PUNISHER
The Punisher - Australie / Etats-Unis - 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Punisher »
Réalisateur : Mark Goldblatt
Musique : Dennis Dreith
Image : 1.85 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 2.0 anglais et Dolby Surround 2.0 français
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : The Ecstasy of Films
Date de sortie : 22 janvier 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Punisher »
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site officiel
LE PITCH
Après le massacre de sa famille par la mafia, l'ancien policier Frank Castle, laissé pour mort, devient le bras armé d'une vengeance expéditive et impitoyable. Traquant et éliminant sans pitié les criminels, il est le PUNISHER...
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death wish

Si la communication du récent Deadpool s'est largement faite autour du classement Rated R, le qualifiant même de premier du genre, c'est trop vite oublier le tout premier Punisher. Une série B bourrine made in 80's, qui peut pour l'instant se vanter d'être la meilleure vision du personnage à l'écran.

C'était un temps où les comics Marvel n'étaient pas encore popularisés en dehors du petit cercle de lecteurs assidus, et où les adaptations cinéma se comptaient sur les doigts de la main, avec en général un habillage des plus kitchs et une défiance marquée du matériau original. Si l'on excepte un certain Howard The Duck sortis quatre ans plutôt dans l'incompréhension générale (la BD était déjà hors-norme), Punisher fait clairement office de précurseur, battant de quelques mois le Batman de Tim Burton. Mais la regrettée New World Picture n'a pas les mêmes moyens que la Warner, et le personnage hard boiled de Marvel est très loin d'avoir la même aura que le Dark Knight. Pas évident alors de s'imposer au box office, surtout que le métrage connaitra un destin injuste de DTV sur le marché américain. Pourtant, cette péloche à l'économie (très peu d'effets spéciaux, décors urbains austères) se montre aussi couillue qu'accrocheuse. Si l'on excepte d'ailleurs l'absence de la fameuse tête de mort sur le torse du personnage, seul vrai regret du réalisateur, l'adaptation se montre particulièrement fidèle à l'esprit du vigilante apparu dans les pages d'Amazing Spider-man en 1974, suite au succès d'Un justicier dans la ville avec Charles Bronson et autres Dirty Harry. Un antihéros massif, qui juge et élimine les criminels en tous genres, mais qui va peu à peu trouver sa place dans l'univers Marvel grâce à un esprit torturé, une disposition logique pour l'action frontale et une personnification de la vengeance brutale qui fait mouche au cœur des 80's. Un esprit rentre-dedans que l'on retrouve assez brillamment dans le scénario concocté par Boaz Yakin (La Relève) et Robert Mark Kamen (Karaté Kid, Taken), même si ce dernier n'est pas là pour faire dans la dentelle. Dans une ville de comic book, aux décors rustres et aux personnages souvent à la lisière de la caricature (les japonais sortent directement du Daredevil de Frank Miller), l'action s'enchaine sans faiblir, laissant rapidement de coté les origines traumatiques du personnage (un rapide flashback) pour le lancer dans l'arène, sur les traces de la mafia locale puis d'une horde de yakuza.

 

Journal de guerre


Dans son montage Uncut en particulier, ce Punisher est un défilé de gunfights sanglants, de coups de latte expéditifs, d'explosions définitives et de perforations pleins cadres, qui imposent le respect tant on a souvent l'impression de retrouver telles quelles les planches de Klaus Janson ou de Jim Lee. Mais l'ADN du film est totalement hybride, presque autant marqué par le ciné néo-noir, l'actionner à gros bras (façon Commando) et le polar HK ou japonais, annonçant sans le savoir le futur Crying Freeman de Christophe Gans (plus élégant certes) et les multiples productions bas du front de Luc Besson. Psychologiquement raz des pâquerettes, bisseux jusqu'au bout du viseur et parfois sans grande souplesse, Punisher n'en reste pas moins une production (trop ?) en avance sur son temps qui, il ne faut pas l'oublier, affiche une tronche plus qu'honorable. Tourné en Australie avec une partie de l'équipe des deux premiers Mad Max (cascadeurs, costumière et monteur), l'essai porte la marque de Mark Goldblatt, déjà auteur d'un rigolo Flic ou Zombie, mais surtout connu pour ses talents de monteur (Terminator 1&2, Cabal, Starship Troopers, La Planète des singes Le commencement....) assurant un rythme tendu et un ton, s'il est marqué par quelques notes d'humour, franc du collier. Et puis, comment ne pas parler de l'incarnation du Punisher / Frank Castle, le monolithique Dolph Lundgren, qui avec juste un peu de teinture noire, trouve ici tout simplement son meilleur rôle, carrément troublant par sa ressemblance évidente avec son homologue de papier. La scène la plus marquante à ce titre étant son apparition totalement dégénérée dans les égouts de la ville, méditant à poil face à un mur, les yeux cernés de noir, le regard malade, flippant. Il est le Punisher, et même si les films suivants profiteront de budgets plus conséquents, ils ne lui arriveront pas à la cheville. Reste à voir si l'arrivée du personnage sous les traits de Jon Berthal dans l'excellente série Netflix Daredevil pourra l'éclipser... mais vraiment on en doute.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
C'est une belle sortir que nous propose là The Ecstasy of Films : un véritable master HD d'un film qui en était resté à quelques VHS recadrées et un Laserdisc tout juste correct. Le fossé est donc énorme entre l'image qui restait attachée au film et le rendu présent. La copie du montage cinéma a été superbement restaurée, avec à peine une ou deux pointes blanches qui apparaissent parfois, et les teintes stabilisées pour jouer admirablement sur les noirs impactants et les bleus métalliques. Une vraie résurrection, avec des contrastes solides, un piqué généreux et une profondeur de champs appréciable dans les plans lumineux. On fermera donc un peu les yeux devant certains plans, malmenés soit par une photo très sombre ou un effet de brume typique de l'époque, qui altèrent la compression, en 1080p, et fait apparaitre quelques artefacts, relativement discrets cependant.
Pour le montage Uncut c'est un peu plus compliqué puisque la source n'a pas été conservée et l'éditeur a donc dû aller piocher les plans manquants sur une source vidéo très fatiguée et les intégrer, avec un petit lissé tout de même, à la copie restaurée Cut. Sans surprise, le master du Workprint est bien entendu assez faible, mais là encore cela tient du document d'archive.

