise, Rimini reprend bien évidement la superbe copie restaurée à la source déjà proposée par Filmedia il y a quelques années. Une restauration littéralement époustouflante, pour un film aussi « vieux », qui retrouve une pureté d'image qui flatte la rétine, sans perdre de vue le rendu organique des matières et du grain. Difficile de faire la fine bouche devant des couleurs aussi éclatantes et une définition aussi précise. C'est beau !

 


Son :
Comme pour l'image, le travail sur le son est parfait. On préférera le 5.1 Anglais, plus ample, et qui donne toute leur saveur aux nombreuses scènes de foule aux nombreux figurants, rendant véritablement vivant le Pékin reconstitué. En lorsque la musique grandiose de Tiomkin se déploie, c'est carrément jouissif. C'est beau (bis) !

 


Interactivité :
Distribué en Bluray une première fois en 2014 par le défun Filmedia, Les 55 jours de Pékin revientchez Rimini sous la forme plus luxueuse d'un superbe Mediabook. Un packaging de luxe dont le premier ajout (en plus de faire plus classe sur l'étagère) reste le livre de 100 pages rédigé par Stéphane Chevalier. Une étude complète, bourrée d'informations et d'anecdotes sur la production impérieuse et chaotique du film (le choix controversé d'Ava Gardner, l'écriture bordélique du film, les conditions hallucinantes de tournage...) agrémenté de quelques portraits suplémentaires (Dong Kingman le responsable du générique, le décorateur, le producteur...). Le boitier contient aussi les Bluray et DVD du film dans sa version intégrale (avec ouverture, entracte et conclusion) et regroupe tous les bonus vidéos sur un DVD suplémentaire.

On notera ici la disparition du gros morceau de l'édition précédente, "Le baroud d'honneur de Nicholas Ray" par Christophe Champclaux (journaliste qui nous a malheureusement quitté il n'y a pas si longtemps), remplacé par les interventions séparées mais tout aussi précises de Jean François Rouger sur le dernier baroud des productions colossales hollywoodiennes, et Samuel Blumenfeld plus concentré sur le récit passionnant des coulisses. Des témoignages qui redessinent une époque révolue. Tout comme le sont les interviews d'époque de Charlton Heston et de sa femme, de David Niven, et du décorateur et costumier John Moore. Plus didactique, mais pas moins intéressant, "La révolte des Boxeurs" explique le contexte historique du film et revient sur l'histoire de la secte nationaliste des Boxers. Un bonus que l'on peut compléter par "Les Boxeurs au cinéma", court module sur les autres adaptations du conflit. Toujours orienté cinéma, "Ava Gardner, portrait" nous conte le parcours de la célèbre actrice. Enfin, dans "Histoire(s) de Chine", le cinéaste Olivier Assayas propose une analyse intéressante, mais éminemment personnelle, du film et de ses thématiques et enjeux.

Liste des bonus : Livret "Le Dernier Film que John Kennedy ait vu' (96 pages, "La Chute de l'Empire Hollywoodien (8'), L'Histoire d'un tournage cauchemardesque (11'), "La révolte des Boxeurs" (12'30''), "Les Boxeurs au cinéma" (6'), "Ava Gardner, portrait" (19'), "Histoire(s) de Chine" (37'30''), Interviews réalisées pendant le tournage (20').

 
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