CORALINE
USA - 2009
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Coraline »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Henry Selick
Musique : Bruno Coulais
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français, Allemand, Espagnol et Néerlandais Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français, anglais, néerlandais…
Durée : 100 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 20 octobre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Coraline »
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site officiel
LE PITCH
L'histoire d'une fillette qui pousse une porte secrète dans sa nouvelle maison et découvre alors une version alternative de sa propre vie. Au premier abord, cette vie parallèle est étrangement similaire à la sienne - en bien meilleure. Mais quand cette aventure fantastiquement déjantée commence à devenir dangereuse et que sa fausse mère essaie de la garder avec elle à jamais, Coraline n'a d'armes que son ferme entêtement et son courage...
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Horror Kid

Tandis que le cinéma d'animation actuel continue à conter de jolies histoires pour que les enfants puissent s'extasier devant un clébard en images de synthèse, Coraline arrive à point nommé, comme une alternative prouvant que les bambins ne sont pas non plus des débiles congénitaux et qu'on peut aussi leur parler comme à de grandes personnes, si on sait utiliser leur langage à eux.

Quand on demande à quelqu'un d'où viennent ses premières peurs, il vous citera bien souvent le nom d'un personnage clé d'un film de Disney. Effectivement, les phobies de l'enfance sont souvent liées à l'animation d'un conte auquel le jeune spectateur commence à s'identifier en découvrant ce nouvel outil devant ses yeux qu'est le Cinéma. S'il n'est pas question ici de jouer plus longtemps les Bruno Bettelheim du pauvre, il était important de faire ce rapprochement pour se demander quelles étaient les motivations des responsables de Coraline avant de vouloir se lancer sur ce projet. Adaptation d'un roman junior de Neil Gaiman, dont les contes fantastiques relatant l'enfance ont déjà été adaptés plusieurs fois à l'écran avec réussite (de Stardust à MirrorMask), Coraline est l'occasion pour ce dernier de croiser l'univers de l'animateur Henry Selick dont le plus gros succès reste à ce jour L'Etrange Noël de Monsieur Jack (eh oui, les filles, c'est pas Tim Burton qui l'a réalisé celui-ci). C'est dire si on attendait beaucoup de la rencontre entre les deux hommes et le résultat est à la hauteur de nos espérances. Au dessus même.

"Et j'ai crié, crié"

Disons-le clairement : Coraline est un film d'horreur, mais un film d'horreur d'abord destiné aux enfants. De quoi rendre jaloux les fans plus âgés du genre. Dans le nouveau long-métrage de Selick, on est loin des « seconds degrès de lecture pour les adultes » à la Pixar, parce qu'il n'y a tout simplement pas non plus de ton de lecture réservé uniquement aux enfants. Tout le monde est à la même enseigne et cette envie de ne pas prendre les chérubins pour des andouilles n'est pas étonnante de la part du nouveau duo Gaiman / Selick. D'autant plus que la thématique principale, l'impact sur les enfants de la déliquescence de leur cellule familiale, concerne les petits comme les grands. Si d'un point de vue technique, l'animation en stop-motion est irréprochable, la galerie de personnages et les décors crées pour le film sont eux aussi vraiment réussis. Portée par la partition entêtante du compositeur français Bruno Coulais (sûrement choisi, entre autres, pour son travail sur les chœurs d'enfants dans Les Choristes), la direction artistique du film le transforme vite en expérience hallucinogène et ressemble au final à un Alice au pays des Merveilles version goth (en attendant celui de Manson, bien sûr). Cerise sur la Forêt-Noire, le film existe aussi en version 3D et permettra aux enfants de comprendre que ce nouveau gadget n'a pas pour but que de vous jeter un yo-yo en pleine gueule, mais aussi de parvenir à faire entrer le spectateur dans un univers, ici carrément anxiogène. Cet artifice décuplera les effets de trouille, laissant ainsi des images gravées au fer blanc dans la mémoire des enfants (un des rôles essentiels du Cinéma), et permettra accessoirement aux adultes accompagnants leur progéniture de faire des économies sur le budget psychotropes du mois (un des rôles essentiels de la vie). Et en temps de crise, c'est toujours ça de pris. Au final après Ma première Voiture et Mon premier Ordinateur, Universal lance Mon premier Film d'horreur et pour ça, on ne peut que les remercier de tout cœur.
Christophe "Trent" Berthemin





 

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Image :
Sortie salle en relief oblige, Coraline apparaît en deux versions sur le présent Blu-Ray (idem pour le DVD). Attendue au tournant, car faisant légitimement appel au fameux contrastes entre les teintes rouges et vertes (le système vu en salle n'étant toujours pas adaptable aux écrans à domicile), la copie 3D entraîne une perte flagrante au niveau des couleurs. De grands flous jaunes ou mordorés qui bouffent littéralement une grande partie de la palette. Le résultat visuel reste tout de même agréable et amusant avec des effets de relief toujours aussi bien pensés (entre le naturel et le gadget) mais qui perdent de leur superbe par rapport à la projection en salle obscure. La version classique 2D, elle, s'installe confortablement parmi les meilleurs masters HD jamais observés. La définition est d'une perfection totale avec un souci du moindre détail et un rendu de matière sublime. Les contrastes sont finement dessinés, les noirs abyssaux et la compression tout simplement invisible. Du grand art.

 

Son :
A la rédaction, on a toujours tendance à soutenir en premier lieu les pistes originales, plus à même de rendre le naturel du film ou tout simplement son contexte culturel. Sauf que, film familial oblige, on reste circonspect (quel joli mot) de découvrir dans le cas de Coraline une version française mixée dans un timide Dolby Digital 5.1. Le résultat est certes honnête avec une jolie dynamique, mais le tout paraît bien trop écrasé et austère par rapport au DTS-HD Master Audio 5.1 de la version anglaise. Celle-ci montre une dynamique subtile et racée, donnant corps aux magnifiques musiques de Bruno Coulais tout en jouant avec élégance des effets surrounds. Tout aussi brillant que le travail sur la copie, le mixage plonge littéralement le spectateur dans un océan de rêveries sans jamais marteler ses effets ou en écraser d'autres. Du grand Home Cinema.

 

Interactivité :
Curieux de voir que pour un film aussi original et inspiré que Coraline, la partie interactivité se contente à ce point de suivre les chemins battus. Malgré l'option U-control et trois featurettes dont un making of de plus de trente minutes, le tout se borne à ressasser avec une politesse envahissante les étapes de fabrication du film. De l'auto-promo en puissance pour une oeuvre que l'on aurait aimé voir disséquée plus sérieusement. Exemple type, alors que le sujet est déjà exploité dans le making of, le casting de doubleurs revient pour un document qui lui est entièrement consacré (« tout le monde est trop fort de la mort ») alors que la question des designs et de l'ambiance se résum à un sujet de 5 minutes. Heureusement le commentaire audio du réalisateur et du compositeur permet d'en savoir un peu plus. Sans doute pas l'exemple le plus bavard du genre, mais au moins pour une fois on parle véritablement de musique et de narration. Les quelques scènes coupées, elles, se résument la plupart du temps à quelques versions rallongés pas des plus pertinentes. Le principal bonus de la présente édition reste donc sans conteste la présence conjointe de la version 2D et 3D du film, cette dernière entraînant donc la présence de quatre paires de lunettes vert/rouge dans le boîtier.

 

Liste des bonus : Option U Control, Commentaire audio d'Henry Selick et Bruno Coulais, Le making of (36'), La voix des personnages (11'), Coraline la terrible (5'), scènes coupées, bandes-annonces

 
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