LES MAITRESSES DE DRACULA & LE BAISER DU VAMPIRE
The Brides of Dracula / The Kiss of the Vampire - Royaume-Uni - 1960/1963
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « DVD »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Terence Fisher, Don Sharp
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 177 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 7 novembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Marianne a accepté un poste d’institutrice dans un pensionnat pour jeune fille. Alors qu’elle traverse la Transylvanie, son cocher l’abandonne dans un village, où elle trouve refuge dans une auberge. Malgré les mises en garde du propriétaire des lieux, elle accepte l’invitation de la baronne Meinster à passer la nuit dans son château. Heureusement pour elle, le Docteur Van Helsing poursuit dans la région sa chasse aux vampires.
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les disciples de dracula

Les vampires ont eu la peau dure dans les studios Hammer et malgré l'ombre tenace du grand Dracula, auront régulièrement tenté de s'envoler de leurs propres ailes (de chauve-souris) malgré l'absence de Christopher Lee. Moins culte forcément que les épisodes sanctifiés, Les Maitresses de Dracula et Le Baiser du vampire méritent à leur manière un joli mausolée.

Puissant, terrifiant, sauvage et pourtant séduisant et terriblement viril, Christopher Lee a nettement marqué les mémoires par son incarnation du mythique Comte Dracula, dépassant presque, il faut le dire, la performance de Bela Lugosi. Mais l'acteur est aussi connu pour son caractère fort cultivant à son tour une relation ambigüe avec le monstre qui a fait de lui une star. Il refusera donc de reprendre la cape pendant presque dix ans, soit jusqu'au bestial Dracula Prince des ténèbres, s'embarquant pour l'Italie (Le Corps et le fouet) ou s'essayant à d'autres figures démoniaques (Le Masque de Fu-Manchu), laissant un studio Hammer un peu désemparé devant les commandes enthousiastes du studio Universal qui espère de son coté un Dracula 2. Ce sera d'ailleurs un bon moment le titre de travail pour Les Maitresses de Dracula puis Le Baiser du vampire qui chacun à leur façon triturent le mythe en jouant sur l'absence du comte autant que sur l'omniprésence de son ombre gigantesque.

 

Le Retour de Van Helsing


D'ailleurs, Les Maitresses de Dracula (c'est ce qu'on appelle un titre bien commercial !) s'avère une suite directe de Dracula dans les faits, grâce à une petite astuce narrative délivrée en voix off, mais aussi par le retour en grande pompe de Professeur Van Helsing (Peter Cushing toujours magistral) et la maestria de Terence Fisher en coulisses. D'ailleurs ce dernier est entouré par la même équipe technique (du premier scénariste au directeur photo), assurant alors une succession solide, faite d'atmosphères délétères, de décors décadents à souhait, de couleurs éclatantes et inquiétantes, tout autant qu'un regard toujours aussi pervers sur les pulsions vampiriques. Ici, avec l'apparition de David Peel dans la défroque du Baron Meinster, le vampire se teinte même d'une troublante ambivalence entre la blondeur angélique de ses cheveux et ses manières moins masculines (l'acteur ne cachait pas son homosexualité), que Fisher accompagne d'une illustration du complexe d'oedipe assez hallucinante et poussive. D'où sans doute cette relation particulière en triangle « amoureux » entre le nouveau comte, la très jolie institutrice Marianne (Yvonne Monlaur, une française !) et Van Helsing... qui finira par se faire mordre par le bellâtre ! Le cinéaste jubile et délivre malgré un scénario victime de ses multiples réécritures et changements de direction, un spectacle gothique suave, luxueux et parfois même magistral : la renaissance doucereuse d'une jeune damnée par une nounou devenue folle à lier, reste l'un des grands moments du cinéma de vampire.

 

