DEATH WALKS TWICE : TWO FILMS BY LUCIANO ERCOLI
La morte cammina con I tacchi / La morte accarezza a mezzanotte - Italie / Espagne - 1971 / 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : Luciano Ercoli
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et anglais PCM mono
Sous-titre : Anglais
Durée : 208 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 28 mars 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un célèbre voleur de bijou est battu à mort dans un train. Nicole, sa fille, danseuse à Paris, est interrogée par la police sur une affaire de diamant volé. Ne sachant rien, elle est relâchée. Elle a alors la sensation d'être épiée quand elle est terrorisée par un homme masqué qui l'interroge sur l'endroit où est caché le diamant volé. Effrayée, Nicole fuit en Angleterre... Top model en vogue pour une agence italienne, Valentina essaie une toute nouvelle drogue proche du LSD. A...
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La rouquine aux talons hauts

Entre Dario Argento et Sergio Martino, le réalisateur Luciano Ercoli n'aura pas forcément laissé une marque indélébile dans l'histoire du giallo, même si les deux opus réunis ici, Nuits d'amour et d'épouvante et La Mort caresse à minuit, connurent un joli succès à leur époque. Bien moins virtuose que ses collègues certes, mais pas dénué de personnalité, puisque ses thrillers se reconnaissent par leurs aspects tarabiscotés et un second degré relativement rare dans le genre.

Ancien producteur qui a œuvré sur quelques westerns comme Un Pistolet pour Ringo et même sur notre Fantomas hexagonal, Luciano Ercoli est arrivé assez naturellement à la réalisation après avoir exercé divers rôles (assistant réalisateur entre autres), via un giallo sympathique Photo interdite d'une bourgeoise qui démontrait autant son approche de modeste artisan, qu'un vrai talent pour savoir s'entourer d'une équipe technique solide, mais qui aussi lui permis de faire découvrir une certaine Susan Scott dans un second rôle pétillant. Une actrice espagnole, de son vrai nom Nieves Navarro, qui va devenir sa femme et surtout le moteur de ses deux réalisations suivantes La morte cammina con I tacchi et La morte accarezza a mezzanotte, alias Death Walks on High Heals et Death Walks at Midnight pour les USA. A une époque où le plus souvent les créatures féminines qui traversent les giallos sont marquées par le regard peu féministe de la culture latine, mais aussi par les analyses presque freudiennes de sexualités refoulées, les héroïnes campées par Nieves Navarro dénotent tant elles affichent une authentique liberté sexuelle, un caractère franc et indépendant, faisant bien souvent-la nique aux partenaires masculins. Ainsi dans les deux métrages, cette belle rouquine n'a rien de la victime en devenir, de la petite bourgeoise qui s'affole ou reste apeurée à la moindre apparition d'une ombre suspecte. Plus particulièrement, ces personnages portent même un vrai regard ironique sur le genre, se moquant de la drôle de voix que prend un tueur au téléphone ou giflant vigoureusement ses amants du moment. Ces derniers d'ailleurs semblent vainement vouloir la suivre malgré son énergie débordante, à la limite de l'hystérie parfois, là où autrefois ils se figeaient dans la posture paternaliste de la sécurité virile et de l'enquêteur solide. Manifestement fasciné par son épouse, Luciano Ercoli lui offre toutes les latitudes du cinémascope, passant toute la première moitié de Nuits d'amour et d'épouvante à la filmer en tenue légère, à la placer sur une scène de strip-tease ou dans une succession de scène d'essayage relativement gratuite.

 

