LA 9E VIE DE LOUIS DRAX
The 9th Life of Louis Drax - Etats-Unis - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La 9e Vie de Louis Drax »
Réalisateur : Alexandre Aja
Musique : Patrick Watson
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 21 juin 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La 9e Vie de Louis Drax »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Après avoir frôlé la mort huit fois au cours de sa vie malchanceuse, Louis Drax tombe d’une falaise lors de son neuvième anniversaire. La police enquête sur les circonstances de son accident presque mortel et tente de vérifier l’alibi de son père violent, Peter. Le Dr Allan Pascal, un neurologiste réputé, use de méthodes peu orthodoxes en tentant d’accéder au subconscient de Louis pour découvrir les raisons qui ont mené à son état. Mais tandis qu’il s’enfonce progressive...
Partagez sur :
le 7e film d'Alexandre Aja

On se dit que les temps sont durs lorsque l'on voit que le dernier film d'Alexandra Aja, qui a signé quelques cartons comme le remake de La Colline a des yeux ou Piranha 3D, ne sera même pas passé par la case grand écran. Reste la VOD et le Bluray pour une œuvre qui, tout comme le précédent Horns, a tendance à filer ente les doigts.

C'est à croire que cette première phase américaine, constituée uniquement de remakes de film d'horreur cultes ou à succès, va le suivre désormais comme un boulet, créant automatiquement une certaine incompréhension avec les spectateurs alléchés par quelques promesses d'effets chocs. En l'occurrence, en dehors de ses productions souvent oubliables (Pyramide, The Door) Alexandre Aja est clairement passé à autre chose, ou en tout cas revenu a des ambitions plus personnelle et des sujets moins francs. C'était largement le cas avec le détonnant Horns, et cela l'est encore avec cette nouvelle adaptation d'un roman (signé Liz Jensen) rédigée par le copain acteur Max Minghella. Si les tonalités même des deux films semblent diamétralement opposées avec d'un coté du fantastique débridé à la lisière des comics, de l'autre un thriller bien plus cérébral et pausé, à chaque fois le réalisateur semble avoir besoin de s'échapper des registres normatifs et des constructions classiques. Nouvelle évocation de l'imaginaire d'un enfant ayant vécu un trauma, juste après A Monster Calls cela peut-être pénalisant, La 9e Vie de Louis Drax en affiche dans un premier temps tous les apparats avec la voix off décalée du garçon, le passé exploré tel un conte et le point de vue subjectif qui transforme naturellement le réel.

 

film pop-up


Un fantastique qu'Aja prend bien entendu un malin plaisir à rendre de plus en plus poreux, contaminant progressivement le monde des adultes. De quoi alors bousculer la romance entre la jolie maman et le beau docteur vers les clichés ridicules du mélo sirupeux, ou perturber constamment une trame policière, un mystère, que le spectateur aura tôt fait d'éventer. Pas toujours au point d'ailleurs cette cohabitation entre les points de vue, les ruptures de genre, les tonalités, excessivement soulignées par une BO peu subtile, souvent gâchées par des interprétations franchement limitées. Si le Aaron Paul de Breaking Bad manque de finesse dans le portrait du papa parfait, et que Molly Parker (Kissed) agace en flic badass qui s'est trompé de film, Jamie Dornan les anéantit tous en spécialiste médical échappé de Grey Anatomy, rappelant que finalement depuis The Fall, il n'y a pas grand chose à en attendre. Heureusement le jeune Aiden Longworth et la séduisante Sarah Gadon (Enemy) rattrapent un peu le tout grâce à un soupçon d'épaisseur bienvenue. Aja semble alors plus concentré sur l'image de son film, et les expérimentations stylistiques qui peuvent en découler. La séance d'hypnose est brillamment pensée, les flashbacks sur la vie de la famille Drax fonctionnent à merveille, les rêveries de Louis ne manquent pas de poésie, mais ces nombreux efforts prennent un sacrée coup lors d'une conclusion franchement laborieuse. Maladroit mais assez attachant, La 9e Vie de Louis Drax n'est clairement pas le meilleur film de son auteur, mais délivre tout de même un regard assez touchant sur le royaume d'un enfant et les terribles effets du syndrome de Münchhausen. Entre temps, Alexandre Aja est retourné préparer son Space Adventure Cobra...

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Tourné sur support numérique, le transfert du film est tout simplement évident. On notera bien quelques matières plus faibles, quelques arrières plans légèrement trop doux lors de l'utilisation d'effet spéciaux digitaux (fonds verts essentiellement), mais ce ne sont que des broutilles face à la précision de la copie, lumineuse, contrastée et puissante, s'inscrivant dans des noirs à la tenue époustouflante et jouant avec des teintes métalliques, bleutées, fines et subtiles.

 


Son :
Plutôt rare, le DTS HD Master Audio 5.1 utilisé ici recherche moins à retranscrire des ambiances réalistes - ce qui est tout de même le cas lors de la visite de Sea World - mais bien à donner une épaisseur supplémentaire à l'expérience du film. Le mixage est donc très dynamique, fluide, mais joue avec les différentes sources et les différentes enceintes de manière à surprendre, à déstabiliser parfois. Et c'est très réussi.

 


Interactivité :
Décidément le pauvre La 9e Vie de Louis Drax connaitra un destin injuste jusqu'au bout... Un seul supplément donc, soit non pas un making of comme cela est annoncé mais une bande annonce promo de trois minutes avec de toute petits bouts d'interviews dedans. Y a-t-il bouderie de la part du réalisateur ?

Liste des bonus : Making of (3'), Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021