JESS FRANCO : 4 FILMS AUTRES
Les Démons, La Fille de Dracula, Les Expériences érotiques de Frankenstein, Tender Flesh - France / Espagne - 1972/1997
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Réalisateur : Jess Franco
Image : 2.35 16/9
Son : Français 2.0, Anglais et espagnol 2.0 (Tender Flesh)
Sous-titre : Français
Durée : 368 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 5 juin 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Les Démons : Condamnée au bûcher, une sorcière lance un anathème visant ses persécuteurs : le juge Jeffries, William Renfield et Lady de Winter. Ses filles, prétend-elle, seront l’instrument de sa vengeance. Effrayé par cette menace, Jeffries fait chercher les filles, réfugiées dans le couvent de Blackmoor, où elles sont sur le point de prononcer leurs vœux. La Fille de Dracula : Louisa se rend dans le manoir familial où l’attend sa grand-mère, la baronne Karlstein. Celle-ci, ...
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Les visages du vice

Nouvelle vague de la collection Jess Franco concocté par l'incontournable Artus Films qui en profite au passage pour passer au support Bluray pour trois d'entre eux. Un vaste programme entre les vampires lesbiennes, les cannibales lesbiennes et les sorcières lesbiennes... en voilà de belle occasion de montrer de charmantes paires de fesses !

Comme tous les grands noms du cinéma de genre (ce qu'il est) Jess Franco a ses détracteurs et ses fans inconditionnels. Un état de fait encore moins étonnant pour peu que l'on se penche sur la masse sidérante de ses réalisations, soit plus de deux cents objets étalés sur plus de cinquante ans de carrière : impressionnant. Et bien entendu le mercenaire de la cuisse légère sera passé entre temps par de nombreux genres et de grandes variations de budgets et le liberté créatrice. D'où, on peut le dire, une grande disparité dans la qualité de ses créations, avec tout de même ce sentiment prégnant que son style de mise en scène, sa volonté forcenée de mettre tout le monde à poil dans de jolis moment de SM plus ou moins softs et d'embarquer la caméra dans des zooms abusifs et des inserts contemplatifs, passe toujours mieux avec un budget raisonnable, de jolis costumes et des décors évocateurs. C'est donc parfaitement le cas dans Les Démons, curieux petit film historique suivant le précédent et plus célèbre Le Trône de feu (avec Christopher Lee, ça a tout de suite une autre gueule), dans sa description des méfais de l'inquisition et le sadisme des puissants qui en profitaient pour assouvir leurs désirs inavouables. Un cadre classique, médiéval mais dans un Portugal qui n'arrive pas toujours à se faire passer pour la pluvieuse campagne anglaise, mais qui assoit solidement la narration de Franco, suivant avec beaucoup d'efficacité une histoire de vengeance de sorcières faisant du pied au récent succès du mythique Les Diables de Ken Russell. Mais on y reconnaitrait presque plus le troublant et ironique Les Infortunes de la vertu, classique de la littérature amorale signé de l'auteur préféré du réalisateur : le Marquis de Sade. Sulfureux donc là aussi, mais jamais outrancièrement gore, Les Démons se suit avec plaisir et révèle des séquences saphiques presque romantiques dans ce contexte des plus charmants (?).

 

petit coup de frais


A l'époque soutenu par le dernier Mogul français, Robert de Nestle (Judex, Coplan sauve sa peau), Franco profite du même château portugais très stylisé, et de ses jardins luxuriants, pour enchainer directement dans la foulée avec un casting quasi-identique (une veille habitude) des films que l'on dira plus personnels : La Fille de Dracula et Les Expériences érotiques de Frankenstein. Deux hommages évidents autant aux canoniques productions Universal Monsters qu'à ses plus fiévreux cousin anglais, mais que Franco semble déconstruire constamment devant nos yeux. Jouant de références qu'il estime acquise, il enchaine les clichés et les situations prévisibles sans s'en effaroucher, préférant dans ses atmosphères fantastiques capturer des corps de femmes aussi naturelles que suaves, des caresses volées ou appuyées et une ou deux effusions de sang qui feraient presque penser à des orgasmes finaux. Malheureusement sans retenue aucune, Franco aligne ici aussi tout ces débordements intempestifs qui mettent tant de spectateur sur la touche : caméra paumé la plupart du temps, rythme lancinant pour ne pas dire soporifique, interprétations outrancières ou absentes, scénarii mal bricolés...

