THE BIG SHORT
Etats-Unis - 2015
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Big Short »
Réalisateur : Adam McKay
Musique : Nicholas Britell
Image : 2.35 16/9
Son : DTS X 7.2.4 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 130 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 4 mai 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Big Short »
portoflio
LE PITCH
Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle ! Michael Burry, Mark Baum, Jared Vennett et Ben Rickert : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques… et tenter de rafler la mise !
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hold-up

La crise économique a touché tout le monde, se répendant dans l'économie mondiale comme une peste bien agressive, dont aujourd'hui encore le système a bien du mal à se débarrasser. Des millions de gens laissés sur le carreau, des entreprises en pleine faillite, des idéologies bien dégueulasses qui remontent à la surface... Peut-on alors vraiment en rire ?

Bien entendu qu'il faut en rire, car pour rester sain d'esprit il faut savoir rire de tout et surtout du pire. Mais gageons que lorsque c'est Adam McKay, réalisateur de nombreuses farces bouffonnes (parfois réussies) avec Will Ferrel comme Légendes vivantes ou Frangins malgré eux, on peut se méfier, surtout avec quelques têtes d'affiches bien luxueuses qui pourraient faire douter de l'honnêteté et de la légitimité d'un tel procédé. Adapté d'un roman frondeur signé Michael Lewis, The Big Short réussit pourtant à reprendre avec décontraction et irrévérence, le problème à revers, s'imprégnant des tics et des effets de styles des dernières comédies américaines à la mode (prise à partie du spectateur, montage cut et excessivement stylé, personnages survoltés) pour mieux illustrer la funeste tragédie qui se déroule devant nos yeux. On rit parfois, mais souvent jaune, noir, tant l'affaire est particulièrement sordide, The Big Short exposant à la vue de tous un système en roue libre, boursoufflé d'orgueil et de bêtise généralisée à tel point qu'il parait souvent impossible que personne ne se soit rendu compte que cela devait forcément finir dans le mur. Là, Adam McKay use de son sens de l'absurde, dépeint une pléthore de seconds rôles loufoques, proches de la caricature, mais toujours avec une note d'amertume comme si, même un spécialiste de la comédie, se retrouvait KO devant un tel niveau de désinvolture et de ridicule.

 

jenga géant


La fiction ne pourra jamais rattraper la réalité diraient certains, mais The Big Short s'y efforce, se construisant en partie comme l'enquête économique de quelques nez creux qui ont vu la catastrophe arriver, avec même quelques apartés de vulgarisation présentées par une jolie blonde dans son bain (pour être plus attentif) où Selena Gomez autour d'une table de Blackjack. Bien vu et couillu. Et les quatre stars invoquées dans les rôles principaux, ne font pas eux office de guest à paillettes, campant admirablement des personnages aux caractères certes atypiques, mais à chaque fois solidement écris, leur permettant d'offrir des prestations de premier ordre. Brad Pitt (accessoirement coproducteur) est idéal en descendant désabusé du Redford de Les Hommes du président, idem pour Christian Bale en quasi-autiste à la Sheldon (Big Bang Theory), Ryan Gosling en Mr Loyal opportuniste et surtout Steve Carell, colérique sobre et force morale du métrage. Un quatuor qui ne se croisera au final que peu ou pas, mais qui sont une fois encore loin des héros sans reproches, et finiront par jouer contre le système, et donc faire leur fortune sur le dos de l'effondrement général, renvoyant chacun à ses propres responsabilité dans de grands élans de tchatche parfois abscons, nerveux, mais toujours acides.

Terriblement fataliste, The Big Short n'a pas toujours le recul idéal pour aborder l'ensemble de la question, semble parfois un peu terne à coté de la démesure du Loup de Wall Street (Martin Scorcese) ou la classe vorace du Wall Street (ou sa suite sous-évaluée) d'Oliver Stone, mais son mélange de franchise, d'incorrection et de malice le rend franchement sympathique.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Pas de surprise, la copie proposée par Paramount délivre un rendu particulièrement piquant, assurant dans les détails, la profondeur et les textures. Travaillant une photographie très réaliste, l'image n'impressionne jamais, mais là n'est pas le but puisque les teintes sont essentiellement froides, crues, même si l'on remarque parfois quelques couleurs plus vives et un léger travail sur les saturations. Préservant un aspect « cinéma » excluant le lissé trop numérique, The Big Short n'en reste pas moins un très beau Bluray, avec des noirs profonds et un grain naturel et harmonieusement géré.

 


Son :
De la même façon, le film n'a à priori pas besoin d'un mixage DTS X pour assurer son propos, mais pourtant le film le justifie quasiment à chaque scène, installant confortablement les dialogues sur les avants (le plus souvent), mais le gonflant efficacement avec des ambiances (bureaux, rues) voir même quelques effets arrières dynamiques et impactants. Le tout est d'une clarté à toute épreuve et accélère encore la sensation de chute en avant. Dommage qu'à coté d'un tel rendu, la version française doive se contenter d'un simple Dolby Digital 5.1, passable mais très en dessous.

 


Interactivité :
Il y avait beaucoup à dire autour d'un tel sujet, mais aussi l'occasion de revenir sur le regard que peuvent porter les acteurs (en particulier Brad Pitt, engagé) et le réalisateur sur un tel sujet. Les suppléments ne s'avèrent pourtant la plupart du temps que bien trop carrés, trop propres, passant de la constitution du casting au changement de style du réalisateur, à la reconstitution d'une époque vraiment pas si lointaine. Question de poursuivre l'aspect didactique du film, le disque fournit aussi un segment pour revenir expliciter les causes de la crise. Tout à fait regardable mais un peu trop passe-partout, le programme est complété par une série de scènes coupées, assurant quelques détails supplémentaires, mais effectivement non nécessaires au montage définitif.

Liste des bonus : « En prime » : casting (16'), « Le grand saut » : Adam McKay (11'), « Des héros atypiques » : les personnages de The Big Short (11'), « Le château de cartes » : grandeur et décadence (14'), « Souci de réalisme » : reconstitution d'une époque (11'), Scènes inédites (7').

 
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