 


Son :

Franchement caricaturale et datée (avec des grosses voix pour faire viril), la version française d'époque est bien entendu présente sur la version cut et uncut du film en Dolby Surround 2.0. Propre et frontal. De toute façon, la plupart iront directement vers la version originale qui se pare désormais d'un DTS HD Master Audio 2.0 d'une fraicheur rare. Là encore le travail de restauration est manifeste, et si l'essentiel de l'action se joue uniquement sur l'avant, quelques petits effets plus dynamiques se laissent entendre dans les nombreuses scènes d'action.

 


Interactivité :

Il y a éditeur et éditeur. Alors que les gros ne se contentent plus aujourd'hui que de balancer les derniers succès en date avec quelques documents promos, les plus petits, cinéphiles et courageux comme The Ecstasy of Films soulèvent des montagnes pour aboutir à des publications inespérée. La preuve avec l'édition Bluray (le DVD n'est pas mal non plus) de Punisher, limité à seulement 1000 exemplaire, qui déjà frappe par son design sobre à l'extérieur, et classe à l'intérieur, signé Gengis Kahn Artwork. Un bel objet en trois volets cartonnés qui délivre un livret de 24 pages composé d'une reproduction des articles publiés dans Impact pour la sortie du film (critique sympa plus excellente interview de Lundgren), ainsi que de plusieurs essais de David Fakrikian, replaçant le film dans son époque, mais tissant aussi quelques liens étonnants avec la filmo de Luc Besson !

Enfin, il reste encore le bluray proprement dit. Ce dernier est rempli à raz bord puisque l'éditeur a choisi, en plus de la version cinéma de Punisher, de proposer aussi la version Uncut et le Workprint. La première est tout simplement la vraie version du film qui retrouve tous les petits plans sanglants, brutaux ou gores qui avaient été évacués par la commission de censure. Un peu moins d'une minute de bonheur, mais qui donne plus d'intensité au spectacle, même si malheureusement la qualité des inserts n'est pas optimale. Moins indispensable, mais particulièrement intéressant, le montage Workprint (sorte de version rough qui sert de base de travail) se révèle bien plus long (93 minutes sans générique de fin) avec outre quelques petites variations dans son ventre, une longue introduction plus progressive qui flirte directement avec L'Arme Fatale (avec extrait de la BO en musique temporaire d'ailleurs). La fin est aussi alternative avec une ultime confrontation plus rapide, mais bien plus noir et particulièrement intense grâce à l'interprétation de Lundgren. Si la structure de l'ensemble peut se montrer rude, on se demande vraiment si ces sections n'auraient pas dû être privilégiées dans le montage définitif.

Et on a pas fini puisque le disque propose aussi une interview inédite de Mark Goldblatt par l'équipe de Rockyrama. Un petit retour sur son arrivée sur le projet, quelques rares souvenirs de tournages, une exploration plus poussée des différents montages et un peu de langues de bois sur les deux autres adaptations du personnage sur grand écran, habillent l'entretien. Enfin, en plus de la galerie de photos et le défilé de bandes annonces de l'époque (la française est pas piqué des hannetons), le programme s'achève par un montage sympas autour d'images des coulisses des tournages. Capturés sur pellicules et bien préservés, ces moments volés sont donc proposés en HD, et témoignent d'une ambiance plus que détendue, à la limite du bêtisier. Une édition implacable donc, plus qu'abondante, miraculeuse diront certains, où s'il fallait pinailler, on aurait tant aimé une rencontre filmée avec mister Dolph Lundgren.

Liste des bonus : Version Uncut (89'), Version Workprint (93'), Punisher vu par Mark Goldblatt (15'), Les coulisses du tournage (6'), Galeries photos, Bandes-annonces, Livret (24 pages) par David Fakrikian avec préface de Mark Goldblatt + Fac similé : Impact N°20 (avril 1989) - Interview de Dolph Lundgren.

 
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