IN HELL / REPLICANT
Etats-Unis - 2001/2003
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « In Hell / Replicant »
Genre : Action
Réalisateur : Ringo Lam
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 198 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 8 juillet 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « In Hell / Replicant »
portoflio
LE PITCH
Le cinéaste chinois Ringo Lam a offert à Jean-Claude Van Damme ses deux prestations les plus intenses. Tout d’abord dans REPLICANT, en lui confiant un double rôle, celui d’un serial-killer et son clone dans une épatante variation sur le thème de Frankenstein ; puis dans IN HELL, un film de prison brutal et sans concession, non dénué de poésie comme ce papillon dans lequel Van Damme croit percevoir l’âme de son épouse défunte.
Partagez sur :
Jean Clone Van Damme

Après l'édition, l'année dernière, de The Order et Le Grand Tournoi sur une même galette, Metropolitan Video réédite l'effort et gâte les fans de Van Damme avec cette fois ci deux films réalisés par Ringo Lam. Une bien belle idée, d'autant que la collaboration entre le réalisateur hongkongais et l'acteur belge marqua un tournant matérialisé tout particulièrement par Replicant qui demeure, encore aujourd'hui, une pièce maîtresse dans la carrière du spécialiste du grand écart facial.

L'inspecteur Riley traque déjà depuis un bon moment La Torche, un assassin qui tabasse à mort des mères de famille avant de les brûler. Son enquête s'enlise. La NSA va se rapprocher de lui et lui proposer un partenaire inhabituel pour le traquer : un clone issu du propre ADN du tueur. C'est sur ce pitch plutôt délirant que se bâtit l'intégralité de l'intrigue de Replicant, soit la deuxième collaboration entre Jean-Claude Van Damme et le réalisateur hongkongais Ringo Lam (la première étant Risque Maximum). Un film qui se démarque assez rapidement de toutes les productions dans lesquelles le karateka belge avaient avoiné jusque là. Car si la réalisation nerveuse de Lam reste la même et offre des scènes d'action toujours aussi efficaces, c'est bien du côté de la science fiction et de cette histoire de clone que vient toute l'originalité du film. Et celle d'offrir à Van Damme la possibilité d'y jouer deux rôles très différents. D'un côté, La Torche, un assassin chevelu, tout de noir vêtu, froid et calculateur. De l'autre, son clone, sorte de bébé adulte qui ne connait pas encore le monde que les évènements le poussent à découvrir.

A sa sortie, il y a presque 20 ans aujourd'hui (fichtre !), le film avait clairement marqué un avant et un après dans la carrière de Van Damme, nombre de critiques de l'époque reconnaissant qu'il lui offrait sa meilleure prestation. Et c'est vrai qu'aujourd'hui encore, le spectacle résiste à la revoyure et, dans le genre, se hisse sans mal sur le dessus du panier. La caméra nerveuse de Lam réussit à donner vie à un script plutôt bien écrit (si on accepte ses nombreuses incohérences) et très rythmé. Quant à Van Damme, il s'en donne à cœur joie dans deux rôles très différents auxquels il arrive à donner vie et crédibilité. Une réussite que l'on doit aussi à la présence de Michael Rooker (The Walking Dead, Les Gardiens de la Galaxie), grimaçant comme jamais dans le rôle de l'inspecteur qui traque le tueur et se coltine en même temps son clone, qu'il prend un malin plaisir à malmener. L'interaction entre ces deux personnages doit beaucoup à la réussite du film. Pas un chef d'œuvre donc, mais un très bon concentré d'action rehaussé par une idée de SF bien intégrée (la scène de la naissance du clone, très clairement influencée par Alien est plutôt sympas) et inhabituelle dans ce genre de productions où les gros bras et les baffes prévalent souvent sur le fond de l'histoire.

 

L'enfer de la violence


Kyle Leblanc, employé du BTP, travaille en Russie. Un soir, sa femme est assassinée. Après avoir assisté à l'acquittement de son assassin, il le tue de sang froid et est condamné aux travaux forcés dans une des pires prisons du pays. In Hell est la troisième et dernière collaboration entre Ringo Lam et Jean Claude Van Damme. Le film se démarque assez rapidement de ses deux prédécesseurs par une violence brute que l'on n'a pas l'habitude de voir dans la carrière du Belge. Elle commence par l'exécution de l'assassin de sa femme, incarnée d'ailleurs par l'actrice canadienne Marnie Alton vue dans... Replicant ! Une similitude entre les deux films puisque l'actrice y incarnait une prostituée qui partait à la fin avec Van Damme et qu'on retrouve mariée avec lui au début de In Hell. Une coincidence étrange qui donnerait presque aux deux films une sorte de continuité sur laquelle Metropolitan s'est peut être appuyé pour les réunir sur un même disque (ou pas).
Après avoir exécuté de sang froid l'assassin de sa femme d'une balle en pleine tête (rare quand même chez Van Damme !), Kyle se retrouve donc en prison et le film commence un rapide crescendo dans la violence aidé, bien évidemment, par l'univers carcéral, synonyme de toutes les cruautés et humiliations diverses. S'en suit une succession de scènes de combats bien sanglants jusqu'au paroxystique arrachage de trachée avec les dents. Inédit dans la carrière de Van Damme à l'époque qui, même s'il n'avait jamais fait dans la dentelle, restait souvent sur un sentier bordé, histoire de plaire à des fans souvent jeunes.

