CAPTAIN AMERICA LE SOLDAT DE L'HIVER
Captain America The Winter Soldier - Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Captain America Le Soldat de l'Hiver »
Genre : Super-héros
Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo
Musique : Henry Jackman
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 7.1, français DTS HD High Resolution 5.1
Sous-titre : Français, anglais, allemand...
Durée : 136 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 20 août 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Captain America Le Soldat de l'Hiver »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Steve Rogers aka Captain America vit à Washington, D.C. et essaye de s'adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d'intrigues qui met le monde en danger. Quand l'étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l'aide d'un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi : le Soldat de l'Hiver
Partagez sur :
Les Trois jours du faucon

En dents de scie voire franchement désarçonnante, passant du film de super-héros méta (Iron Man 3, parcouru d'autant de fautes de goût que de fulgurances stylistiques) au Space Opera kitsch à souhait (Thor - Le Monde des ténèbres, qui avait le mérite de redorer malgré lui le blason de l'original), la Phase 2 du Marvel Movie Universe parvient enfin à resserrer son propos et brandir des enjeux cohérents grâce à la séquelle très attendue de Captain America.

L'une des réussites immédiates du long-métrage est d'ailleurs de se poser en suite directe à la fois de l'excellent serial de Joe Johnston et du tonitruant Avengers de Joss Whedon, les trames de l'un comme de l'autre trouvant un écho salutaire dans le script de Christopher Markus et Stephen McFeely. Mieux : les intrigues paranoïaques esquissées par Whedon s'imbriquent avec une fluidité inattendue dans la mythologie du film original, le SHIELD et le fantôme de l'une vieille entité convolant ici en noces illicites, donnant naissance à un nouveau pouvoir réellement cauchermardesque. Derrière le plan machiavélique fomenté par ses bad guys aux allures de bureaucrates (le personnage éponyme n'est que la partie émergée de l'iceberg), le film fait basculer l'univers Marvel dans un registre de thriller politique adulte, les scénaristes puisant dans les codes du film d'espionnage matière à dénoncer les dérives actuelles de la NSA et ses manœuvres sécuritaires les moins libertaires. Alors que Steve Rogers découvre son incapacité à se fondre dans un monde gouverné par le mensonge et la manipulation ("tu ne sais pas mentir", ironisera la veuve noire), Captain America - Le Soldat de l'Hiver se meut progressivement en pamphlet engagé et ludique sur l'héritage du Patriot Act. D'un producteur timoré comme Kevin Feige, on était loin de s'attendre à cela.

 

La verité en action


De cinéastes jusqu'ici aussi transparents que Joe et Anthony Russo, on était également loin d'attendre des choix formels aussi radicaux, Le Soldat de l'hiver troquant luxe et surenchère contre une approche naturaliste du champ de bataille et des chorégraphies brutales. S'imposant comme le Die Hard 3 du film de super-héros, toutes proportions gardées évidemment, le film accumule ainsi les morceaux de bravoure à la fois chaotiques, captés sur le vif, et menés avec une virtuosité de tous les instants. D'une libération d'otage musclée en haute mer à une séquence d'attentat virant à la poursuite effrénée, d'un combat à un contre quinze dans un ascenseur étroit (comme dans... Die Hard 3) à un gunfight urbain décomplexé, les frères Russo appuient sur le champignon avec une excitation communicative, comblant au passage les ellipses dramatiques de l'après-Avengers. En prêtant au personnage central des mouvements d'arts martiaux ou de parkour, les nombreuses scènes de castagne racontent en elles-mêmes une histoire, dévoilant par une infinité de détails chorégraphiques (l'utilisation offensive du bouclier, les techniques d'infiltration héritées des Navy Seal, le maniement des armes blanches ou encore un jeu de jambes très singulier) le travail d'adaptation de Steve Rogers au monde moderne. Se servant, et c'est un comble, de leur cahier des charges spectaculaires pour nuancer et enrichir leur propos et leur univers, les frères Russo refusent de sombrer à quelque moment que ce soit dans des écarts comiques du genre « Fish out of water », un postulat cliché que n'avait pas réussi à éviter le Thor de Kenneth Brannagh. Osant bouleverser dans sa conclusion l'ensemble de l'univers cinématographique Marvel, tout en ramenant in extremis son point de vue à une échelle strictement humaine (de fébriles notes de piano remplaceront les envolées d'orchestre, et le crash annoncé d'un vaisseau de guerre sera relégué hors-champ), Captain America Le Soldat de l'Hiver ne manque ni de charisme, ni d'audace ; il nous tarde d'autant plus de découvrir ce que nous réserve Guardians of the Galaxy (ça on sait maintenant), Avengers : Age of Ultron... et Captain America 3.

Alexandre Poncet








Partagez sur :
 

Image :
Sans surprise le bluray est bien entendu la démonstration de force habituelle des films Marvel avec un master HD parfaitement tendu, aux couleurs admirablement définies et aux textures précises et tranchantes. Un rendu qui respecte à la lettre l'univers Marvel éclairé par Trent Opaloch (District 9) avec des noirs profonds et une compression 1080p qui ne lâche jamais le bout de gras.

 

Son :
Pas question de perdre du temps avec le DTS HR 5.1 français certes spectaculaire mais tellement mignon à coté du festival sonore que propose le DTS HD Master Audio 7.1 anglais. Tout est une question de style et forcément si les acteurs n'ont pas le même niveau, la démesure auditive non plus. Et c'est forcément le plus notable avec les immenses prouesses de la spatialisation lors de ces fameuses séquences d'action qui se déplace de lieu en lieu, soulignant la fluidité de la mise en scène du métrage, mais aussi ses élans spectaculaires (le grand final, atomique) et son approche étrangement réaliste héritée des grands films d'espionnages. Un méticuleux travail effectué sur les ambiances urbaines ou feutrées qui font tendre l'oreille à chaque plan. Terrible.

 

Interactivité :
L'édition Bluray a beau annoncer quelques suppléments exclusifs (par rapport au pauvre DVD bien entendu), son contenu a bien souvent pas grand-chose pour briller outre mesure. Deux featurettes promos (internet ?), l'une sur la bonne humeur d'Anthony Mackie l'autre sur les variations internationales du contenu du petit carnet de Roger, une making of propret et corporate (l'inverse du film donc), cela se regarde aussi vite que cela s'oublie. Plus sympa, les quelques scènes coupées et/ou rallongées n'étaient pas nécessaires dans le métrage mais apporte quelques détails supplémentaires sur les plots secondaires. Où est le doc sur la saga Winter Soldier en comics, sur les premières apparitions du Faucon, sur le SHIELD par Ditko qui a manifestement inspiré le générique de fin ? On n'était pas loin de la catastrophe... Mais elle est évitée de justesse par l'excellent commentaire audio qui réunit le duo de réalisateurs et le duo de scénaristes. Des ramifications dans l'univers Marvel Studio, des enjeux liants les personnages aux réflexions sur le rythme du film, ses influences, la musique et les effets spéciaux... Les intervenants décortiquent habilement leur bébé et c'est particulièrement intéressant.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Commentaires audio de Joe et Anthony Russo, Christopher Marcus et Stephen McFeely, « En première ligne : les champs de bataille de Captain America » (10'), 4 scènes coupées (4'), « Sur le plateau en compagnie d'Anthony Mackie » (2'), Le Carnet de Steve Rogers (3'), Bêtisier (3'), Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023