LE CASSE
France / Italie / Etats-Unis - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Action, Policier
Réalisateur : Henri Verneuil
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Français et anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 7 novembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En pleine nuit, Azad et ses complices pénètrent dans la villa du richissime Monsieur Tasco dans le but d’y dérober son inestimable collection d’émeraudes. Mais les malfaiteurs attirent l’attention de l’inspecteur Zacaria, un flic sans scrupule prêt à tout pour récupérer les pierres précieuses. Le jeu du chat et de la souris entre ces deux personnages hauts en couleur peut commencer…
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Les professionnels

Film populaire par excellence et énorme carton au box officie français qui assoira la gloire d'Henri Verneuil tout en finissant de propulser Belmondo aux firmaments des stars hexagonales, Le Casse fut durant de longue années multi rediffusés dans les fameux Le Film du Dimanche soir. Et pourtant difficile de résister à un énième visionnage.

C'est que clairement, Le Casse, premier objet entièrement construit autour de la gueule et de la posture athlétique de notre cher Bebel, symbolise à lui seule une époque un peu perdue où le cinéma populaire français, mêlant polar, thriller politique, films à grands spectacles et action musclée, semblait dans une forme olympique, à la fois richement emballé, professionnellement troussé et parfois même carrément osé, engagé. Parmi ces grands metteurs en scène on pouvait bien entendu compter sur Henri Verneuil, vétéran enquillant déjà les cartons depuis de nombreuses années (La Vache et le prisonnier, Un Singe en hiver...) largement remarqué par les studios américain (La Bataille de San Sebastian) et dont le précédent Le Clan des Siciliens, rencontre stratosphérique entre Gabin, Delon et Ventura, a été produit par la 20th Century Fox. Une réussite et une méthode au service du public qui est loin de plaire à la critique et aux collègues cinéastes, mais qui lui permet d'embrayer avec Le Casse, sous l'égide de la Columbia cette fois, avec Belmondo donc, mais aussi Robert Hossein et un brillant Omar Sharif en flic corrompu.

 

une belle gueule de voyou


Pas de traces ici des réflexions politiques de Le Président, I comme Icare ou Mille Milliards de dollars malgré un tournage dans une Grèce dirigée par la dictature des Colonels, mais un authentique divertissement calibré et généreux, suivant le face-à-face étendu du voleur de riches (forcément) Azad et un policier local désabusé autour d'un butin d'émeraudes. Visites un poil touristiques, mais surtout incroyables cascades du casse-cou de première Belmondo qui n'hésite pas à sauter d'un bus en marche sur les toits des voitures voisines ou à dévaler un ravin vertigineux au milieu des gravats le sourire au lèvres, se recoiffant négligemment à l'arrivée. Impressionnant, ce n'est pourtant pas lui qui conduira le véhicule se lançant dans une hallucinante poursuite en pleine rue, et au milieu de conducteurs lambdapas du tout prévenus, mais bel et bien l'incontournable Remi Julienne censé ici concurrencer la prouesse de Bullit. Une séquence aujourd'hui impossible à refaire, spectaculaire en diable voir même carrément folle, mais qui dénote d'un éclatement du film, enchainement parfois artificiels d'épisodes clinquants entre un détour inutile et gênant dans un club érotique, une castagne sortie de nulle-part, quelques détours comiques à coups de baffes un poil misogyne... Le scénario n'est pas un modèle de structure et d'efficacité, mais l'entreprise est constamment sauvé par l'interprétation remarquable des têtes d'affiches ou la mignonette Nicole Calfan fait facilement oublier la vulgos Dyan Cannon (La Malédiction de la panthère rose) et des échanges dialogués à la roublardise bien franchouillarde à la lisière des regards glacés du western. Mais sérieusement, ce qui restera du métrage sera sans aucun doute cet enchainement magistral entre un générique stylisé orchestré sur une ritournelle implacable d'Ennio Morricone, et le casse proprement dit. Soit une vingtaine de minutes quasi-muettes décrivants avec minutie et une mathématique millimétrée l'équipe en action et l'apparition d'une machine décodant lentement et mécaniquement les serrures. Une mise en image sophistiqué, élégante et des plus sérieuses dont on retrouvera trace en 1981 dans le magnifique Le Solitaire de Michael Man.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Titre du catalogue de la Columbia, le film a été restauré sous leur commande pour un résultat qui satisfera sans aucun doute les amateurs de classiques français, mais qui aurait pu tout de même être légèrement plus poussé. Pas sûr en effet que le travail ait été effectué directement sur un négatif via des méthodes chimiques de restauration, ou en passant par un nouveau scan 4K. Ici ce sont les outils numériques qui on fait disparaitre les taches et autres griffures, réduits considérablement les effets neigeux, entrainant immanquablement parfois un lissage trop marqué. Les argentiques sont présents, la matière le plus souvent marqué, mais la définition est assez fluctuante passant de l'excellent au passable sur certains photograme. Heureusement les couleurs privilégient les teintes de l'époque, légèrement grisonnantes et en tout cas pas chaudement boostées, et la compression est des plus solides. Les pros pesteront sans doute sur le défilement à 25 images secondes (au lieu de 24), mais l'impact n'est pas perceptible.

 


Son :
C'est bel et bien le mixage mono qui revient mais sous la forme d'un plus classieux DTS HD Master Audio 2.0. Soit ici l'assurance d'une bande son joliment nettoyée, frontale mais équilibrée et confortable. Les dialogues sont parfaitement placés et les percussions de Morricone font des merveilles. La version anglaise sur le montage US est amusante (Bebel doublé c'est toujours marrant) mais de qualité équivalente.

 


Interactivité :

L'appellation Edition Collector n'est absolument pas volée, et L'Atelier d'images nous offre un programme éditorial aussi complet qu'impressionnant entièrement contenu sur un second disque bluray. Surprenant pour commencer de découvrir un long making of d'époque, tourné en noir et blanc dans les coulisses du tournage, avec les interviews de Belmondo, de Verneuil et des autres, suivant la mise en place de la scène dans le cabaret et des cascades dans le bus. Le tout restauré en 2K ! Presque aussi rare pour les spectateurs français, l'autre surprise est bien entendu la possibilité de visionner Le Casse dans son montage américain. The Burglars donc, légèrement plus court et resserré, offrant bizarrement un rythme mieux mené et évacuant la grosse blague du plan final. A découvrir, accompagné d'une présentation du journaliste Jérôme Wybon, surtout que le montage est proposé dans les mêmes conditions que la mouture originale. Enfin on apprécie les retrouvailles avec Rémy Julienne dans une interview inédite racontant la mise en place des prouesses du film et ses collaborations avec Verneuil.

Liste des bonus : le Blu-ray du film (120'), le Blu-ray du montage américain du film (109'), le DVD du film d'après le nouveau master HD, Livret (16 pages), Comparaison des deux versions du film, Le tournage du casse (48'), Interview de Rémy Julienne (10'), Galerie de photos et d'affiches, Bande annonce.

 
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