La violence n'étant pas une fin en soi, le scénario prend alors une toute autre direction avec l'arrivée d'un papillon (façon John Woo) qui va enclencher une quête mystique qui aurait pu être crédible si elle ne souffrait pas d'un manque de travail dans l'écriture (on peine à croire au soudain revirement non violent de son héros) et surtout de choix artistiques très hasardeux comme le fantôme éthéré de l'épouse décédée visitant son incarcéré de mari. Entouré d'un festival de tronches, Van Damme est bien la seule et unique tête d'affiche du film qui se passe donc presque intégralement entre les murs de cette prison. Un unique décor et un casting qui traduisent un manque évident de moyens mais que Lam, avec la maîtrise qu'on lui connait, arrive assez bien à transcender. Au final, un film qui souffre en plus de quelques longueurs mais mérite qu'on s'y attarde, ne serait ce que pour sa violence frontale et la réalisation soignée malgré les soucis évidents de budget du réalisateur.

 

Belle idée de Metropolitan donc, de réunir ces deux films sur un seul bluray. Malgré tout ce que pourront dire les détracteurs de ce genre de productions, le sérieux et le professionnalisme de Ringo Lam et Jean Claude Van Damme transparaissent derrière chaque scène de ces deux films et les hissent sans mal au niveau de ce que l'acteur belge a fait de mieux dans sa carrière. Bien avant ses errements détévesques d'aujourd'hui qui relancent encore, du coup, l'intérêt qu'ils méritent.

Laurent Valentin
















Partagez sur :
 

Image:
Si le travail sur l'image de Replicant est assez criant (pas le moindre grain à l'image), cela n'empêche pas le film de conserver un manque flagrant de luminosité, donnant à chacune de ses scènes un aspect un peu passé qui l'empêche en permanence d'exploser comme il se devrait à l'écran. Un problème que n'a pas In Hell, mais là où le film gagne clairement en images claires et nettes notamment sur ses scènes d'extérieur, très lumineuses, il le perd lors de scènes d'intérieur trop souvent bruitées à outrance.

 


Son :
Les deux films profitent d'un très bon DTS-HD Master Audio 5.1, présent sur les deux versions de la bande son. Et s'il faut faire s'affronter les deux films sur ce point, c'est sans conteste In Hell qui remporte le combat haut la main, avec des poussées d'adrénaline qui feront souvent vibrer les enceintes. Replicant se montre plus discret et nettement moins agressif mais sait montrer les dents quand il le faut, notamment lors des apparitions de La Torche, dont le mystère et l'étrangeté présents à l'écran contaminent de bien belle manière les hauts parleurs de l'installation.

 


Interactivité :
Les deux films profitent d'une présentation de quelques minutes de Christophe Champclaux, historien du cinéma, spécialiste du cinéma de genre et surtout des films d'arts martiaux. Quelques mots utiles, qui replacent les deux films dans le contexte des œuvres du réalisateur et de son acteur principal et servent de beaux amuse-bouches pour peu qu'on se donne la peine de les visionner juste avant de regarder les films.
Chaque film profite en plus d'un making of ; pour Replicant, il est malheureusement plutôt d'aspect promotionnel, chaque intervenant insistant lourdement sur les multiples talents et qualités de la tête d'affiche. In Hell profite d'un making of plus intéressant car qui s'appuie plus sur des éléments de la production mais, au final, beaucoup trop court pour avoir le temps de développe quoique ce soit en profondeur. Rajoutez en plus quelques scènes coupées (comprendre rush plus longs de quelques secondes pour la quasi majorité) et un commentaire audio où Jean-Claude Van Damme et Michael Rooker ont parfois du mal à trouver quoi dire (longs silences à l'appui) et le tour du propriétaire est fait. Un peu chiche pour deux films.

Liste des bonus : Présentation des films par Christophe Champclaux (7'), making of Replicant (23'), scènes coupées (20'40), commentaire audio de Jean-Claude Van Damme et Michael Rooker sur Replicant, Making of In Hell (16').

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023