 

la chair est faible


D'ailleurs de ce coté là Les Expériences érotiques de Frankenstein sombre totalement dans le nanar à de nombreuses reprises entre son monstre argenté en soumis pour les soirées frivoles du magicien Cagliostro, une femme oiseaux qui passait par là et une trame de toute façon incompréhensible et lardée de vides abyssaux. Franco expérimente, entraine son regard et son objectif vers une épure fantasmée, un monde flottant et légèrement hermétique. Franchement pas au goût de tout le monde.
On ne peut tristement pas dire beaucoup mieux du catastrophique Tender Flesh, tourné lui bien plus tard à la fin des années 90, alors que Franco peinait à trouver de nouveau soutiens pour mettre en boite ses propres scripts. Financé en grande partie par d'authentique fans, cet essais vidéo qui nous rejoue sans sourciller Plaisirs à trois, La Comtesse perverse ou Les Inassouvies, déjà très inspirés des textes de Sade et de Les Chasses du comte Zaroff, mais avec la production value d'un weekend à Malaga avec femme (Lina Romay toujours à poil mais en moins ferme) et amis (Alain Petit amis et journaliste, mais pas très bon acteur). On frôle très souvent l'amateurisme sans jamais retrouver une seule fois les qualités esthétiques d'un Franco trop occupé à cadrer des ébats dignes des vieux films érotiques du M6 de la belle époque et à envoyer tout ce beau monde dans les bois avec arcs et culs nuls. Un sacré coup de vieux pour ce brave Jesus Franco.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
La collection Jess Franco évolue et s'étoffe comme le prouvent les trois nouvelles copies HD de Les Démons, La Fille de Dracula, Les Expériences érotiques de Frankenstein. Si elles ne se ont pas dénuées de petits défauts comme des traces encore visibles et un piqué parfois malmené par ce qui semble être des retouches numériques, l'ensemble est toujours éloquent. De belles couleurs, une définition bien marquée, une stabilité rare pour ces films délaissés, qui y gagnent certainement en élégance et en crédibilité. Vilain petit canard de la famille Tender Flesh ne fut tourné que sur support vidéo, avec du matériel aujourd'hui terriblement obsolète, et se voit donc uniquement proposé sur format DVD. Normal, mais sur les télés HD ça bave un peu quand même.

 


Son :
Uniquement du français pour les trois premiers, soit leur version originale ou en tout cas leur postsynchronisation officielle. Le rendu est souvent un peu plat et le jeu ne permet pas vraiment de booster la dynamique de l'ensemble, mais c'est propre.
On ne peut pas en dire autant de la version anglaise de Tender Flesh en prise directe avec un cast qui mormone son franglish et autres variantes. Pas très agréables, on lui préfèrera le doublage espagnol, choisit par Franco comme l'explique Alain Petit dans les suppléments, avec des intentions pas toujours très impliquées mais un équilibre bien plus supportable.

 


Interactivité :
Toujours aussi choyé, si ce n'est plus encore, par Artus Films, ses films se parent ici encore une fois de quelques petits suppléments chaleureux. Toujours passionnant d'ailleurs lorsque le grand Jean-François Rauger réussi à défendre l'indéfendable, et à amener le spectateur à revoir légèrement son avis. Un sort réservé à La Fille de Dracula puisque pour les autres sorties c'est l'incontournable Alain Petit qui règne. Présentation précise des films avec très souvent des anecdotes de premières mains forcément, un sujet sur le producteur Alain de Nesle et surtout un déluge de documents personnels pour Tender Flesh puisque monsieur se promenait sur le tournage avec une caméra perso. Un making of brut mais commenté d'une quarantaine de minutes, de petits apartés en plus et même le très amusant court métrage Psycho-lettes et ses zizis arrachés signé par Pedro Temboury, premier assistant sur le long métrage.
Autre beau document d'archive, le montage espagnol de Les Expériences érotiques de Frankenstein en copie fatiguée, avec ses scènes identiques retournées avec des vêtements pour ne pas heurter la bonne morale, quelques joyeuses coupes et des inserts exclusifs avec un personnage de voyante interprété par une jeunette Lina Romay. Amusant surtout que cette trame supplémentaire mal collée rend l'objet moins compréhensible encore !

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