crimes en deux temps


A coté on note bien des inspecteurs joués à chaque fois par Carlo Gentili, mais presque déconnectés, ne découvrant le pot au rose que par chance, ou le performant Simon Andreu, hésitant entre le héros usurpé ou le traitre. C'est qu'à aucun moment les deux métrages ne se prennent vraiment au sérieux, accumulant les petits gags placides et les seconds rôles bien délirants, en particulier dans La Mort caresse à Minuit où tous les protagonistes semblent sortis d'un asile d'aliénés. Sans doute les scripts les plus allumés de l'incontournable Ernesto Gastaldi (The Case of the Bloody Iris, Mon Nom est personne, Le Grand duel, La queue du scorpion...), ces deux films tirent en l'occurrence sur les mêmes cordes, regardant moins du coté des références d'Argento, que du coté des mystères d'un Hitchcock ou des romans de gares, accumulant sans cesse les indices étranges, les suspects possibles avant de s'enfoncer généreusement dans un vortex de volte-face et de twists aussi amusants que, il faut le reconnaître, peu convaincants. On note aussi un ventre moue avant une dernière bobine bien plus énergique où les révélations tombent au même rythme que les mandales. Malgré des défauts évidents, les deux « death walks » restent toujours sympathiques, habilement mis en boite par un Luciano Ercoli qui sait se reposer sur la photographie magnifique de l'ibérique Fernando Arribas (Camili) et distiller quelques ingrédients figuratifs indispensables au genre : deux yeux bleus éclatants qui apparaissent dans la nuit avant de trancher la gorge de sa victime dans le premier, un poing orné de pointes qui lacère les chairs dans le second. Quelques effets gores, un ou deux split-screen, une bonne dose d'érotisme et une solution capilotracté... il n'en faut pas beaucoup plus pour passer un bon moment dans un giallo.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Comme souvent Arrow Video a vu les choses en grand, investissant dans de tous nouveaux masters scannés en 2K pour des transferts 1080p d'extraordinaires qualités. Plus aucun défaut n'est visible à l'écran, délivrant ici une image limpide, propre, et surprenante par la tenue constante de son piqué. Une masse considérable de détails est constamment visible, tandis que la colorimétrie a été rééquilibrée pour accentuer les contrastes et surtout les teintes chaudes. Un vrai cadeau pour ces deux petits giallos, qui se pavanent désormais pleinement dans la richesse de la photographie signé Fernando Arribas, tout en retrouvant le grain de pellicule très marqué, omniprésent, mais toujours naturel et organique. Superbe.

 


Son :
L'éditeur ne déroge pas à sa règle et fournit une nouvelle fois des mixages sonores, anglais et italien, qui restent fidèles aux formats d'origines, en l'occurrence de bons vieux mono. Bien entendu ces derniers ont été enregistrés en PCM, donc non compressés, assurant une clarté évidente et un vrai confort pour apprécier la restauration effective et remarquable.

 


Interactivité :
Proposés pour l'instant uniquement en coffret (les films seront sans doute disponibles par la suite à l'unité) avec un livret exclusif de 60 pages, les deux essais signés Luciano Ercoli nous parviennent chacun avec des sections bonus blindées. Ainsi les deux métrages proposent leur commentaire audio enregistré par le critique anglais Tim Lucas et une introduction du scénariste Ernesto Gastaldi, mais aussi à chaque fois des documents inédits et éclairants.
Pour Death Walks on High Weels, l'équipe d'Arrow s'est donc rendue en Espagne pour rencontrer en personne le cinéaste et sa femme (Nieves Navarro), revenant ainsi sur leur rencontre et leurs collaborations, mais aussi sur une vision très personnelle (et un peu embarrassante) du francisme. C'est ensuite au tour du scénariste de nous délivrer son appréciation du giallo, sa méthode d'écriture et son regard plus général sur le cinéma de genre italien dont quelques avis bien tranchés mais un peu étrange sur de grands classiques comme L'Oiseau au plumage de cristal ou Il était une fois en Amérique. Au moins le bougre n'a pas sa langue dans sa poche... Enfin, le toujours modeste et précis Stelvio Cipriani éclaire les amateurs sur la fabrication de sa bande originale.
Que du bon en sommes, comme du coté de Death Walks at Midnight ou cette fois Ernesto Gastaldi prend du temps pour évoquer sa carrière, avant de laisser la place à un essai passionné du critique Michael Mackenzie sur la personnalité à l'écran de Susan Scott dans les films d'Ercoli. A noter pour les complétistes que la galette fournie aussi le montage TV du film, un poil plus long, mais dans une qualité vidéo peu avenante.

Liste des bonus DEATH WALKS ON HIGH HEELS : Audio commentary by film critic Tim Lucas, Introduction to the film by screenwriter Ernesto Gastaldi, Newly-edited archive interview with director Luciano Ercoli and actress Nieves Navarro, Master of Giallo - brand new interview in which Gastaldi discusses Death Walks on High Heels and offers up his thoughts as to what constitutes a good giallo, An interview with composer Stelvio Cipriani, trailers.
Liste des bonus DEATH WALKS AT MIDNIGHT : Audio commentary by film critic Tim Lucas, Introduction to the film by screenwriter Ernesto Gastaldi, Extended TV version of the feature [105 mins], Crime Does Pay - brand new interview in which Gastaldi discusses Death Walks at Midnight and a career script-writing crime films, Desperately Seeking Susan - a visual essay by Michael Mackenzie exploring the distinctive giallo collaborations between director Luciano Ercoli and star Nieves Navarro.

 
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