Initiation


Une opération plutôt réussie donc, faisant un bel effet au box office, mais qui pourtant ne fait toujours pas revenir Christopher Lee. Trois ans plus tard, rebelote pour un nouveau Dracula 2 qui prendra finalement le nom plus éloquent et mémorable de Kiss of the Vampire, mais dont l'approche se veut presque opposée. Exit alors les créateurs des films précédant, la Hammer opte pour un bon coup de sang neuf. Nouveau casting, nouveau scénariste (l'incontournable Anthony Hinds de La Nuit du loup-garou) et surtout un réalisateur repêché en Australie et qui signera pour le même studio un mémorable Raspoutine trois ans plus tard. Mais le film semble se faire sur les cendres de Les Maitresses de Dracula, reprenant à son compte une séquence de cicatrisation (le cou dans l'un, le bras dans l'autre), et récupérant les séquences laissées de côté comme ce final symbolique avec son armée de chauve-souris échappées des enfers qui dévastent les vilains vampires ou ce pré-générique impressionnant où le nouveau chasseur de vampire, le Professeur Zimmer, empale une victime en plein enterrement. Gothique, parfois bien gore et surtout horrifique à souhait, Le Baiser du vampire n'est pas avare en prises de risque, entre sa secte de vampire satanique, son script un peu plus alambiqué que le tout venant (mais pas bien clair non plus) et surtout un successeur de Van Helsing bien moins inébranlable... en l'occurrence alcoolique, limite dément et capable de se livrer lui aussi à la magie noire! Un opus sympathique, porté par des mélodies délicieusement romantiques signées James Bernard, mais où le casting semble souvent bien faible et le spectacle avare en sensations fortes et puissance esthétique.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Comme pour la quasi totalité des nouveaux titres proposés dans la collection Les Cauchemar de la Hammer, les matériaux HD ont été récupérés dans le catalogue Universal pour des masters ensuite déjà distribués en angleterre par Final Cut. Et certains de ces disques et de leurs choix esthétiques ont provoqué outre-manche quelques débats enflammés. Ce fut clairement le cas avec Les Maitresses de Dracula, connu essentiellement en vidéo dans son format 1.66, mais proposé désormais dans une mouture plus « cinéma » soit un cadre 2.00:1, ou 1.77 ici. Des choix étranges, mais pas si rares du coté des productions Hammer (Le Fantôme de l'Opéra par exemple) et dont on peine à savoir s'il correspond aux choix initiaux de Fisher (c'est visible dans certains plans) ou non (là aussi quelques cadres semblent rasés de trop près). Les gênes sont cependant très rares, et on remarquera surtout une copie assez souvent neigeuse, excessivement granuleuse, entrainant petits amas pixélisant et légers halos sur certaines formes. Pas de restauration à la source ici, mais quelques manipulations digitales qui déroulent un disque efficace et honnête, mais où le piqué fluctuant, alterne les instants opaques et les plans renversant de beauté. Le grand gagnant ici reste sans commune mesure la palette de couleurs, pétante, énergique et puissante, telle qu'elle l'était en 1960.
Restauré dans une même optique, Le Baiser du vampire garde le format qu'on lui a toujours connu avec une disparition sérieuse des vieilles griffures et autres taches, mais là encore doit composer avec un grain parfois floconneux. Le résultat est changeant, du beau au plus vieillissant, et la photographie d'Alan Hume se montrant moins riche et contrastant. L'ensemble marque moins les esprits.

 


Son :
Versions anglaises d'époque parfaitement nétoyées et doublages à l'ancienne (soit de qualité) sont disposés sur des pistes DTS HD Master Audio 2.0 mais qui respectent le mono d'autrefois. Les mixages sont donc frontaux et direct, mais s'installent confortablement avec une clarté remarquable.

 


Interactivité :

Comme pour les autres titres (voir La Nuit du loup-garou ou Le Spectre du chat), les deux disques bluray sont accompagnés d'un livret glissé dans le boitier et d'un très efficace mémorandum sur la petite histoire de la Hammer signée en vidéo du journaliste Nicolas Stanzick. Un hôte des plus présent puisqu'il revient systématiquement pour un autre item, consacré cette fois-ci à la présentation du film. 26 minute pour l'un, 20 minute pour l'autre, mais à chaque fois il réussit à retracer les petites anecdotes connues ou méconnues autour de la préproduction et du tournage, tout en soulignant les particularités esthétiques et thématiques des opus. Complets et intéressants. De quoi rendre la disparition des suppléments anglais plus supportable.
Surtout que, jolie surprise pour Les Maitresses de Dracula, une rencontre exclusive avec Yvonne Monlaur vient rehausser le tout. Une petit mamie charmante qui se remémore avec esprit cette expérience anglaise, la direction de Fisher ou les attentions de Peter Cushing et semble garder un attachement tout particulier pour le film.

Liste des bonus Les Maitresses de Dracula : Livret collector de 20 pages, Hammer : La petite boutique des horreurs (10'), Le film par Nicolas Stanzick (26'), « Souvenirs d'une maîtresse de Dracula : Entretien avec Yvonne Monlaur » (12'), « Erotisme et sadisme dans l'œuvre de Terence Fisher « : un texte de Michel Caen lu par Yvonne Monlaur, Galerie d'images, Bandes-annonces.
Liste des bonus Le Baiser du vampire : livret collector de 20 pages, Hammer : La petite boutique des horreurs (10'), Le film par Nicolas Stanzick (20'), Galerie d'images, Bandes-annonces.

 
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