PACIFIC RIM UPRISING
Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Pacific Rim Uprising »
Réalisateur : Steven S. DeKnight
Musique : Lorne Balfe
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital True HD 7.1 Français, Espagnol, Chinois…
Sous-titre : Anglais, Français, Espagnol…
Durée : 111 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 24 juillet 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Pacific Rim Uprising »
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site officiel
LE PITCH
10 ans après la victoire de l’humanité contre les Kaijus, Jake Pentecost, le fils de feu Stacker Pentecost, survit en tant que contrebandier. Arrêté avec une jeune orpheline et ferrailleuse nommée Amara, Jake est contraint de reprendre son poste au sein du programme de formation pour pilotes de Jaegers...
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Fulguropoing, tsoin-tsoin

Déception au box-office américain mais énorme succès en Asie, Pacific Rim, le blockbuster XXL de Guillermo Del Toro, aura bel et bien lutté pour accoucher d'une suite, passant d'un studio à un autre. Mais sans le mexicain aux manettes, le résultat se vautre sans retenue dans tous les travers du produit de consommation hollywoodien qui sent le graillon.

Au risque de vexer les groupies du réalisateur du Labyrinthe de Pan, Pacific Rim premier du nom était déjà loin d'être un bon film. Plombé par un scénario neuneu que l'on jurerait constitué des chutes de celui d'Independence Day et de personnages ineptes et/ou insupportables, cet hommage pourtant sincère aux méchas et aux monstres nippons ne retenait l'attention que par la grâce d'une facture visuelle et technique proprement renversante. Un nanar de luxe mais avec une personnalité forte, porté par des choix esthétiques mûrement réfléchis et à la cohérence redoutable, une pub pour jouets ultra-fétichiste.
Insatisfait du dernier acte (comme si c'était le seul à poser problème mais passons) et tombé amoureux de ses joujoux, Guillermo Del Toro se serait bien vu remettre le couvert. Une perspective tout de même excitante dans la mesure où le bonhomme s'est toujours épanoui dans des suites - Blade 2 et Hellboy 2, pour ne pas les citer - largement supérieures à leurs modèles. Mais ce Pacific Rim 2 version Del Toro ne verra jamais le jour. Annulé, reporté, relancé et à nouveau reporté, le bébé est passé entre plusieurs mains avant de s'établir chez Universal et de perdre son réalisateur. Le lot de consolation ? Un poste de producteur exécutif totalement fictif. Forcément amer, Guillermo Del Toro se tient totalement à l'écart d'un produit déjà faisandé avant le premier tour de manivelle.

 

un big mac et une grande frite ?


S'il nous fallait dégoter un film symbolisant à lui tout seul l'uniformisation généralisée (et débilitante) des grosses productions de l'Oncle Sam, Pacific Rim Uprising serait sans doute le candidat idéal. A la barre, un débutant venu de la télé (Steven S. DeKnight, mais lui ou un drone, c'est du pareil au même) et geek autoproclamé, prototype de l'adulescent servile et tellement content de se voir confié les clefs du bac à sable qu'il ne fera jamais de vagues. Tout sauf un auteur. Même pas un artisan. S'appuyant sur une photo rutilante avec tout plein de lens flares qui font mal aux yeux (Dan Mindel, fidèle chef op de J.J. Abrams), des « morceaux de bravoure » bruyants et calibrés par des centaines de prévisualisations, des CGI propres sur eux et un casting de belles gueules interchangeables avec un supplément de chinois (faut bien vendre le film à Pékin), Pacific Rim Uprising s'applique à saloper consciencieusement tout ce qui pouvait distinguer son prédécesseur d'un produit sans âme pour n'en conserver que le pire (soit le duo Burn Gorman/Charlie Day, avec un temps de présence multiplié par deux - youpi !).

Le moindre choix artistique est un contresens total. Les prénoms bizarres et excentriques du premier film (Raleigh, Stacker, Herc !) sont normalisés (Jake et Nate ... manque plus que Kelly et John), le format 1.85, tout en verticalité, est remplacé par un scope sans relief qui comprime les titans de métal et les Kaijus font de la figuration en fin de troisième bobine. Del Toro rendait hommage à Ishiro Honda et Ray Harryhausen mais la culture cinématographique de Steven S. DeKnight a dû s'arrêter à Transformers puisqu'il pille allègrement la franchise dégénérée de Michael Bay. Entre une fournée de ralentis moisis en mode kakou, un travelling circulaire avec des explosions et un héros fêtard accrocs aux Oreos et au Ketchup, Pacific Rim Uprising nous propose un Jaeger petit format rigolo et mignon (coucou Bumblebee !), une orpheline douée pour la mécanique (Transformers 5), un traître qui bosse pour les aliens (Transformers 3), des monstres qui fusionnent pour ne former qu'un seul gros monstre qui s'en va gravir une montagne (dans Transformers 2, c'était une pyramide) et tout plein de méchants robots qui se battent contre des gentils robots (tous les Transformers !).

Last but not least, le bouzin se conclue par une séquence post générique venue nous annoncer l'inévitable séquelle. Qui ne verra sans doute jamais le jour eut égard à des recettes bien maigres. On croise les doigts très forts.

Alan Wilson












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Image :
Définition chirurgicale, compression de malade, contrastes renversants, c'est un véritable disque de démo et l'écrin idéal pour un produit dont la fonction première est de violer nos rétines sur des écrans HD dernière génération. Un master monstre pour un film monstrueux.

 


Son :
Deux pistes en audiodescription, c'est déjà une attention délicate. Mais si l'on rajoute une piste Dolby Atmos (en vo seulement mais on ne va pas se plaindre) explosive, on peut féliciter Universal de nous gâter ainsi. Même la bouillie immonde composée par Lorne Balfe sonne mieux dans ces conditions optimales !

 


Interactivité :
Le menu semble copieux (une dizaine de featurettes, un commentaire audio, des scènes coupées) mais en réalité, on frôle l'arnaque. Le bonus vidéo le plus long ne dépasse pas les 5 minutes montre en main et pas un seul ne contient une information digne de ce nom (discours promotionnel, quand tu nous tiens !). Les scènes coupées ne sont en réalité que des montages alternatifs avec des bouts de répliques en plus et un caméo inutile (James Gunn, le réalisateur des Gardiens de la Galaxie joue les DJ dans un plan d'une seconde et demie). Quant au commentaire audio du réalisateur, il se borne à dire que tout le monde a fait un travail fabuleux et à paraphraser ce qui se passe à l'écran. Les problèmes de préproduction, l'éviction de Guillermo Del Toro (à peine cité au détour d'une poignée de phrases et totalement absent des featurettes), les changements de scénario, tout est soigneusement passé sous silence. On a connu des mafieux plus bavards que l'équipe de production de Pacific Rim Uprising.

Liste des bonus : Scènes coupées commentées / Hall des Héros / Vers Uprising / Les dessous d'Uprising / Devenir cadet / Un méchant inattendu / La génération suivante de Jaegers / Je suis Scrapper / Voir Méga / Les secrets de Shao / Le retour de Mako / Commentaires du réalisateur Steven S DeKnight

 
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