VELVET GOLDMINE
Etats-Unis / Royaume-Uni - 1998
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Velvet Goldmine »
Genre : Drame, Musique
Réalisateur : Todd Haynes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 & 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 123 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 28 mai 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Velvet Goldmine »
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LE PITCH
Arthur Stuart, jeune journaliste anglais exilé à New York, est chargé d’écrire un article sur Brian Slade, ancienne rock star britannique des années 1970 ayant orchestré l’assassinat de son propre personnage sur scène. Il va alors retracer la vie de cette énigmatique vedette du glam-rock, de ses débuts sur scène à sa soudaine descente aux enfers, à travers les témoignages de son ex-femme Mandy et de son ancien amant Curt Wild, autre grande star de l’époque. Cette quête de la...
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Changes...

Toujours au cœur des grandes modes musicales, l'Angleterre résonnait dans les années 70 aux effluves glam rock d'une scène bariolée, extravagante et déstructurée. Une ère musicalement bénie que Todd Haynes ressuscite dans Velvet Goldmine, évocation d'un grand fantasme nostalgique.

Fantasme car Velvet Goldmine n'est pas un énième biopic qui tente de fourrager dans la "vraie" vie d'une ancienne star, mais bien une vision éminemment personnelle d'une période où il fut lui-même l'un de ces petits fans obnubilés par le look, la personnalité et les expérimentations musicales de ces créatures étranges qui réveillaient le Royaume-Uni. La découverte de la trajectoire de l'iconique Brian Slade se fait donc par le biais du journaliste Arthur Stuart (Christian Bale) pour qui chaque rencontre, chaque interview, éveille en lui, telle une madeleine de Proust, des souvenirs de son propre parcours d'adolescent en mal d'identification, mais aussi des visions qui confinent souvent au fantasme pur. Un prisme déformant qui souligne les apparats clinquants, flashys et pailletés d'une scène musicale mêlant théâtralité, dandysme et rock décomplexé, tout autant que la nature évanescente, en creux. L'illusion, l'image, le glam-rock, puisque c'est ce dont il est question, est revécu comme un vertige fugace dont il ne reste plus grand-chose dès la décennie suivante. Constat dur et amer, qui finalement n'est rien d'autre que celui d'un ado voyant son innocence envolée, mais où éblouie constamment une lumière vive, brillante et une atmosphère électrique.

 

Let's spend the night together


Si Todd Haynes (I'm Not There, Loin du paradis) a longtemps essayé de convaincre David Bowie de léguer les droits de ses chansons emblématiques, le fait est que son refus joue totalement à la faveur de l'expérience du métrage. Brian Slade est bel et bien une réminiscence du Bowie androgyne période Ziggy Stradust, le punk Curt Wild se déhanche tel Iggy Pop et le film cajole de nombreuses allusions à des ingrédients avérés (Dublin, la période berlinoise, la conférence « scandale »), mais le décale constamment y imprégnant des notes de Lou Reed, de Warhol et, plus étonnant, de Kurt Cobain. Comme la romance exacerbée entre les deux idoles qui remplace celle de Bowie et Mick Jagger, les chansons qui structurent immanquablement le voyage du film sont des reprises d'autres artistes, des tubes qui du coup traversent les années et les sources sous les élans acidulées de Brian Eno, Placebo ou The Venus in Furs. Un immense kaléidoscope autant visuel que musical, qui ne cesse d'onduler au rythme des performances impressionnantes des jeunes acteurs (le couple Ewan McGregor / Jonathan Rhys Meyer sets magnifique) épaulé par une éclatante Toni Collette (Muriel) et le trop rare Eddie Izzard en fac-similé du redoutable Tony Defries. Du grand show autant sur scène qu'en coulisse que le réalisateur imbrique littéralement dans un jeu effarant entre le réel, la rêverie, le conte pour adulte (le ciel étoilé, la forêt magique...), la dystopie Dickienne (le regard noir sur les 80's) tout en le caviardant avec talent de réinventions des mises en scène outrancières des vidéo-clips décadents et romantiques de l'époque. Forcément savoureux pour les fans de glam-rock et les amateurs de grande musique rock, Velvet Goldmine s'approche au plus près de l'impalpable, du faux-semblant glitter, en montrant autant sa part d'ombre, que son ébouriffante vitalité.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Avec sa photographie puissamment contrastée, son opulence de séquences cloitrés dans de petites salles de concert et surtout un revêtement volontairement flouté, Velvet Goldmine n'est pas forcément le film le plus évident à transposer sur support vidéo. Les DVDs s'y étaient cassé les dents, le Bluray américain trébuche clairement, mais heureusement Carlotta réussit à obtenir ici le meilleur master HD disponible. Les couleurs sont fermes et pleines, le piqué offre une belle précision révélant même une profondeur dans le cadre jamais vue avant, le tout sur une copie désormais dénuée de scories... Si l'on excepte quelques séquences cumulant les risques et qui font chuter brièvement la définition avec l'apparition d'un grain qui s'amasse en petits paquets.

 


Son :
On oubliera tranquillement les mixages 2.0 des versions française et anglaise, plates et fonctionnelles, pour se jeter avidement sur l'anglais DTS HD Master Audio 5.1 qui en plus d'être particulièrement propre et clair développe à chaque instant la puissance musicale du spectacle, ouvrant les canaux à l'extrême sur chaque morceaux, donnant du relief aux concerts avec des ambiances très convaincantes et un équilibre immuable. On pousse le volume à fond, et on profite.

 


Interactivité :
Exclusivité de l'édition française, le making of présenté ici est en fait une série de cinq petites feturettes qui s'intéressent tour à tour à l'époque, la musique, les costumes ou le tournage, donnant la parole entre deux extraits aux acteurs, au producteur ou au réalisateur. Heureusement, les participations de tout ce petit monde sont toujours agréables, enjouées et instructives même si cela reste assez court. L'occasion de découvrir quelques images de tournage au passage. Très dommage par contre que Carlotta n'ait pas récupéré le commentaire audio de Todd Haynes et Christine Vachon, que nos confrères outre-Atlantique ont trouvé extraordinairement instructif.

Liste des bonus : Making of (26'), Bande-annonce.

 
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