THE LAST PICTURE SHOW
Etats-Unis - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Last Picture Show »
Réalisateur : Peter Bogdanovich
Musique : Divers
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 1.0 anglais et français
Sous-titre : Français
Durée : 126 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 10 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Last Picture Show »
portoflio
LE PITCH
En 1950, dans une petite ville du Texas, alors que l’unique cinéma est sur le point de fermer, une bande de jeunes essaie d’occuper un ordinaire plutôt morose. Entre conquêtes amoureuses et querelles de toutes sortes, chacun d’eux va essayer de se dessiner un avenir meilleur, même s’il reste incertain…
Partagez sur :
à l'ouest rien de nouveau

Présenté bien souvent, et non sans une note d'auto-ironie (voir on apparition dans la sitcom How I Met Your Mother), comme un intellectuel imbus et embourgeoisé, le cinéaste Peter Bogdanovich reste un grand inconnu pour beaucoup de spectateur français, qui se souviennent finalement essentiellement de son Mask, film pourtant remonté dans son dos et quasiment désavoué. Retour à l'origine nécessaire donc, avec La Dernière séance l'un de ses tous premiers films, et certainement le plus beau.

Si le réalisateur Peter Bogdanovich s'en défend à presque chacune de ses interventions, il reste pourtant l'un des représentants les plus symptomatiques de ce que l'on appelle depuis Le Nouvel Hollywood. Préfigurant d'ailleurs bien souvent les œuvres à venir de ses célèbres contemporains (Scorcese, Spielberg, De Palma....), il impose ainsi des sa première réalisation personnelle (les précédentes étaient des séries b pour l'écurie Roger Corman) une proposition au carrefour des époques et des recherches formelles qui brisent les reins au clacissisme vieillissant. A la différence des cinéastes évoqués plus haut, Bogdanovich n'est pas un rejeton des écoles américaines de cinéma, mais avant tout un théoricien et un journaliste ayant d'ailleurs souvent côtoyé les plus grands. Un film comme The Last Picture Show a ainsi largement été pense, réfléchi et surtout influencé a la fois par sa culture amoureuse du grand cinéma américain (John Ford, Howard Hawks... pour ne parler que de western) et un vent de renouveau en provenance d Europe : La Nouvelle vague.

 

small town


Dans sa confrontation constante entre les figures vieillissantes du mythe symbolisé par une salle de cinéma qui s'apprête a baisser les bras devant le succès de la télévision, l'utilisation ample du format cinémascope, et la vérité captée au cœur d'une ville paumée dans le désert texan, le film trouve un équilibre atemporel et une émotion picturale qui passe bien souvent par la traversée du cadre d'êtres mis a nus. Littéralement. Surtout, The Last Picture Show est la chronique désabusée d'une civilisation, non pas sur le déclin comme on a pu le lire si souvent, mais surtout incapable en 1971 de se dissimuler encore et toujours derrière l'imagerie romantique de l'usine a rêve. Plan large des rues de la ville balayée par le vent et souvent désertique, saloon délabré, chapeau de cowboy fatigué... Même la frontière mexicaine ne fait plus rêver, le rapide trip des deux "héros" ne se reflétant à l image que par un sombrero, une gueule de bois et un certain désespoir. La couleur rutilante et la nostalgie d'American Graffiti n'est pas de mise, et le combat mené par le Dustin Hoffman dans Le Lauréat est perdu d'avance, la jeune génération tentant d'échapper à l'ennui en parlant sexe et dépucelage, s'engouffrant tristement dans les mêmes erreurs que leurs ainés. D'où cette porosité entre des quarantenaires qui voudraient refaire leur vie (sentimentale essentiellement) et des gosses à peine échappés de l'enfance, qui partagent fugacement le lit et leurs corps. Le monde n'a pas tant changé que cela annonce cruellement The Last Picture Show, mais la manière d'en parler est alors en pleine métamorphose.

Avec son superbe noir et blancs, ses vieux tubes de jukebox et ses virages abruptes dans le montage (l'utilisation des très gros plans relève presque du cinéma de Jean-Luc Goddard), cette « Dernière séance » est donc aussi l'affirmation d'une passation de relais, personnfiée ici par un magnifique Ben Johnson (La Horde Sauvage) qui transmets ses espoirs et son savoir aux formidables débutants Timothy Bottoms (La Chasse aux diplomes), Cybill Shepherd (Taxi Driver) et... Jeff Bridges. Un tournant.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Remasterisé à partir d'un négatif 35 et scanné en 4k pour une ressortie en 2010 (déjà), la copie de The Last Picture Show jusque-là inédite en France ne va pas être aux goûts de tout le monde. Pourquoi ? Parce qu'en accord avec les recherches initiales du réalisateur, la copie HD a certe été débarrassée de toutes griffures et autres tâches, mais préserve avec ferveur un grain de pellicule épais, présent, parfois même capable de malmener la définition générale. Mais cette matière poussièreuse, palpable ajoute clairement à l'aspect délabré du film, et laisse largement la place à un noir et blanc superbe et une profondeur de champs invisible depuis la première sortie en salle.

 


Son :

Franchement oubliable et décalé, le doublage français ne peut faire de l'ombre à la piste originale DTS HD Master Audio qui délivre un mono franc et propre, où s'invitent les tubes de jukebox et un vent sableux omniprésent. Rien à redire.

 


Interactivité :

Cinquième volume de la collection « Prestige Limité » de Carlotta, The Last Picture Show se présente donc sous la forme d'un très joli coffret cartonné contenant outre le digipack réunissant le bluray et le DVD, une petite poignée de goodies aussi inutiles que collector, soit un carnet de note, une petite affiche et quelques photos d'exploitation sous formes de cartes postales. Marrant, mais on reste tout de même bien plus séduit par les deux bonus vidéos, soit le long making of, complet et constamment intéressant, concocté pour une ancienne édition DVD par l'indispensable Laurent Bouzereau, et une rencontre plus récente avec le cinéaste. Un bonhomme érudit, mais toujours un poil aigri, qui renoue avec son moi des débuts.

Liste des bonus : Entretien avec Peter Bogdanovich (13'), « The Last Picture Show : Souvenirs de tournage » de Laurent Bouzereau (65'), Featurette d'époque, Bande-annonce + goodies (un bloc-notes, l'affiche du film, 8 photos instantanées, 5 cartes postales)

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022