WE ARE THE FLESH
Tenemos la Carne - Mexique / France - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « We Are The Flesh »
Réalisateur : Emiliano Rocha Minter
Musique : Esteban Aldrete
Image : 1.85 16/9
Son : Espagnol DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 79 minutes
Distributeur : Blaq Out
Date de sortie : 17 octobre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « We Are The Flesh »
portoflio
LE PITCH
Après avoir erré pendant des années dans une ville en ruine à la recherche de nourriture, un frère et une sœur se réfugient dans un des derniers bâtiments encore debout. À l’intérieur, ils trouvent un homme qui va leur faire une dangereuse proposition pour survivre au monde extérieur.
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Trip transgressif

Découvert lors de l'édition 2016 de «L'Étrange Festival», We Are the Flesh jouit d'une réputation flatteuse. Encensé par des cinéastes premium tels qu'Alejandro Inarritu ou Alfonso Cuaron, ce drôle de film hardcore, obscène et jusqu'au-boutiste, est l'oeuvre d'un réal' mexicain d'à peine vingt-six ans. Tourné avec des comédiens non-professionnels, il se visionne et se vit comme une expérience ultra-sensorielle. Ouvertement provoc', traversée de séquences et d'images choc. Mais d'une vanité outrancière que l'on mettra sur le compte de la jeunesse.

La trame évoque un magma chaotique. Dans une bâtisse insalubre aux murs suintants, un homme au regard halluciné distille de l'alcool. On ne sait rien de lui. Tout comme on ne sait rien des jeunes gens, un frère et une sœur, qui débarquent brutalement à ses côtés. L'ermite leur offre un lit, les nourrit. Puis ensemble, ils bâtissent une grotte dans les tréfonds de l'immeuble en ruines. Une caverne obscure et oppressante semblable à un utérus. Un lieu qui se meut soudainement en un véritable théâtre de transgressions. Inceste, cannibalisme, nécrophilie, relations sexuelles non simulées à la lisière de la pornographie.
We Are the Flesh joue avec nos nerfs, nous conduit insidieusement au bord du précipice. Le cinéaste en herbe n'a pas froid aux yeux et multiplie les scènes extrêmes : vagin et verge filmés en gros plan, atmosphère hermétique, limite satanique, comportements contre-nature, déchaînement de violence. On se croirait chez Andrzej Zulawski pour le traitement convulsif, chez NWR époque Pusher pour l'aspect barbare, chez Gaspar Noé pour la provocation affichée ou chez Alejandro Jodorowsky via une construction surréaliste très proche d'un bad-trip psychédélique. Emiliano Rocha Minter se réclame également de George Bataille ou du Comte de Lautréamont. Il ne s'impose aucune limite dans l'auscultation des interdits et dans leur représentation à l'écran.

 

Instincts primaires


Certains plans témoignent d'un réel sens de la scénographie et d'un art plutôt maîtrisé du mouvement chorégraphié. De leur côté, les comédiens n'hésitent pas à pousser leurs propres limites. On retiendra notamment la prestation de Noé Hernandez, alias l'ermite chelou semblable à un diable des bas-fonds avec ses oeillades brindezingue à la Jack Nicholson période Shining. On saluera également l'implication totale de la débutante Maria Evoli, aka la sœur incestueuse filmée la plupart du temps dans le plus simple appareil ou recouverte de sang des pieds à la tête.
Proche de l'art brut ou du boulot de fin d'études d'un élève des beaux-arts, We Are the Flesh tient plus du happening que du cinoche à proprement parler. Les inspirations semblent trop bordéliques, mal agencées voire carrément prétentieuses. Minter abuse des symboles religieux, ambiance réincarnation et pacte avec le diable. Mais sans jamais savoir où il va. Seuls comptent la transgression, le glauque et le morbide. Pour le geste uniquement. Bien des fois, on quitte le fil. Les séquences s'enchainent sans réelle cohérence et l'on ne peut s'empêcher de déceler derrière l'opulence formelle, une évidente vacuité. Une sensation de trop plein masquant un vide abyssal. Nous voilà face à du cinéma de surface. Visuellement impressionnant. Mais au final pas franchement passionnant.

Gabriel Repettati










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Image :
Nouveau venu plutôt inspiré, l'éditeur «Blaq Out» propose comme à son habitude un master haute-définition proche de la perfection. L'encodage en 1080p se révèle d'une précision d'orfèvre. Les contrastes et les couleurs sont puissamment retranscrits, malgré une profondeur de champ quasi permanente et des teintes particulièrement vives. Très beau travail.

 


Son :
Ici aussi, l'excellence est de mise. Mention spéciale pour le mixage DTS-HD Master Audio d'une ampleur étonnante. Avec ses basses enveloppantes, pour ne pas dire oppressantes, le score ne fait qu'amplifier le spectacle obscène et mortifère qui se déroule sous nos yeux.

 


Interactivité :
Disponible en direct-to-vidéo, le film bénéficie d'une édition combo très soignée. Du côté des bonus, l'éditeur nous propose les deux-courts métrages d'Emiliano Rocha Minter, traduisant un goût déjà prononcé pour l'étrangeté et la transgression. S'ensuit plus d'une heure d'entretiens avec le réalisateur et les trois comédiens principaux. On y insiste sur le caractère borderline du propos, les méthodes de mise-en-scène et le caractère organique de We Are the Flesh. À noter qu'à l'image des autres titres de la collection, l'oeuvre bénéficie d'une jaquette exclusive illustrée par le dessinateur de bande-dessinée Gnot Guedin.

Liste des bonus : courts-métrages «Videohome» (11') et «Dentro» (15'), entretiens avec Emiliano Rocha Minter (18'), Maria Evoli (13'), Diego Gamaliel (13') et Noé Hernandez (20'), bandes-annonces.

 
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