BARRY SEAL: AMERICAN TRAFFIC
American Made - Etats-Unis - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Doug Liman
Musique : Christophe Beck
Image : 1.85 16/9
Son : DTS X 7.2.4 anglais et allemand, DTS 5.1 français, espagnol, italien.
Sous-titre : Français, anglais, allemand, arabe…
Durée : 115 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 16 janvier 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
L’histoire vraie de Barry Seal, un ancien pilote de la twa, arnaqueur dans l’âme, recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des Etats-Unis. Il profitera de l’occasion pour diversifier ses activités en tant que passeur de drogue pour le cartel de Medellín et servira en même temps les intérêts de la DEA…
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la gagne

On arrête pas la machine Tom Cruise. La machine zéro défaut. Enquillant les licences qui cartonnent (Jack Reacher, Mission Impossible) et tentant d'oublier rapidement le marasme La Momie, il retrouve son réalisateur d'Edge of Tomorrow pour une chronique dorée et aéroplanée, de l'un des plus gros scandales de la présidence Reagan. Du flouze et de la poudreuse... et Cruise en maitre de cérémonie.

Année chargé pour Tom Cruise qui vient de se manger l'un des plus gros bides de sa carrière, mais aussi pour Doug Liman qui, lui, a rappelé qu'il n'était pas qu'un réalisateur de blockbusters surcotés. Les deux amis et collègues se retrouve ici pour une aventure plus détendu avant d'embrailler avec la suite d'Edge of Tomorrow. Des airs de récréation, nettement mis en valeur dès le décalage du logo de la Universal vers sa moutures rétro des 70's, dans lequel le réalisateur de La Mémoire dans la peau s'amuse constamment avec son dispositif esthétique, alternant entre les témoignages face caméra et vidéo baveuse du roublard de service, les zooms et dézooms bien datés, les plans de jungle au verts éclatants, ou les montages bien cools sur un tube lâché par un juke box. Des effets surlignés, qui rappellent une fois encore à quelle point ces deux décennies lointaines (70-80) sont aujourd'hui à la mode, mais que Barry Seals American Traffic va prendre un malin plaisir à contraster par une ironie constante, bien loin des phantasmes.

 

the world is yours


C'est que s'il a le sourire canaille (et blanchi) de Tom Cruise, le héros du film, Barry Seal, fut à la fois l'un des plus grands rois de l'entourloupe de l'histoire américaine moderne, et le symptôme lamentable des dérives politiques de l'ère Reagan (les Bush et Clinton ne s'en sortent ici pas beaucoup mieux). Un président fustigeant à la télévision les dégâts de la drogue sur son pays adoré, alors qu'il finançait le trafic de cocaïne et d'armes pour déstabiliser les pays d'Amérique centrale. Une histoire vraie à la finalité forcément assez tragique, mais abordé comme une comédie d'aventure, un spectacle souvent rigolard ou Pablo Escobar et le futur Cartel de Medellin ressemblent à des pieds nickelés le cigare à la bouche, où les voyages aériens sont filmé avec panache, tandis que Barry Seals se lance dans un tango endiablés avec la CIA, la DEA, la Maison blanche et engrange des quantités indécentes de billets verts. Le choix de Tom Cruise pour incarner le rôle titre, et malgré un aspect légèrement lissé de sa personnalité (et oui cela reste un bon père de famille), devient alors une évidence, lui qui déjà donnait corps aux années frics dans un Risky Business de sa jeunesse, avant de célébrer le patriotisme aveugle et viril dans l'insupportable Top Gun. Le American Made du titre US, c'est autant le vrai Barry Seals, l'ex héros de western Reagan persuadé que le monde est un film en technicolor, que ce sacré Tom Cruise, lifté et teinté. Même gueule, même attitude, même interprétation outrancière qui achève d'apporter à cette fausse comédie, un cynisme mordant, un petit quelque chose de désespéré et de désespérant.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Clairement pas voué à en mettre plein la vue aux adeptes des cannons techniques pour soirées Fast & Furious, Barry Seal a été tourné en numérique puis largement retravaillé pour s'approcher de l'esthétique "too much" des 70's et signifier régulièrement des (faux) changements de sources allant de pellicules éclatées à d'atroces VHS bien fatiguées. Couleurs puissamment saturées, plans régulièrement et volontairement flous, teintes qui bavent... L'effet recherché n'est pas d'être joli, et de ce coté là le bluray réussi fièrement à prendre le concept à bras le corps, apportant une stabilité nécessaire, une certaines puissance dans les contrastes et surtout un piqué qui se rappelle parfois à notre bon souvenir en creusant les visages et les décors.

 


Son :
Impitoyable, le mix américain DTS X tranche résolument avec l'aspect rétro de la photographie en développant une piste sonore incroyablement riche, généreuse et surtout réaliste. Toutes les séquences aériennes ou dans les cockpits impressionnent largement par la multitude d'effets qui assaillent de toute part, jouant sur les distances, les échos et les pressions d'airs, donnant franchement l'impression d'être au cœur de l'engin. Et tout le film est de ce niveau avec des vieux tubes qui sautent sur les avants, des dialogues toujours clairs, et des bruitages à la spatialisation ultra dynamique qui savent jouer sur le décalage.
Bon sinon, le doublage français est en DTS 5.1. C'est bien, mais bon...

 


Interactivité :
Malheureusement rien d'incroyable du coté des bonus avec les habituelles featurettes, assez sympathiques mais bien trop sommaires qui évoquent à leur manière les avions visibles dans le film, quelques scènes de tournages, la « vraie » vie de Barry Seal et un dialogue entre la star et le réalisateur où on à l'impression que le film n'a été monté que pour s'offrir des vacances en terre inconnue. Et puis Tom Cruise est toujours aussi modeste...

Liste des bonus : Scènes coupées, « Une histoire à l'américaine », Conversation entre Tom Cruise et Doug Liman, « Dans les ailes », Le tournage de Barry Seal : American Traffic, « Voler plus haut », Le vrai Barry Seal.

 
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